Le dramatique retour du refoulé colonial

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Vendredi 17 Mai 2024
 
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Par Carine Fouteau
Le dramatique retour du refoulé colonial

Manque d’écoute et de considération, passage en force législatif, envoi du GIGN et du Raid, couvre-feu, état d’urgence… Alors que cinq personnes ont été tuées (trois Kanaks et deux gendarmes) et de nombreuses autres blessées dans les affrontements survenus à Nouméa et ses environs ces derniers jours, l’exécutif est aspiré par la spirale de violence qu’il n’a pas su désamorcer, voire qu’il a contribué à réveiller.

Les tirs à balles réelles, sur fond d’incendies, de barrages routiers et de pillages, font ressurgir le spectre de la guerre civile entre indépendantistes et loyalistes dont le point culminant a été atteint en mai 1988 avec la mort de dix-neuf Kanaks et de deux militaires lors de l’assaut de la grotte d’Ouvéa. Déjà, l’enjeu du corps électoral était au cœur de ce que l’on a hypocritement appelé les « événements ».

En raison de sa désinvolture et de son impréparation, tant l’histoire semble se répéter, l’exécutif fait prendre à la France le risque de réduire en cendres près de quarante ans d’un patient processus de décolonisation, qui avait permis jusque-là, dans un savant apprentissage des forces en présence, de maintenir la paix civile en Nouvelle-Calédonie et dont certains, y compris parmi les officiels, ont longtemps espéré qu’il symbolise la première décolonisation « réussie », c’est-à-dire sans violences, de notre pays.

 
Par Gilles Caprais
Les habitants d’origine européenne ont formé des groupes peu expérimentés militairement, parfois fortement armés. Le haut-commissaire de la République les tient pour responsables de la mort de trois Kanaks, mais soutient leur existence.
Par Carine Fouteau
Pour sauver le processus de décolonisation débuté il y a près de quarante ans, l’exécutif doit comprendre que la réforme du corps électoral sur laquelle il s’est fracassé est une question de survie pour les Kanaks, liée à leur minoration démographique, au cœur de la domination française depuis le XIXe siècle.
Par Pauline Graulle, Ilyes Ramdani
Accaparé par la situation sécuritaire, le gouvernement peine à ouvrir un horizon politique à propos de l’archipel. Au sein même du camp présidentiel, des voix appellent à confier une mission de médiation à des personnalités extérieures.
Par Antoine Perraud
L’anthropologue Michel Naepels est spécialiste de la violence en politique et de ce qui s’ensuit. Il a étudié, en Nouvelle-Calédonie, le passif colonial, les conflits fonciers, les rapports sociaux, mais également l’intelligence collégiale propre à la culture kanake.
Par À l’air libre
Que se passe-t-il en Nouvelle-Calédonie? Qui est responsable de cette flambée de violence jamais vue depuis des décennies? Comment en sortir? Réponses dans «À l’air libre».
Par Mathieu Dejean
Alors que Gérald Darmanin rejette la faute des violences sur la Cellule de coordination des actions de terrain (CCAT), ses délégués envoyés en métropole démentent et invitent le gouvernement à l’introspection.
Par Matthieu Suc
Gérald Darmanin a accusé jeudi l’Azerbaïdjan d’ingérence en Nouvelle-Calédonie. Il y a bien une manipulation de la part de cette dictature qui, depuis deux ans, manifeste son hostilité vis-à-vis de la France. Mais elle ne suffit pas à justifier la colère et les affrontements en cours.
Retrouvez dans ce dossier tous nos articles et reportages sur la crise qui secoue la Nouvelle-Calédonie, et nos archives sur une décolonisation qui vient de loin.
Le fait de la semaine : enquête sur le contrat d’engagement républicain
 
Par Jérôme Hourdeaux
Dispositif phare de la loi séparatisme de 2021, le CER oblige les associations demandant une subvention à s’engager à respecter les principes républicains. Si son mécanisme de sanction a été très peu activé, il est utilisé régulièrement comme outil de pression politique.
Par Jérôme Hourdeaux
La préfecture reproche à l’Asti du Petit-Quevilly d’avoir relayé un appel pour une manifestation interdite, estimant qu’il s’agit d’une violation de son contrat d’engagement républicain. Plusieurs demandes de subvention de l’association sont depuis suspendues.
Guerre au Proche-Orient
 
Par René Backmann
Les frappes sur Rafah se poursuivent impunément, malgré les multiples mises en garde diplomatiques. Mais le premier ministre, Benyamin Nétanyahou, continue de donner la priorité au sauvetage de sa coalition. La société civile israélienne est-elle prête au changement ?
Par Rachida El Azzouzi
La philosophe israélienne Anat Matar dénonce les atteintes aux libertés académiques en Israël et à travers le monde, et le sort inhumain fait aux prisonniers palestiniens. Pour avoir célébré la mémoire du Palestinien Walid Daqqa, mort en détention il y a un mois, elle subit un harcèlement en règle.
Par Justine Babin
Auparavant relativement moins ciblée par la contre-offensive israélienne, Rafah est aujourd’hui menacée d’une invasion d’ampleur. Les déplacés et habitants de la ville désormais surpeuplée du sud de la bande de Gaza, à la frontière avec l’Égypte, hésitent à prendre la fuite.
Par Gwenaelle Lenoir
Le cofondateur de la campagne de boycott BDS réagit aux mobilisations étudiantes exigeant la fin des relations avec les universités en Israël. Il explique pourquoi celles-ci seraient « complices » de la politique de Nétanyahou. Et dénonce un « nouveau maccarthysme ».
Par À l’air libre
Le réalisateur palestinien Rashid Masharawi, à l’origine du projet cinématographique «Ground Zero» – Gaza raconté par celles et ceux qui y vivent – est l’invité de notre émission aux côtés de la productrice Laura Nikolov.
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