La fabrique des monstres

Commentaires relevés sur Mediapart à propos de l’article :

https://www.mediapart.fr/journal/international/101023/massacres-dans-deux-kibboutz-ils-ont-assassine-de-sang-froid-des-enfants-des-gens-ages/commentaires

Ces horreurs, d’autres les ont précédées. Et ce n’est pas prendre parti (lequel d’ailleurs??) que de le rappeler. Cette folie meurtrière est ancienne, et le choc du massacre de Sabra et Chatila fut semblable à celui d’aujourd’hui :

https://www.humanite.fr/culture-et-savoir/sabra-et-chatila/sabra-et-chatila-en-1982-trois-jours-dhorreur-dans-les-camps-de-refugies-palestiniens-762712

Et le massacre de la commune de Paris..et la nuit de la St Barthélémy, le Rwanda…etc… l’une des horreurs propres aux humains qui a toujours existé, détruire l’autre que l’on déshumanise pour pouvoir agir sans culpabilité.. Cela peut arriver quand une société bloquée cherche un coupable en dehors d’elle. Même de loin c’est abominable d’ignorances colossales entretenues par les leaders.
  • 10/10/2023 23:13
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On est face à des hommes qui sont devenus des boules de haine absolue. La question que je me pose est:

placé dans les mêmes conditions de vie que les habitants de Gaza, est ce que je serai devenu un membre du Hamas??? Si j’étais dans un ghetto surpeuplé, sans travail, si j’avais vu des proches mourrir sous des bombardements ( des milliers de morts palestiniens ces dix dernières années), si j’étais humilié, abandonné, trahi, sans éducation, sans espoir, sans avenir, serai-je devenu un de ces combattants à la fois féroce et suicidaire. Car les terroristes du Hamas sont bien conscients qu’ils vont mourrir, déjà 1500 d’entre eux sont morts.

Ce qui a pu provoquer et nourrir une telle  haine n’est sans doute pas à notre portée. La suite de ce massacre horrible sera un autre massacre horrible. Et tous ces morts ne serviront certainement à rien…

Enfermer les gens de la sorte, en les bombardant de temps à autre risque en effet de produire des monstres – et non pas des animaux. La grande astuce consistant de plus à favoriser le mouvement religieux Hamas pour affaiblir le Fatah montre ses remarquables fruits, un peu comme la subtilité politique américaine en 2003-2004 a favorisé la naissance de Daech.

Le bourreau devient victime, la victime devient bourreau, c’est le cycle de la guerre. Continuons, on ne sait faire que ça.

Il ont enfermé une population de 2 millions d’habitants dans un territoire appelé Gaza de 40 km de long sur 10 km de large maximum  , c’est à dire dans un camp de concentration à ciel ouvert . Ils ont colonisé une région appelée Cisjordanie dans laquelle des colonies illégales selon le droit international perturbent la vie des palestiniens accaparant leur terres , assassinant les populations autochtones, les privant de leur eau  dans un pays sec, détruisant leurs maisons, arrachant leurs oliviers etc . Qui tue les femmes et les enfants  depuis plus des dizaines d’années? Posez vous la question en toute conscience. Et pensez vous que cette population devait accepter cette persécution éternellement !

  • 11/10/2023 00:45
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Qu’il y ait des cinglés est indéniable (quelques soit le coté)mais ne faut il pas se référer à l’histoire pour se méfier de témoignages venant d’un seul groupe .Puisque dans ce cas selon Libération ces corps  semblent  avoir été vus que  par  des militaires.

En 1990 ,des agences de communications  américaine avaient échaffaudé plusieurs faux témoignages pour que l’opinion publique prenne fait et cause pour une intervention armée contre l’ex allié irakien.Parmi ces témoignages il y a avait la fausse  affaire des couveuses dans un hôpital  à koweit cité .

Noam Chomsky à énormément travaillé  sur la fabrique de l’opinion et le consentement des masses .

Témoignage recueilli par Ilan Pappe et consigné dans « Le nettoyage ethnique de la Palestine » sur un des nombreux massacres perpétrés par la Haganah dans le cadre du « Plan Daleth », sur les ordres de Ben Gourion : « Quand il s’est aventuré dans le village le lendemain, Hassan Mahmoud Ihdeib, le mukhtar, a vu avec horreur des piles de cadavres dans la mosquée, et beaucoup d’autres jonchaient les rues : des hommes, des femmes, des enfants, et parmi eux son propre père. Au total, 455 victimes, dont 170 femmes et enfants. Les soldats juifs qui ont pris part au massacre ont aussi rapporté des horreurs : bébés au crâne fracassé, femmes violées ou brûlées, hommes poignardés. » C’était au village de Dawaimeh. Il y eut également d’autres massacres, à Deir Yassin, Ein Zeitoun, Tantoura, Bassa, Lydda, Safsaf, etc.

Cette année, près de 250 Palestiniens ont déjà été exterminés en Cisjordanie par les colons et l’armée israélienne, dont 50 enfants, dans le cadre d’ignobles pogroms. Je n’ai entendu ni Biden, ni Macron ni les autres états hypocrites formuler la moindre critique ni traiter les colons et l’armée israélienne de terroristes, alors que ces pogroms sont manifestement des actes terroristes, encouragés par le gouvernement.

Les pertes de vie israéliennes sont inacceptables, tout comme les pertes de vie palestiniennes, même s’il ne s’agit que d’animaux, comme l’a déclaré le ministre israélien Galant sans susciter le moindre émoi chez tous nos bien-pensants, qui assistent désormais à l’extermination du « bétail » palestinien de Gaza sans un mot pour les victimes, donc en approuvant cet acte de terrorisme, car c’est bien de terrorisme qu’il s’agit.

Une amie allemande (précision importante on va le voir) très impliquée dans les combats pour la paix au Vietnam, donc très politisée (elle a été plus tard, frappée d’une interdiction professionnelle en Allemagne pour son action en faveur du Vietnam) m’a rapporté la chose suivante : à la fin des années 60, au cours d’un séjour en Israël, un des responsables du kibboutz où elle passait quelques jours, raconte devant le groupe de jeunes étrangers avec lequel elle voyageait, ses souvenirs de la guerre de 1948 à laquelle il avait participé, et se flatte d’avoir pris part à l’exécution de tous les hommes d’un village palestinien. Mon amie, qui ne s’attendait pas à cela, car on ne connaissait pas à cette époque les travaux de Pappe et des autres historiens israéliens dits, au bon sens du terme, « révisionnistes », s’écrie : « mais, vous avez fait ce qu’ont fait les soldats nazis pendant la guerre! ». Son cri est tombé dans un silence de mort m’a-t-elle dit. Mais le sujet n’a plus jamais été abordé pendant toute  la duré de ce séjour dans ce kibboutz. Je me suis souvent demandé s’il n’y avait pas qu’une Allemande qui pouvait briser la complicité consensuelle que cet ancien combattant israélien avait cru pouvoir établir.

L’horreur appelle l’horreur toujours renouvelée, toujours plus sanglante, toujours plus horrible. Les massacres amènent d’autres massacres, la violence engendre la violence, le malheur appelle le malheur, quelles qu’en soient les raisons, quelles qu’en soient les justifications.

Ces deux populations civiles, d’accord ou pas avec leurs chefs, payent le prix du sang des fanatismes d’un côté comme de l’autre. Les paroles de paix sont inaudibles dans ce déchaînement de vengeance qui signent la faute monumentale du tout-sécuritaire.

Combien de malheurs encore, de morts, de destructions, d’estropié·es, de traumatismes ineffaçables pour le comprendre et agir pour la Paix ?

Oui, c’est atroce, d’autant plus qu’il ne s’agit quasiment que de victimes civiles. Mais peut-on remettre les choses dans leur contexte ?

Depuis que l’on réalise des comptes macabres dans cette région, il y a eu 20 fois plus de morts du côté Palestinien que du côté Israélien: Ne peut-on pas considérer que le passif est responsable de ce qui vient d’arriver ?

Doit-on préciser qu’il s’agit d’une région dont les frontières ne sont pas encore tracées, et où des familles Palestiniennes ont été déplacées pour ne pas dire « déportées », dans des camps, sombre écho de l’histoire.

Il parait évident que si l’on nous avait rapporté qu’en 1943 des raids de juifs enfermés dans le ghetto de Varsovie, s’étaient organisés pour franchir le mur, et tuer les familles de militaires nazis installées juste derrière les grilles, nous aurions trouvé cela tout aussi affreux, mais nous aurions été plus compréhensifs.
Ici ce n’est pas le ghetto de Varsovie, mais la bande de Gaza et cela ne dure pas depuis 3 ans, mais depuis plusieurs décennies. Les Palestiniens ont de fait eu le temps de s’organiser pour les représailles ; comment le leur reprocher ?

Les innocentes personnes qui viennent peupler Israel aujourd’hui, viennent occuper des territoires qui ne leur appartiennent pas. Et en venant y résider, légitiment la politique coloniale d’Israel. Ne peut-on pas comprendre que, quelles que soient les victimes, les Palestiniens fassent comprendre au monde, que venir s’installer en territoire illégitime est potentiellement mortel afin de stopper l’envie de s’y établir et donc stopper la politique coloniale?

Les médias et l’occident peuvent bien oublier de re-contextualiser les faits, et désigner le hamas comme organisation terroriste, rien ne pourra contrer les faits.

L’occident n’a jamais condamné la ZZW qui a oeuvré pour tenter de délivrer le ghetto de Varsovie, en territoire occupé par les nazis et on le comprend. Pourquoi donc condamner le hamas, qui ne fait que rétorquer aux agressions Israéliennes ?

Ce 2 poids 2 mesures est insoutenable.

Ces massacres ressemblent aux massacres des prisons latino-américaines, avec comme au Brésil il y a quelques années, de véritables Sorties destructrices et terroristes hors de la prison. (les archives soviétiques ont fait état de sinistres tueries dans et hors le Grand Goulag » d’insurrection incontrôlée – des guerres de gangs meurtrières ont scandé tout le long de son histoire).Un parallèle avec DAECH, bien sûr, puisque cette organisation s’est constituée dans les camps de prisonniers de la 2ème guerre US en Irak (Abou Ghraib etc.), puis à récupérer le matériel de guerre américain laissé sur place dans une sorte de « fuite », s’imposer dans un quart du territoire irakien, pour ensuite fondre à la « rescousse » d’on ne sait trop qui. Autrement dit on a affaire  des « machines de guerre » issues du carcéral, et même du « giga-carcéral », des nouveaux « goulags » des « interactions internationales » (une soixantaine dans le monde, des Philippines à la Birmanie, jusqu’aux ilots sudamérindiens), des zones de « droit carcéral ». Gaza est décrite par des juristes et experts internationaux, ayant enquêté sur place, comme une « prison à ciel ouvert ». Une prison latino-américaine, certes, ouverte à tous les trafics et interférence intérieur/extérieur, un « camp de réfugiés enfermés », vivant soit de l’aumone humanitaire (racketté,revendu, taxé, et/ou conditionnée idéologiquement…), soit de l’enrôlement dans la machine de guerre: une sorte d’économie « mixte » cherchant sans doute à surnager et constituant la grande masse. De cette masse de prisonniers a émergé une caste de « kapos », structure humaine de la machine de guerre, un « état guepeou gardien de camp », qui ne connait que brutalité et captagon, « pasdarans iraniens » mais comme mort-nés, sans plus aucun « souffle » idéaliste ou spirituelle : on est dans la mécanique de la privation et du conditionnement sous la contrainte externe, la plus brutale, la plus violente, la plus arbitraire.

C’est une certaine « inconscience » qui fait parler ce général israélien d' »animaux humains » à Gaza. Il reconnait par là-même que les conditions objectives qui sont faites aux deux millions de Gazouis sont celles qui sont faites à des animaux d’élevage. Que cela est anti-humain, et produit alors des réactions inhumaines incontrôlées. Au delà du jugement de responsabilité ou de co-responsabilité de la « totalité des parties prenantes », qui est probablement vain, cà serait déjà la reconnaissance de ce lien de causalité ou pas (carcéralité versus barbarie) qu’il faudrait lancer comme enjeu de toute discussion possible (la non discussion est l’âme des propagandes).

On attend (avec satisfaction pour certains) l’intervention des porte-avions américains qui s’approchent des côtes palestiniennes. Biden apporte le soutien nécessaire à l’invasion terrestre envisagée par Israël. Il doit terminer l’anéantissement méthodique de Gaza où rien ne restera debout (c’est ce qui s’appelle extermination) afin que l’armée de terre israélienne pénètre sans crainte ni pertes dans le territoire encerclé de toute part (terre, air, mer). Il menace toute partie dans la région en cas de soutien humanitaire ou militaire aux Palestiniens. Pendant que l’aviation israélienne (que rien n’inquiète ni n’entrave) procède à des bombardements extrêmes et que l’Egypte est sommée de s’abstenir de toute velléité d’aide aux Palestiniens, les chaînes de télévision et l’ensemble des médias occidentaux ont pour mission de justifier les <<représailles>>, c’est-à-dire l’agression génocidaire finale assumée sans masque. Pour s’éviter l’accusation de complicité de génocide, les responsables de l’ONU ont déjà timidement prévenu que le siège de Gaza dévasté encore une fois et privé de tout (de nourriture, de médicaments, d’infrastructures, d’eau et d’électricité en paralysant le fonctionnement vital des hôpitaux, en empêchant l’acheminement des moindres produits de subsistance et de survie) est contraire au droit international. Mais les Etats-Unis assument ouvertement leur complicité de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, c’est ce qui se dit déjà dans les médias (il y en a beaucoup, qui ne sont pas encore démolis ou interdits par Biden !) non occidentaux. Les médias seront noyés de messages affolants achevant de transformer les Gazaouis et quiconque soutient leur action en <<nazis>>. Le scénario qui tue se radicalise tranquillement.

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