Quand j’ai appris l’assassinat de Mehdi Kessaci à Marseille, j’ai pensé à son frère Amine – celui qui était venu soutenir les proches de Robin à la morgue après sa mort.
Il était le seul responsable politique présent physiquement à la levée du corps.
Et j’ai compris une chose simple et brutale : nos drames sont différents, mais leur cause est la même.
Quand l’État disparaît, les enfants meurent.
Je vais vous révéler ce que l’on cherche à vous cacher.
Je vous parle en tant que Carole Chaptal Hernandez, présidente de l’association Justice pour Robin Cotta – Vérité, Mémoire, Réformes, et lanceuse d’alerte sur les violences en détention.
Ce texte parle :
– de l’effondrement de la politique pénale,
– de l’argent public détourné vers ce qui ne fonctionne pas,
– d’un mensonge d’État répété sur toutes les chaînes,
– et d’un jeune homme de 22 ans, Robin, mort parce que la loi n’a pas été appliquée.
—
Prévention et quartiers abandonnés : l’origine des drames
Quand Amine Kessaci rappelle que Sarkozy a détruit la police de proximité, il dit la vérité.
Avant, il y avait dans les quartiers des agents qui connaissaient les familles, les prénoms, les trajectoires, les fragilités, et qui pouvaient intervenir avant que les jeunes ne glissent.
On les a supprimés.
Dans le même temps, on a éliminé :
– les éducateurs de rue,
– les médiateurs,
– les psychologues scolaires,
– les transports vers les écoles et les centres-villes,
– les services publics qui tenaient les quartiers debout.
Puis on a laissé les familles seules face à :
– l’explosion des addictions,
– la santé mentale abandonnée,
– la pauvreté accumulée,
– les violences sociales invisibles,
– l’absence totale de prise en charge avant 18 ans.
Et on ose ensuite s’étonner qu’un enfant de 15 ans puisse tuer un autre enfant dans une cité ?
On ose prétendre que “les jeunes deviennent irrécupérables” ?
Ce n’est pas vrai.
C’est le résultat direct de 20 ans d’abandon politique.
En France, on préfère attendre que les jeunes tombent plutôt que d’empêcher qu’ils tombent.
Et cette absence de prévention mène exactement là où tous les chercheurs l’ont annoncé : trafics, armes, réseaux qui recrutent des mineurs, règlements de comptes, désespoir.
Quand la République disparaît, d’autres forces prennent sa place.
Point final.
Et voilà la vérité qui dérange : la délinquance n’augmente pas.
L’incarcération, oui.
Êtes-vous au courant que l’incarcération est galopante ?
Nous avons dépassé 85 000 détenus, un record absolu.
Pourtant, la délinquance n’a pas augmenté.
Est-ce que vous trouvez ça logique ?
Nous enfermons plus alors qu’il n’y a pas plus de crimes ni de délits.
Mais on vous répète en boucle : “Plus de prisons = plus de sécurité.”
Non.
C’est faux.
C’est un choix politique voulu pour fabriquer de la peur, influencer l’opinion, et préparer les prochaines échéances électorales.
On nous prend pour des idiots incapables de comprendre ce qui se passe dans les pays voisins.
Construire des prisons, c’est reconnaître son échec à prévenir la délinquance.
C’est dire au pays : “Nous avons échoué. Alors nous enfermons pour contenir notre échec.”
—
Prisons = aveu d’échec + détournement de l’argent public
Voici les chiffres qu’on vous cache :
– Une cellule coûte entre 200 000 et 300 000 € (sources publiques : Cour des comptes, appels d’offres ANTAI / APIJ).
– Le plan carcéral = 4 milliards € (source : Ministère de la Justice).
– Fonctionnement annuel ≈ 700 millions €.
Traduction concrète :
4 milliards €, ce sont des années de déficit des hôpitaux publics.
C’est des milliers de lits psychiatriques.
C’est des milliers d’enseignants.
C’est une politique de prévention des addictions digne de ce nom.
C’est des éducateurs, des centres de soins, des travailleurs sociaux, des transports gratuits, des internats, des écoles ouvertes après 18 h.
C’est tout ce qui pourrait empêcher la délinquance.
Mais on ne vous le dit pas.
On préfère vous faire peur sur BFMTV.
Parce que la prison, ça fait monter le score politique.
La prévention, non.
—
Surpopulation : crise fabriquée par le gouvernement
Les chiffres réels :
– 30 % des personnes détenues sont en détention provisoire : présumées innocentes.
– 45 % purgent moins de 2 ans : des peines qui pourraient être aménagées.
– Moins de 1 % sont des profils réellement dangereux.
C’est donc l’État lui-même qui remplit les prisons.
Et on vient vous expliquer ensuite que “la surpopulation est une fatalité”.
Non.
Elle est fabriquée.
—
La psychiatrie détruite → la prison comme poubelle
Faute de lits, faute de soignants, faute de structures :
on jette en prison des personnes qui devraient être hospitalisées.
C’est une faute politique.
Et une faute éthique.
Et une bombe à retardement.
—
Les autres pays font mieux – beaucoup mieux
– Norvège : 20 % de récidive, prisons fermées.
– Pays-Bas : prisons vides.
– Allemagne : psychiatrie financée.
– Portugal : addictions traitées médicalement.
La France refuse volontairement de copier ce qui fonctionne.
—
Robin – la preuve que l’État viole sa propre loi
Et au milieu de ce chaos fabriqué, il y a Robin.
Robin, 22 ans.
Robin, qui a supplié pendant cinq jours.
Robin, laissé en cellule avec celui qui allait le tuer.
Robin, mort parce que la loi pénitentiaire n’a pas été appliquée.
La loi de 2009 impose noir sur blanc :
protection, dignité, santé, évaluation en arrivants, cellule individuelle, prévention des violences, réponse aux alertes.
Dans son cas, tous ces articles ont été violés.
Ce n’est pas une “erreur”.
C’est un effondrement institutionnel.
—
Et si la prison n’était plus un outil utile ?
Je commence à me demander si, dans une société moderne, la prison telle qu’on la pratique en France a encore un sens.
Je ne parle pas de l’idée de sanction.
Je parle de l’institution elle-même.
Quand 99 % des gens enfermés ne sont pas dangereux,
quand la récidive explose,
quand l’enfermement détruit plus qu’il ne protège,
nous avons le droit – et même le devoir – de poser la question :
La prison française fabrique-t-elle les violences qu’elle prétend prévenir ?
Pour les profils réellement dangereux, il existe des unités spécialisées.
Mais pour tous les autres, la prison est le pire endroit :
le plus destructeur, le plus coûteux, le moins efficace.
—
La loi ROBIN : enfin appliquer la loi
La future Loi Robin propose une chose simple :
appliquer enfin la loi pénitentiaire existante.
Et créer des garde-fous :
– évaluation sérieuse en arrivants,
– interdiction des placements dangereux,
– alertes opposables,
– contrôles indépendants,
– transparence annuelle sur les morts.
—
Ce pays laisse mourir ses enfants.
Dans les quartiers.
Dans les cellules.
Dans le silence.
Et tout cela n’a rien d’inévitable : c’est le résultat de choix politiques.
Si un enfant de 15 ans tue un autre enfant,
si un jeune de 22 ans meurt dans une cellule sans issue,
c’est le signe que notre système est en faillite.
Que la prévention est morte.
Que la psychiatrie est morte.
Que la justice sociale est morte.
Et que le garde des Sceaux persiste dans une ligne vouée à l’échec pour exister politiquement et nourrir une stratégie électorale dangereuse.
Si l’État avait investi en amont,
si l’État avait protégé,
si l’État avait écouté,
ni Mehdi, ni Robin, ni tant d’autres n’auraient dû mourir.
Partagez massivement.
Pour que le mensonge d’État prenne fin.
Pour que plus personne ne puisse dire : “Je ne savais pas.”
Poster un Commentaire