Comment Trump et les États-Unis ont fait de la capture de Maduro un (mauvais) show hollywoodien

Donald Trump n’a pas lésiné sur la communication autour du succès de son opération « Détermination absolue » à Caracas, en amoureux de « téléréalité » qu’il est.

JIM WATSON / AFP
EN BREF
• Le président américain, amateur de « show » et de télévision a repris les codes du cinéma d’action pour faire la promotion de son intervention au Venezuela.
• Il a également publié, comme plusieurs comptes liés à son administration, de nombreuses photos de Nicolás Maduro menotté depuis son enlèvement.
• Trump se pose ainsi en shérif du monde, à l’image de son mentor Ronald Reagan, ancien président et acteur de western.

L’IA au HuffPost

De l’action, du suspense, de la violence et des explosions. Les États-Unis ont bombardé le Venezuela pour capturer son président et Donald Trump n’a pas manqué de faire de cette opération armée un show de divertissement.

Le républicain a annoncé avoir autorisé une intervention visant à enlever et exfiltrer Nicolás Maduro et son épouse samedi 3 janvier dans la nuit pour les faire traduire en justice à New York. Une démonstration de force qui a plongé Caracas dans l’effroi alors que des explosions ont secoué la ville. Même si tout cela contrevient au droit international selon de nombreux experts, Donald Trump, lui, ne cache pas son excitation et sa jubilation.

Delcy Rodriguez, figure clé épargnée par les États-Unis, appelée à diriger le Venezuela.

Il a maintes fois félicité les forces armées d’avoir pu déloger le couple présidentiel qui « dormait dans sa chambre », « dans une maison qui ressemblait plus à une forteresse qu’à une maison », entourée « d’acier massif ». Avec moult détails.

« Comme une émission de téléréalité »

Il ne cache d’ailleurs pas s’être délecté d’assister à tout cela à distance, grâce aux caméras, « littéralement comme si je regardais une émission de téléréalité »« Si vous aviez vu la vitesse, la violence, c’était incroyable », s’est félicité auprès de Fox News le dirigeant friand de spectacle hollywoodien, et amateur de télévision.

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Les photos, soigneusement publiées par la Maison-Blanche sur divers réseaux sociaux le montrent assis dans une salle de crise improvisée dans sa résidence de Mar-a-Lago, en Floride, en compagnie du chef du Pentagone Pete Hegseth, du secrétaire d’État Marco Rubio, du directeur de la CIA John Ratcliffe et du général Caine. Au centre du jeu.

Donald Trump qui s’est inspiré de Ronald Reagan, ancien président et ancien acteur de western, pour sa formule « make america great again », se pose ainsi en cowboy, dans une version plus moderne que son mentor, pour faire régner l’ordre sur la planète. Du reste, le président américain n’hésite pas à reprendre les codes du cinéma d’action pour faire la communication de sa retentissante opération en Amérique latine.

Montage vidéo et musique de Forrest Gump

Le locataire de la Maison Blanche a par exemple partagé un montage vidéo d’images amateurs sur sa plateforme pour montrer les hélicoptères en action, les explosions et tirs lors de l’attaque à Caracas. Le tout sous la bande-son Fortunate Son, de Creedence Clearwater Revival.

Comme le souligne le journaliste Romain Mielcarek sur X, ce titre est notamment utilisé dans une scène du film Forrest Gump dans laquelle on voit le personnage principal et ses camarades militaires faire la guerre au Vietnam à bord d’hélicoptères.

@romainmielcarek
La guerre est un spectacle. Donald Trump vient de poster ce montage sur son compte Truth Social. On y voit des images amateurs des tirs sur Caracas cette nuit. Avec en bande son « Fortunate Son », de Creedence Clearwater Revival. Un morceau qui renvoie à une scène du film Forrest Gump dans laquelle on voit le héros et ses camarades faire la guerre au Vietnam. Dans des hélicoptères. Donald Trump sur Fox News, un peu plus tôt: « J’ai regardé ça littéralement comme j’aurais regardé une émission télévisée. »

En parallèle, le président américain, et les comptes officiels liés à l’administration publient régulièrement des photos ou vidéos de Nicolás Maduro, menotté dans l’avion, à la sortie de l’appareil, ou au siège de la CIA. Les médias américains ont même pu diffuser les images du vol du Venezuélien sur New York, alors que son hélicoptère passait tout proche de la statue de la liberté.

Donald Trump a lui même publié sur son réseau social l’image du président vénézuélien, en jogging, les yeux bandés et les mains attachées, à bord du navire de guerre USS Iwo Jima qui l’amenait aux États-Unis, samedi, juste avant de prendre la parole lors d’une conférence de presse.

Dans sa lancée triomphaliste, le républicain a laissé le soin au général Dan Caine, le chef d’état-major américain, d’expliquer lors de la conférence de presse comment l’opération, baptisée avec emphase « Absolute Resolve » (« Détermination absolue », s’était déroulée, heure par heure. Galvanisé par ce succès, Donald Trump s’en est pris samedi soir au président colombien et à Cuba, les menaçant d’être les prochains. De quoi redouter un nouvel épisode de ce mauvais show.

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