LA PART DU DELIRE TRUMPISTE N’EST PAS A SOUS-ESTIMER: ELLE AUGMENTE LE DANGER

Les journaux sérieux sont pleins d’analyses sur le retour du mercantilisme. Martin Wolff, dans le Financial Times par exemple, décrit les politiques economiques des USA et de la Chine comme « neomercantilistes ».
Je ne suis pas économiste, mais une chose me semble claire: ce débat sur les politiques économiques ne repose pas uniquement sur des arguments « raisonnables » (je mets des guillemets car le mercantilisme s’inscrit évidemment dans le cadre du capitalisme, qui est une folie en soi).
En tout cas chez Trump, la « raison économique » se combine de plus en plus clairement avec une composante psychologique qu’on pourrait qualifier de « démence » ( guillemets, car je ne suis pas non plus psychiatre).
Exemple: ce SMS de Trump au premier ministre norvégien, qui lui demandait une entrevue afin de réduire les tensions sur le Groenland, après que Trump ait annoncé qu’il punirait à coups de tarifs douaniers les pays européens qui ont envoyé quelques dizaines de soldats au Groenland.
CITATION:
« Etant donné que votre pays a décidé de ne pas m’attribuer le prix Nobel de la paix pour avoir mis fin à PLUS de 8 guerres (*), je ne me sens plus obligé de penser uniquement à la paix (…) je peux désormais réfléchir à ce qui est bon et juste pour les Etats-Unis ».
Le crétinisme de ce message me conforte dans l’hypothèse que Trump ajoute un grain de folie personnelle à la folie du système. Or, cette fois, le grain pourrait être trop gros pour passer facilement.
Arguer de la nécessité de contrer la Russie dans l’Arctique pour exiger le Groenland, tout en prêtant la main à Poutine en Ukraine, brutaliser les « alliés  » au point de risquer de casser l’OTAN; et menacer de ne plus du tout « aider » l’Ukraine si les Européens ne cèdent pas sur le Groenland…: il faut qu’on m’explique en quoi ce bric-a-brac correspond aux intérêts « neomercantilistes » de l’imperialisme US. Aux intérêts de l’imperialisme russe, je comprends, mais aux intérêts des USA, non…
Plusieurs caciques du parti republicain ont réagi vigoureusement, 5 sénateurs ont voté avec les democrates une limitation des pouvoirs militaires du président, des représentants politiques du capitalisme européen au plus haut niveau, meme en Allemagne, ont dénoncé un chantage digne de la mafia, meme les Britanniques ont réagi fermement et l’UE menace de riposter par des freins à l’importation de marchandises US (A hauteur de 93 milliards d’euros)…
L’enquête lancée contre Powell, le président de la FED, nommé par Trump et que Trump couvre d’insultes, par le ministère de la justice à la solde de Trump, s’ajoute à tout cela et exacerbe les tensions. Idem avec le Board for Peace, prévu initialement pour Gaza, que Trump dirige avec sa famille et ses potes et qu’il semble vouloir étendre à d’autres « conflits », pour contourner l’ONU…
Quand Trump arme le genocidaire Netanyahou, quand il fait enlever Maduro pour mettre la main basse sur le pétrole, quand il envoie ses ICE ratonner à Minneapolis, les Republicains et les Européens restent au garde-à-vous. Quand il dynamite l’indépendance des banques centrales, ambitionne de jouer au Conseil de sécurité a lui tout seul, et menace de faire eclater l’OTAN, les protestations éclatent de toute part, car les intérêts bien compris des capitalistes en général et de l’imperialisme occidental sont en jeu face à un projet trumpien purement kleptocratique.
Impossible de prévoir la fin de cette séquence surréaliste et importantissime. Au cours de l’année écoulée, Trump a gagné le sobriquet de TACO (« Trump Always Chikens Out »: Trump recule toujours), notamment sur les tariffs.
Mais il n’est pas exclu que le bouffon fasciste qui dirige la superpuissance la plus puissante de la planete en ait marre de reculer, justement. Il n’est pas exclu que, dans sa folie mégalomane, et encouragé par le coup de Caracas, le mec tente le tout pour le tout: passer en force. Par exemple en decretant la loi martiale, qui lui permettrait d’eviter la défaite probable aux midterms. La, ce serait vraiment le basculement dans le neofascisme.
(*) Notamment entre » l’Aberbaijan et l’Albanie », comme Trump l’a dit en conf de presse a Londres, il y a qq mois

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