La Réunion : De la souffrance et la colère qu’elle engendre .Pourquoi? Que faire ?
À La Réunion, la violence la plus répandue n’est pas celle des coups.
C’est d’abord celle des institutions qui font souffrir sans jamais se dire responsables.
Ici, beaucoup connaissent cette sensation :
• tu respectes les règles,
• tu fais ce qu’on te demande,
• et pourtant, tu es toujours en tort.
Pas parce que tu es “un mauvais moun’”,
mais parce que le système est construit pour trier ceux/celles qui s’adaptent à son fonctionnement déshumanisé, et décourager.tout le monde de s’opposer et contrôler leur vie
L’emploi : travailler sans vivre
À La Réunion, le travail est rare, cher payé… et souvent humiliant.
• contrats courts
• horaires éclatés
• pression permanente
• peur constante de perdre “ce qu’on a”
On te fait comprendre que tu dois accepter n’importe quoi :
“Ici, si t’es pas content, y en a dix derrière.”
La souffrance devient un outil de gestion de la main-d’œuvre.
Plus tu as peur, plus tu te tais. Tu renonces à te syndiquer. Tu t’isoles.
Ce n’est pas un accident :
c’est une économie de la précarité, entretenue par la dépendance et le chômage massif.
La CAF et les guichets : prouver qu’on mérite de vivre
Beaucoup de familles le vivent :
• dossiers qui disparaissent ou toujours incomplets
• demandes répétées
• contrôles humiliants
• suspensions “automatiques”
• délais incompréhensibles
On ne te dit jamais clairement “non”.
On te fait attendre, justifier, recommencer, douter….passer mille fois par internet pour tomber sur un répondeur qui te dit d’attendre des heures ou rappeler comme dans de nombreuses autres administrations et grosses entreprises.
Tu finis par te sentir coupable d’avoir besoin d’aide. Et incompétent. « Moi lé pa kapab ! »
Comme si survivre était une faute.
C’est une violence silencieuse : administrative, froide, parfaitement légale, mais profondément destructrice.
La grande distribution : la vie chère comme discipline
À La Réunion, on paie plus cher pour tout : manger, se déplacer, se loger
Et tout le monde le sait.
Mais les grands groupes, eux, te disent :
“C’est le marché.”
“C’est la logistique.”
“On n’y peut rien.”
Pendant que :
• les profits sortent de l’île,
• les salariés sont pressurés,
• les petits producteurs sont étranglés,
• les consommateurs sont culpabilisés (“faut mieux gérer”).
La vie chère n’est pas seulement économique.
C’est une violence structurelle, qui brise les gens en leur rappelant chaque jour leur impuissance.
Les monopoles : dépendre sans pouvoir décider
Peu d’acteurs contrôlent :
• l’importation
• la distribution
• l’énergie
• parfois même l’information
Résultat :
• prix imposés
• emplois fragiles
• alternatives étouffées
• décisions prises loin du territoire
Ce n’est pas juste “inefficace”.
C’est un système qui retire aux habitants la capacité de décider de leur propre vie.
Et quand on enlève le pouvoir de décider,
la frustration se transforme en colère, en résignation ou en dureté.
Pourquoi ça brise les gens (et parfois les rend eux mêmes durs)
Quand :
• tu travailles sans t’en sortir,
• tu demandes de l’aide en étant soupçonné,
• tu paies trop cher sans pouvoir agir,
• tu vois les mêmes gagner toujours,
alors quelque chose se brise.
Certains se replient.
D’autres deviennent agressifs.
D’autres encore finissent par reproduire la dureté sur plus faible qu’eux. Les femmes et les enfants en sont les premières victimes
Ce n’est pas une “mentalité spécifiquement réunionnaise”.
C’est ce que produit un système qui étouffe la vie.
Regarder les choses sous un autre angle pour poser les bonnes questions !
La vraie question politique à La Réunion ce n’est pas :
“Pourquoi les gens sont en colère ?” quand ils se fâchent …
Mais :
“Pourquoi notre organisation économique et institutionnelle produit autant d’humiliation, d’impuissance et de dépendance ?”
”
Ma conclusion : La sortie n’est pas morale, elle est collective
Il nous faut :
• créer des emplois utiles localement
• relocaliser la production
• casser les monopoles
• sécuriser les parcours de vie
• redonner du pouvoir réel aux travailleurs et aux habitants
Car là où les gens reprennent prise,
la dureté , l’agressivité recule,
la solidarité revient, la dignité i pète en fleur.
En une phrase
À La Réunion, la souffrance sociale et la colère qu’elle engendre sont le produit d’un système qui a organisé la dépendance — et qui nous demande ensuite d’en payer le prix humain.
A nous de reprendre collectivement la main sur l’emploi, les prix, la production et les décisions
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