Romans, Commentry, 18 décembre : contre le racisme et l’antisémitisme, une seule voie, NOUS-MÊMES !

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Déc 9

Ce samedi 9 décembre, à Commentry, petite ville ouvrière de l’Allier, s’est tenu un rassemblement à l’appel du maire, notre ami Sylvain Bourdier, pour protester contre le fait qu’au collège public, par intrusion nocturne, ont été faites des inscriptions antisémites, racistes anti-arabes, homophobes, et se référant à la « suprématie blanche ». 200 participants, un discours important du maire devant le bâtiment de la médiathèque dévolu à la culture pour toutes et tous et à la lecture publique gratuite, des interventions libres, la FSU, la CGT, LFI, le PCF, le NPA, le PS, RESF, des habitants, un enseignante émue et émouvante entourée d’élèves du collège, une protestation d’amis d’une famille maghrébine contre des propos racistes ayant visé un enfant : ainsi, ce rassemblement allait au delà de la simple et nécessaire protestation et s’engageait dans l’action concrète contre des faits réels : « Ne plus rien laisser passer » comme y a appelé le maire.

Ce rassemblement s’est fait au nom de la Fraternité et en arborant une main protectrice disant « Touche pas à nos enfants, à notre ville. ». Cet appel à la fraternité est le contraire du ramollissement, il est combatif et déterminé : les exploités et les opprimés se groupent ainsi dans la fraternité du combat commun.

De même, les habitants du quartier de la Monnaie, le quartier le plus pauvre de la ville de Romans, dans la Drôme, se sont rassemblés, le 2 décembre précédent, au nom de la « paix » et de la « fraternité », mais avec la plus grande détermination, pour protester contre la tentative d’agression collective nocturne dont ils ont été la cible de la part de groupes fascistes venus de toute la France, et contre les propos visant leur quartier tenus par la maire de Romans, Md. Thoraval, « divers droite », qui a déclaré ce quartier « gangrené » et a amalgamé de fait sa population aux groupes de délinquants dont cette population est la première victime.

Comme on le sait, le quartier de la Monnaie a été désigné, par le gouvernement et par les médias, comme le foyer d’où serait partie une bande qui, s’immisçant dans une boom de rugbymen au village de Crépol, s’était bagarrée avec d’autres jeunes, le jeune Thomas étant tué d’un coup de couteau dans la bagarre. La version selon laquelle il s’agissait de musulmans, ou d’ «arabes », venus tuer du « blanc », a été de fait accréditée par les propos alarmistes du porte-parole du gouvernement, M. Véran, allant jusqu’à annoncer que « le basculement » vers … la guerre civile, se serait produit à Crépol !

L’enquête progressant, l’on a su depuis que ce qui s’est passé à Crépol ne correspond pas au fantasme agité conjointement par le gouvernement, par l’extrême-droite et par les médias de Bolloré, et relève de rivalités conduisant à un affrontement entre bandes de jeune hommes, avec des éléments de racisme existant de part et d’autre.

Propos irresponsables que ceux du porte-parole du gouvernement ? Oui, mais propos qui ne pouvaient pas ne pas avoir été inspirés par l’exécutif, par Macron, porté par l’union nationale prétendument réalisé contre l’antisémitisme le 12 novembre précédent, lorsque le RN et Reconquête, Marine Le Pen, Jordan Bardella, Eric Zemmour et Marion Maréchal-Le Pen furent quasi officiellement adoubés comme « défenseurs de la République » – ils sont en effet des défenseurs de la Cinquième République, ce qui n’est pas la même chose !

Nous avons donc eu une leçon de chose dans ce pays ces dernières semaines : le sacre des héritiers de l’extrême-droite collabo, pétainiste et Algérie française a ouvert les vannes aux groupes de combat de nazillons, et la panique lancée au sommet de l’État a failli permettre une ratonnade de masse contre tous les habitants, de toutes origines, du quartier de la Monnaie à Romans, également calomniés par Md. la maire. Adoubés comme « adversaires de l’antisémitisme », ils portent en eux les groupes de combat racistes, antisémites, antisociaux ! A Commentry, les inscriptions portées dans l’enceinte du collège sont anti-arabes et antisémites !

A Romans, la population s’est organisée toute seule, et n’a pas souhaité, nous dit-on, la présence de partis « de gauche » qui débarquaient de l’extérieur et n’étaient pas perçus comme les siens, et elle s’est affirmée, réalisant son rassemblement malgré l’interdiction préfectorale – sic !!! – et sous le regard inquiétant, mais qui s’est tenu à distance, des policiers municipaux. Aux immeubles ont été affichée des banderoles affirmant que ceux qui veulent la guerre au quartier n’y trouveront que la paix. Ne nous y trompons pas : c’est là la fermeté, la vraie fermeté.

A Commentry, c’est au contraire le maire, et avec lui les organisations syndicales, politiques et les associations, qui ont assumé la défense des enfants et de l’école publique.

Mais la voie dessinée à Romans comme la voie dessinée à Commentry se rejoignent : la riposte au racisme, à l’antisémitisme, passe par l’organisation indépendante du pouvoir, en dehors de toute union nationale avec Macron, sans lui, malgré lui, contre lui. Et s’il le faut, et il va le falloir, elle devra passer par l’autodéfense collective.

C’est aussi la voie qu’ont dessiné les organisations, dont nous sommes, et les nombreuses sections syndicales, qui appellent à manifester dans toute la France, lundi 18 décembre, contre la loi Darmanin visant les droits humains et démocratiques des étrangers et des migrants. C’est la voie de la fraternité, c’est-à-dire du combat !

Romans.

Commentry.

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