« Dans le programme de Marine Le Pen on trouvait ceci : “Les policiers et les gendarmes doivent intervenir partout contre les délinquants. En utilisant la force lorsque cela est nécessaire. Sans jamais craindre de l’utiliser. Le recours à la force au service de la sécurité des Français nécessite d’instaurer une présomption de légitime défense pour les policiers et les gendarmes”. En 2022, c’était cette mesure que l’on nous opposait lorsque nous critiquons le réflexe politique du “barrage au RN” à tout prix. Or, c’est d’abord le PS – pour lequel on nous a longtemps demandé de voter pour empêcher de vivre la même situation qu’en 2002, Le Pen père au second tour- qui, en 2016, s’est inscrit dans la droite ligne de ces grands principes chers au RN. La loi Cazeneuve a autorisé le tir de légitime défense, de la part des forces de l’ordre, en absence d’un danger immédiat. Depuis, le nombre de tirs mortels sur des véhicules a été multiplié par 6. Et désormais, c’est une proposition de loi LR, soutenue par le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, qui est examinée au parlement pour appliquer le programme de Marine Le Pen : il s’agit d’instaurer une “présomption de légitime défense” pour les policiers. Si la loi passe, tout usage d’une arme à feu par un policier sera présumé légitime. Il n’appartiendra plus au policier de démontrer qu’il était en état de légitime défense, mais au parquet d’établir qu’il ne l’était pas. La loi n’est pas passée en première lecture grâce à l’obstruction parlementaire des groupes de gauche mais elle va revenir devant l’Assemblée nationale prochainement. On se souvient de la mort de Nahel Merzouk, tué à bout portant par balle. Mais l’impunité policière, encouragée par ces lois successives, se poursuit. Dans la nuit du 14 au 15 janvier, un homme de 35 ans, El Hacen Diarra, est mort dans un commissariat après une arrestation violente. L’autopsie du corps a depuis montré un déchaînement de violence. Aucun des policiers n’a été suspendu et le ministre de l’Intérieur les soutient. En quoi le contexte actuel diffère-t-il du programme de Marine Le Pen ? “Sans jamais craindre d’utiliser la force” dit-il. Dans le contexte actuel, avec un tel ministre de l’Intérieur et une telle loi en passe d’être votée, les policiers français craignent-ils d’utiliser la force ? Certainement pas. »
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