Retour de la propagande guerrière

Des généraux européens appellent à “accepter de perdre nos enfants” dans le cadre d’une possible guerre avec la Russie. Un tournant glaçant vient d’être franchi.
En France comme en Allemagne, des chefs militaires parlent désormais de la guerre avec la Russie comme d’une fatalité. Pire : ils préparent les esprits au sacrifice, comme si la confrontation devenait inévitable.
Ce changement de ton n’est pas anodin. Il marque la disparition progressive de la culture de la paix au profit d’une rhétorique martiale qui s’installe dans nos imaginaires.
➡️ On banalise le tragique.
➡️ On transforme la peur en instrument politique.
➡️ On prépare psychologiquement l’opinion à un conflit que personne n’a démocratiquement choisi.
Le plus alarmant ?
De tels discours envoient à Moscou le message que l’Europe ne cherche plus la désescalade, mais s’avance vers l’affrontement. Une dynamique dangereuse, qui fragilise la sécurité du continent.
Il est encore temps de refuser cette fatalisation de la guerre.
De rappeler, comme le disait Clemenceau, que « la guerre est une chose trop grave pour être confiée à des militaires ».

 

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L’inquiétante dérive du discours militaire en Europe

Publié le 28 novembre 2025
Des généraux français et allemands présentent la guerre avec la Russie comme une fatalité et appellent à «accepter de perdre nos enfants». Cette banalisation du tragique marque une rupture et révèle un glissement psychologique et politique profond. En installant l’idée du sacrifice et de la confrontation, ces discours fragilisent la culture de la paix, les institutions démocratiques et toute perspective de désescalade.

Il existe parfois, dans la bouche des dirigeants, des phrases qui, lorsqu’elles sont prononcées, marquent d’elles-mêmes une rupture. Non pas tant par leur maladresse ou leur outrance que par ce qu’elles révèlent de l’état d’esprit, de la psychologie et de la disposition intérieure des élites qui les profèrent.

Ainsi, le 18 novembre dernier, devant le Congrès des maires de France, le chef d’état-major des armées, le général Fabien Mandon, déclarait: «Si notre pays flanche parce qu’il n’est pas prêt à accepter de perdre ses enfants… alors on est en risque. Il faut la force d’âme pour accepter de nous faire mal.» Des mots que certains va-t-en-guerre et commentateurs en mal de posture héroïque trouveront «forts», mais qui, en réalité, dévoilent surtout une vision du monde et un rapport au tragique qui devraient, au contraire, inquiéter.

Quelques jours plus tôt, à Berlin, son homologue allemand, le général Carsten Breuer, affirmait: «La Russie ne doit jamais partir du principe qu’elle peut gagner une guerre contre l’OTAN. La situation est extrêmement grave.»

Deux phrases. Deux pays. Deux armées. Et pourtant un seul glissement: la guerre n’est plus évoquée comme un scénario à éviter, mais comme une perspective que l’on commencerait déjà à intégrer, voire à assumer.

Ce glissement n’est pas isolé. Il prépare en sourdine l’ambiance intellectuelle et politique qui imprègne désormais une partie de l’Europe, et il explique aussi pourquoi les discours qui

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