En réaction à l’article de France Info publié ce jour concernant l’agression d’un élève surveillant
France Info rapporte aujourd’hui un appel à la mobilisation nationale dans les prisons après l’agression d’un élève surveillant à Salon-de-Provence par un détenu.
Les faits sont clairs : l’agent a été blessé, mais son pronostic vital n’est pas engagé.
Cette agression est grave.
Mais la réponse qui suit pose un problème majeur.
Depuis ce matin, des établissements pénitentiaires sont bloqués ou fortement perturbés :
à la maison d’arrêt de La Talaudière près de Saint-Étienne, au centre de détention de Roanne, à la prison de Saint-Quentin-Fallavier en Isère, dans plusieurs établissements du Nord comme Annœullin et Sequedin, en région parisienne devant la Santé et Fresnes, mais aussi à Beauvais et Amiens, sans oublier l’appel régional à la mobilisation lancé en Bourgogne par l’UFAP Dijon.
Ce n’est pas marginal.
C’est une mobilisation nationale.
Et il faut dire ce que cela signifie concrètement.
Quand des surveillants débrayent, quand les prises de poste sont retardées, quand les établissements sont bloqués, cela veut dire : moins de présence dans les couloirs,
moins de rondes,
moins de réponses aux appels,
moins de vigilance,
moins de protection.
Autrement dit : des milliers de personnes enfermées, déjà totalement dépendantes de l’institution, se retrouvent encore plus exposées au danger.
Et tout cela pour quoi ?
Pour un incident — condamnable — mais qui n’a pas mis la vie de l’agent en danger.
Pendant ce temps, quand un détenu meurt en cellule, quand un détenu se suicide, quand un détenu est tué par son co-détenu, il ne se passe… rien.
Pas de mobilisation nationale.
Pas de grève dans toutes les prisons.
Pas de blocage.
Pas d’émotion collective durable.
Pourtant les chiffres existent :
plus de 142 suicides en prison en un an
Des morts.
Des vies brisées sous la responsabilité directe de l’État.
Et face à ces morts :
silence.
oubli.
Ce contraste est indécent.
Il donne le sentiment que certaines vies compteraient plus que d’autres.
Un détenu reste un être humain.
La prison prive de liberté, pas du droit à la vie, pas du droit à la protection, pas du droit à la dignité.
Quand l’État enferme, il a une responsabilité totale.
Quand il échoue à protéger, quand il laisse mourir, quand il tolère que des personnes soient tuées ou poussées au suicide, ce n’est pas un fait divers : c’est un échec politique majeur.
Justice pour Robin Cotta – Vérité, Mémoire et Réforme
Nous continuerons à dire ce que beaucoup préfèrent taire :
aucune vie ne vaut moins qu’une autre.
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