EN DIRECT, colère des agriculteurs

EN DIRECT, colère des agriculteurs : la ministre de l’agriculture, Annie Genevard, estime que les « inquiétudes et les revendications » de la profession sont « légitimes »

Une vingtaine d’agriculteurs sont présents à la tour Eiffel, leurs tracteurs – une dizaine – garés tout près. Au pied de l’Arc de triomphe, une dizaine d’autres tracteurs sont cernés par un imposant dispositif des forces de l’ordre. Le gouvernement « ne laissera pas faire » ces actions jugées « illégales », a prévenu sa porte-parole en début de matinée.

Live animé par Allison Ferrera (service photo) et Louise Vallée

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Mis à jour aujourd’hui à 10h48

Un agriculteur de la Coordination rurale, au pied de l’Arc de triomphe, à Paris, le 8 janvier 2026. EMMA DA SILVA/AP

Des agriculteurs convergent vers l’Assemblée nationale

Devant l’Assemblée nationale, le 8 janvier 2026.
Devant l’Assemblée nationale, le 8 janvier 2026.

Alors que des tracteurs commencent à arriver devant l’Assemblée nationale, certains représentants de la Coordination rurale se sont mis en route à pied en direction de la Chambre, « un symbole », selon Edouard Legras, vice-président du syndicat agricole. Interrogé sur BFM-TV concernant l’accueil qui pourrait leur être réservé, alors que les agriculteurs répètent leur volonté d’être reçus par la présidente de l’Assemblée nationale et le président du Sénat, il a admis : « Pour l’instant, je n’en sais rien, on vit les choses heure par heure en ce moment. »

10:23 Ur

La réaction de la ministre de l’agriculture, qui appelle les agriculteurs à garder le « sens des responsabilités et au dialogue »

La ministre de l’agriculture, Annie Genevard, et son homologue espagnol, à Bruxelles, le 7 janvier 2026.
La ministre de l’agriculture, Annie Genevard, et son homologue espagnol, à Bruxelles, le 7 janvier 2026.

Annie Genevard a appelé les agriculteurs qui manifestent dans Paris et plusieurs autres villes au « maintien du calme et au sens des responsabilités, et au dialogue », reconnaissant les « inquiétudes et revendications » de la profession comme « légitimes ».

« Le dialogue est constant et il se poursuit. Le combat que je mène pour protéger nos agriculteurs continue. Des avancées importantes ont été obtenues cette semaine au niveau européen, mais le travail n’est pas terminé », a-t-elle ajouté dans une déclaration transmise à l’Agence France-Presse.

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Un dépôt de carburant bloqué par la Coordination rurale près de Bordeaux

Une quarantaine d’engins agricoles bloquent l’accès au dépôt de carburant de Bassens, près de Bordeaux, à l’appel de la Coordination rurale (CR) de Gironde. La préfecture du département a fait état d’une « action de mobilisation d’agriculteurs » qui s’inscrit « dans le cadre du mouvement de contestation à l’échelle nationale ».

« Depuis 22 heures, une quarantaine d’engins agricoles, de camions et de véhicules légers empêchent l’accès au site », poursuit la préfecture, précisant que des forces de l’ordre sont sur place. Devant le site, les manifestants ont entassé de la terre et des pneus, tandis que des tracteurs déversaient du sable sur un rond-point, a constaté un photographe de l’Agence France-Presse. L’accès à l’autoroute A10 était aussi bloqué.

« Besoin de monde, tracteurs, bennes pleines !! On est tous concernés, ON NE CRÈVERA PAS EN SILENCE », a écrit la CR 33 sur son compte Facebook, postant plusieurs photos de l’action en cours à Bassens.

10:18

 📷 Dans Paris, avec des agriculteurs de la Coordination rurale

Devant la tour Eiffel, le 8 janvier 2026.
Devant la tour Eiffel, le 8 janvier 2026.
Au niveau de la porte d’Auteuil, à Paris, le 8 janvier 2026.
Au niveau de la porte d’Auteuil, à Paris, le 8 janvier 2026.
Au niveau de la porte d’Auteuil, à Paris, le 8 janvier 2026.
Au niveau de la porte d’Auteuil, à Paris, le 8 janvier 2026.
Au-dessus du périphérique parisien, le 8 janvier 2026.
Au-dessus du périphérique parisien, le 8 janvier 2026.
10:13

Philippe Tabarin, secrétaire général adjoint de la Coordination rurale : « Nous voulons être reçus par la présidente de l’Assemblée nationale et le président du Sénat »

« Moi, je suis monté à Paris en voiture depuis la Vienne. J’ai rejoint le rassemblement sous la tour Eiffel. Environ cinq à sept tracteurs sont montés de mon département et quinze à vingt agriculteurs. Les manifestants viennent de toute la France et même de la Corse avec trois tracteurs », a déclaré Philippe Tabarin, secrétaire général adjoint de la Coordination rurale (CR), au Monde.

« Ils se sont mis en route dès mardi. ll y avait des mots d’ordre de la gendarmerie de freiner les cortèges », a-t-il ajouté, faisant état de « beaucoup d’immobilisations et d’amendes », dont vingt-deux amendes pour le cortège de la Vienne. « L’entrée dans Paris s’est faite sans trop de difficultés. La capitale était déserte », a-t-il précisé.

« Il est très difficile de dire précisément combien d’agriculteurs de la CR sont à Paris pour cette manifestation. Chacun s’est organisé de son côté. Il n’y a pas une grande manifestation. Il y a des points de ralliement vers la tour Eiffel et l’Arc de triomphe. D’autres font des blocages au niveau du périphérique », a-t-il ajouté.

Philippe Tabarin a confirmé qu’un rendez-vous était prévu devant l’Assemblée nationale « en fin de matinée ». « Nous voulons être reçus par la présidente de l’Assemblée nationale et le président du Sénat. Nous attendons des annonces concrètes du gouvernement. Après nous verrons », a-t-il insisté.

Laurence Girard

Yaël Braun-Pivet devant l’Assemblée nationale, à Paris, le 8 janvier 2026. - BENOIT TESSIER/REUTERS

11:36

Yaël Braun-Pivet : « C’est normal que cette colère s’exprime »

« Ils sont en colère, c’est normal que cette colère s’exprime », a déclaré Mme Braun-Pivet une fois rentrée dans l’enceinte du Palais-Bourbon, estimant que sa venue à leur rencontre était « la moindre des choses ». La présidente de l’Assemblée a répété au micro de BFM-TV et de LCI qu’elle prévoyait de recevoir « l’ensemble des organisations syndicales » dans son bureau dans l’après-midi, pour des « échanges apaisés sur le fond ».

Mais elle a insisté sur la nécessité d’aller aussi les voir dans le rassemblement, de ne pas se « dérober » face à une colère « légitime » : « Nous devons être à l’écoute des citoyens, même si c’est tendu, même s’ils n’ont pas envie de parler mais d’exprimer leur colère, je suis là pour l’entendre. »

L’Assemblée nationale « a exprimé à plusieurs reprises son refus du Mercosur », a-t-elle rappelé. « Il faut continuer à mener le combat jusqu’au bout, c’est ce que nous allons faire. »

11:10 Sur le terrain

La présidente de l’Assemblée nationale, huée par les agriculteurs, annonce une rencontre à 14 heures avec les représentants syndicaux

Yaël Braun-Pivet, la présidente de l’Assemblée nationale, est sortie du Palais-Bourbon pour aller à la rencontre des agriculteurs de la Coordination rurale (CR) rassemblés devant l’institution. Un accueil hostile lui a été réservé, avec huées et sifflets. La présidente de l’Assemblée a aussi reçu un projectile.

« Vous savez que l’agriculture me préoccupe beaucoup », a-t-elle déclaré, avant d’annoncer qu’elle rencontrerait les représentants syndicaux à 14 heures. Elle a ensuite été exfiltrée après un mouvement de foule.

Les agriculteurs, dénonçant une « provocation », ont scandé « Démission ! Démission ! » à l’unisson. Florian Philippot, président du parti Les Patriotes, était à leurs côtés. Ils ont entonné La Marseillaise avant d’appeler à un Frexit.

La foule est de plus en plus compacte devant l’Assemblée, où se mêlent de nombreux policiers et des agriculteurs de la CR, reconnaissables à leurs bonnets jaunes. « On est chez nous », entend-on scander, alors qu’un panneau « Corrèze » a été disposé devant une statue. Derrière, une autre banderole est tendue sur un tracteur : « On ne crèvera pas en silence ».

Yaël Braun-Pivet devant l’Assemblée nationale, à Paris, le 8 janvier 2026.
Yaël Braun-Pivet devant l’Assemblée nationale, à Paris, le 8 janvier 2026.

Sacha Leclère

11:07 Sur le terrain

Devant l’Assemblée, un éleveur bovin exprime son inquiétude concernant la dermatose nodulaire : « Ça n’a aucun sens d’abattre tout le troupeau »

Devant l’Assemblée nationale, Mathieu Grandet, 23 ans, éleveur bovin dans l’Allier, attend de rencontrer les députés avec ses collègues de la Coordination rurale. « Inquiet » de la situation liée à la dermatose nodulaire bovine, il refuse la systématisation de l’abattage des troupeaux lorsqu’un cas est détecté : « Ça n’a aucun sens d’abattre tout le troupeau. Je suis d’accord pour euthanasier la vache malade et mettre en quarantaine les cas contacts, mais le troupeau entier, ça n’a pas de sens. » Il refuse également la systématisation de la vaccination, car « on n’a pas encore de recul ».

Sacha Leclère

16:00 Pour approfondir

  • La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, prise à partie par les agriculteurs rassemblés à Paris aux abords du Palais Bourbon, reçoit jeudi dans l’après-midi les syndicats agricoles qui manifestent leur colère. Le président du Sénat, Gérard Larcher, a également reçu ces deux syndicats à leur demande à la mi-journée.
  • « Les agriculteurs ne croient plus dans la parole publique, ils veulent voir des résultats tangibles et concrets », a déclaré le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau, à l’issue de cette rencontre, appelant à des « annonces rapides » de la part du gouvernement pour offrir plus de « vision » à long terme aux agriculteurs.
  • Le ministère de l’intérieur, qui doit s’exprimer au sujet de cette mobilisation lors d’une conférence de presse prévue à 18 heures, a fait état, selon son dernier décompte, de la présence de 109 tracteurs en région parisienne, dont 46 à Paris et 63 bloqués en périphérie, et quelque 670 manifestants.
  • Des agriculteurs ont levé jeudi à la mi-journée le blocage des accès à la ville de Rodez, organisé dans la matinée en réaction au placement en garde à vue du président de la Coordination rurale d’Occitanie (CR), sorti selon eux de garde à vue.
  • Sur l’accord entre l’Union européenne et le Mercosur, « il faut que le vote français soit non, bien sûr », a déclaré le ministre des relations avec le Parlement, Laurent Panifous, jeudi matin, estimant que « les conditions n’y sont pas » avant le vote prévu vendredi à la Commission européenne.
15:35

Arnaud Rousseau, président de la FNSEA : « Les agriculteurs ne croient plus dans la parole publique, ils veulent voir des résultats tangibles et concrets »

« Les conditions n’étaient plus tenables depuis déjà des semaines », a déclaré le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau, à l’issue de sa rencontre avec Gérard Larcher, le président du Sénat, puis avec Yaël Braun-Pivet, la présidente de l’Assemblée nationale. « Nous avons besoin d’annonces rapides », a-t-il ajouté.

« Les agriculteurs ne croient plus dans la parole publique, ils veulent voir des résultats tangibles et concrets », a-t-il insisté, disant avoir discuté avec Mme Braun-Pivet de son ambition de faire discuter un texte par les Parlementaires sur des « mesures très attendues », notamment sur la prédation, la question de l’eau, la transformation. Interrogé sur le calendrier potentiel d’une telle loi agricole, M. Rousseau a déclaré n’avoir pas reçu de réponse claire. « On ne peut pas attendre », a-t-il toutefois martelé, appelant à trouver un créneau « d’ici mars-avril ».

Le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau, devant l’Assemblée nationale le 8 janvier 2026.
Le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau, devant l’Assemblée nationale le 8 janvier 2026.

La colère qui s’exprime dans les blocages, à Paris mais aussi dans 40 départements à travers la France, « est parfaitement légitime et nécessite que les gens qui exercent le pouvoir apportent des réponses », a-t-il ajouté. M. Rousseau a dénoncé le manque de « vision » des agriculteurs, tant au niveau économique que sur les normes européennes en attendant le vote sur l’accord avec le Mercosur.

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