Le militantisme d’opérette,
Qui n’a jamais été confronté à une remontrance de certains militants, dont le souci premier est de nous permettre d’emprunter la voie Véritable à suivre, de nous remettre dans le droit chemin, car en eux coule une sagesse divine, eux seuls savent pertinemment quelle doit être la conduite honorable à adopter pour le salut de nos âmes souillées d’impies… ?
Que vaut donc le sermon de tels apôtres auto-proclamés, diligentés par quelques courants de pensées emprunts le plus souvent d’un Postmodernisme (imbécile), s’imaginant non sans raison qu’ils auraient une mission d’évangélisation en ce bas monde ?
Dans cette petite note, nous allons tenter de décrypter la psychologie de ces Tartuffes de la révolution, dont le masque (terme qu’ils aiment tant employer) avec lequel ils se présentent à nous n’est qu’un vil apparat qui ne sert non plus de légitimation d’un combat au service d’une noble cause, mais plutôt d’un simple cache-misère tout juste suffisant pour dissimuler la boursouflure égotique des imbéciles bien heureux.
La question centrale reste donc de savoir « Qu’est-ce qui anime tant un tel militant à s’exciter de la sorte, dont la rengaine favorite est de disqualifier tout ce qu’il lui déplaît en le taxant de fasciste, d’extrême-droite, s’imaginant par la même occasion de s’être absous de tout jugement criminalisant, d’être du côté du Bien, d’être du côté des Justes ? »
Bons nombres d’auteurs ont par le passé bien essayé de comprendre, d’analyser et de prévenir un tel méfait, allant même le qualifier de « Maladie infantile du communisme : le gauchisme » (cf. Lénine, 1920). Cette maladie dont Lénine parle, n’est rien d’autre qu’une esthétique, un souci invraisemblable, puéril, qui consiste à la sauvegarde de la pureté, de la virginité de certains principes érigés en dogmes. Ces fanatiques de la pureté n’ont ni plus, ni moins qu’une vision hygiéniste du militantisme, excluant ou s’excluant systématiquement de tous ceux qui ne partageraient pas la même vision dogmatique que la leur.
« La morale de Kant a les mains pures, mais elle n’a pas de mains » disait C. Péguy. « Elle n’a pas de mains » sous-entendu, qu’elle n’est pas en contact avec la réalité, qu’elle n’a pas de prise sur la réalité et, ne pas avoir de prise sur la réalité quand on a des prétentions révolutionnaires, ce n’est tout simplement pas possible, c’est juste antinomique. Le but réel de l’adoption d’une telle posture de chasteté frénétique n’est donc pas de faire la révolution mais plutôt de jouir d’une certaine satisfaction personnelle d’être « pur ». Comment peut-on à la fois vouloir transformer la société et s’interdire de la transformer au motif qu’elle est infréquentable ? Ça ne tient pas debout, c’est juste une position idéaliste, ce qu’on appelle une posture, une esthétique révolutionnaire en lieu et place d’une pratique révolutionnaire. En somme, le gauchisme est donc un idéalisme communiste, l’idéalisme est incompatible avec la politique, il est incompatible avec le communisme. Conclusion : les gauchistes sont les ennemis de la révolution.
Citations de Lénine sur les mouvements de masse où l’on retrouve toujours de drôles de gens qui perturbent les révolutionnaires de salon. (Citations que l’on retrouvera sur le lien suivant: https://lesgiletsjaunesdeforcalquier.fr/2023/05/cafe-des-libertes-apres-le-poison-le-venin-de-la-divisiones-la-reponse/)
« …La révolution russe de 1905 a été une révolution démocratique bourgeoise. Elle a consisté en une série de batailles livrées par toutes les classes, groupes et éléments mécontents de la population. Parmi eux, il y avait des masses aux préjugés les plus barbares, luttant pour les objectifs les plus vagues et les plus fantastiques, il y avait des groupuscules qui recevaient de l’argent japonais, il y avait des spéculateurs et des aventuriers, etc. Objectivement, le mouvement des masses ébranlait le tsarisme et frayait la voie à la démocratie, et c’est pourquoi les ouvriers conscients étaient à sa tête…»
Et encore :
« La révolution socialiste en Europe ne peut pas être autre chose que l’explosion de la lutte de masse des opprimés et mécontents de toute espèce. Des éléments de la petite bourgeoisie et des ouvriers arriérés y participeront inévitablement – sans cette participation, la lutte de masse n’est pas possible, aucune révolution n’est possible – et, tout aussi inévitablement, ils apporteront au mouvement leurs préjugés, leurs fantaisies réactionnaires, leurs faiblesses et leurs erreurs. Mais, objectivement, ils s’attaqueront au capital, et l’avant-garde consciente de la révolution, le prolétariat avancé, qui exprimera cette vérité objective d’une lutte de masse disparate, discordante, bigarrée, à première vue sans unité, pourra l’unir et l’orienter, conquérir le pouvoir, s’emparer des banques, exproprier les trusts haïs de tous (bien que pour des raisons différentes !) et réaliser d’autres mesures dictatoriales dont l’ensemble aura pour résultat le renversement de la bourgeoisie et la victoire du socialisme, laquelle ne « s’épurera » pas d’emblée, tant s’en faut, des scories petites-bourgeoises. »
Il va sans dire que cette ritournelle antifasciste que l’on retrouve chez nos Don Quichotte si bien éclairés, qui est sans cesse répétée en boucle, qui est quasiment récitée mot pour mot par une minorité, par une frange dans le milieu militant, est la preuve que l’on ne pense pas totalement par soi-même. Ce mimétisme des éléments de langage n’est rien d’autre que l’expression, que l’écho, que la caisse de résonance de tout un groupe en particulier. On peut très bien adhérer à un discours que l’on va répéter avec les autres, mais il n’empêche que ce discours entame tout un processus de formatage intellectuel puisqu’on s’y affilie, puisqu’on s’y identifie. Ne nous trompons pas sur la visée d’une telle offuscation de circonstance, l’actualité regorge pourtant au quotidien d’une multitude de faits d’une gravité alarmante qui n’attise visiblement pas tout autant leur diligente indignation. Leur visée véritable est la reconnaissance de leur groupe, c’est une bataille menée avec hardiesse pour l’hégémonie, pour le pouvoir, le reste n’est que prétexte. Comme disait E. Ionesco dans son livre « Rhinocéros », l’idéologie est un alibi, le but c’est le pouvoir… rien que le pouvoir. Selon E. Ionesco, toutes les idéologies sont le masque d’une pulsion de domination.
« Les révolutionnaires d’aujourd’hui, les meneurs, les agitateurs, la ‘’libido dominandi’’ d’aujourd’hui n’est différente que par la doctrine, celle-ci n’étant que le masque, la mystification de la même ‘’libido-dominandi’’ fondamentale. »
[…]
« Rhinocéros est sans doute une pièceantinazie, mais elle est aussi surtout une pièce contre les hystéries collectives et les épidémies qui secachent sous le couvert de la raison et des idées, mais qui n’en sont pas moins de graves maladies collectives dont les idéologies ne sont que les alibis. J’aipensé avoir tout simplement à montrer l’inanité de ces terribles systèmes, ce à quoi ils mènent, comme ils enflamment les gens, les abrutissent puis les réduisent en esclavage. »
Quelle est la motivation affichée de nos valeureux militants idéologiques ? C’est de faire advenir un monde meilleur, un monde plus juste, un monde plus heureux… ça ce sont les motivations avouées. Maintenant qu’en est-il des motivations inavouée ? La réponse de Ionesco, c’est que la motivation inavouée des militants idéologiques, c’est un rêve de maîtrise, c’est un rêve de fabrication d’un monde dans lequel tout est sous contrôle, un monde ordonné, un monde rationalisé, sans contradiction,… un monde idéal car un monde relevant de l’idéologie. Ce qui est donc à l’origine de l’engagement idéologique, c’est un désir démiurgique qui façonnerait la matière, qui ordonnerait le monde, c’est ça dont rêvent les militants idéologiques : refaçonner le monde, reconfigurer le monde, le reprogrammer; passer par dessus la volonté des peuples pour imposer le bonheur aux peuples, passer par dessus la volonté des peuples pour imposer le « salut » aux peuples…le paternalisme, l’infantilisation, l’orgueil de ceux qui pensent que l’humanité a besoin d’eux, même si l’humanité n’a pas conscience qu’elle a besoin d’eux, voilà ce qui caractérise toute idéologie. C’est bien le symptôme d’un désir de toute puissance !
« Je ne dis rien de nouveau si je déclare que je crains ceux qui désirent ardemment le salut ou le bonheur de l’humanité. Quand je vois un bon apôtre, je m’enfuis comme lorsque je vois un dément criminel armé d’un poignard. Je crois que c’est là une tromperie nouvelle, une nouvelle justification idéologique de la même permanente impulsion assassine. »
Oui certes, le pouvoir pour changer les choses, le pouvoir pour améliorer la société, le pouvoir pour supprimer les injustices,… on a tous de bonnes raisons de défendre notre manière de voir le monde, c’est toujours au nom du « Bien » qu’on veut changer le monde, c’est toujours au nom de la vérité, de la justice que l’on s’immisce dans le militantisme, chacun a les arguments pour défendre sa vision du monde. Sauf qu’en cours de route le pouvoir devient l’objectif : au départ le pouvoir n’était qu’un moyen pour transformer, pour améliorer le monde, il devient au final la finalité – les rôles s’inversent – et les causes qu’on défendait jusqu’alors deviennent le prétexte pour y accéder. Pourquoi une telle démonstration de signalement de vertu de la part de nos égéries de la bienséance, pourquoi tant d’ardeur déployée pour exprimer tout l’altruisme, toute la générosité dont ils font preuve ? C’est parce qu’ils espèrent tout simplement être bien vus, parce qu’ils espèrent être bien jugés. C‘est un très bon moyen pour valoriser leurs égos, pour valoriser leurs images. Quand tu es dans le signalement de vertu, dans la vertu ostentatoire, quand tu es dans l’appel à l’indignation, dans ce que l’on pourrait qualifier au fond de « militantisme incantatoire », un militantisme qui s’érige en donneur de leçon, qui s’évertue à dire ce qu’il ne va pas et ce qu’il faudrait faire, ce n’est ni plus ni moins que l’expression sournoise d’un égo qui ne dit pas son nom. Il est donc évident que les plus fanatiquement militants, que les plus hystériquement engagés sont ceux qui ont le plus grand désir de pureté. Ce désir de pureté qu’ils veulent plaquer sur le monde et qui constitue le véritable critère, est le véritable signe de reconnaissance de la mentalité totalitaire. L’idéologie n’est – in fine – rien d’autre que le masque du désir totalitaire de pureté.
De quoi le militantisme idéologique tapageur est-il l’instrument ?
Il n’aura échappé à personne que nos comparses anti-fascistes en peau de lapin ont également l’outrecuidance de mener d’autres combats « en vogue » qui sont venus au grand jour depuis les années soixante-dix / quatre-vingt – peu de temps après que la lutte de classes ait été mise sous le tapis – grâce à l’impulsion d’intellectuels tels que M. Foucault, J-F. Lyotard, G. Deleuze, J. Derrida…. Leurs travaux et leurs discours ont donné lieu à ce que l’on appelait alors la « French Theory » qui a constitué le socle de base d’un courant de pensée appelé le « Postmodernisme » et qui a inspiré bons nombres d’universitaires bourgeois majoritairement américains tels que F. Fanon, E. Saïd, J. Butler, G. Rubin , E. Kosofsky Sedgwick, bell hooks, A. Harris, K. Crenshaw, A-M. Hancock, D. Goodley, F. Campbell, R. DiAngelo… – pour ne citer qu’eux. Cela a donné naissance aux différents courants tels que la Théorie Postcoloniale, la Théorie Queer, la Théorie critique de la race, l’Intersectionnalité, la Théorie du genre, les Etudes critiques sur le handicap et la corpulence,… !
Le Postmodernisme tel que M. Foucault l’a théorisé, se focalise sur le « pouvoir ». Selon lui, le pouvoir n’est pas exercé de manière visible et directe d’en haut comme dans la structure marxiste, mais il imprègne tous les niveaux de la société et se trouve renforcé par tout un chacun au travers d’interactions routinières, d’attentes et de conditionnements sociaux et de discours culturellement porteurs d’une certaine vision du monde. Cette conception de la société humaine comme « réseau » de pouvoir est au cœur de la vision postmoderne du monde – que l’on appelle aussi le « wokisme » – elle entend expliquer la cause de toutes les injustices et les discriminations dont seraient victimes les différentes minorités. Par un ruissellement contaminateur, les revendications victimaires et la dérive dénonciatrice sont devenues de véritables principes directeurs pour cette pensée militante. Par une naïveté naturelle, chaque génération considère qu’elle est plus « avancée » que la précédente, à deux doigts de l’ultime réforme qui mettra un point final de l’Histoire en la résolvant dans l’avènement de la « Justice Sociale » sur terre. Cette téléologie progressiste, proche d’une forme de millénarisme laïque, relève en fait de ce que P-A. Taguieff a appelé le « bougisme », tentation permanente d’adopter tout ce qui advient de peur de manquer le train du progrès. Il est encore plus important de noter que les idées wokes se sont d’abord développées dans les universités et des instituts de renom comme le Collège de France, rien moins que ça…! Pour combattre le système, rien de mieux que d’y siéger confortablement, non ? C’est la première fois dans l’Histoire que nos universités, censées être scientifiques et laïques, donnent naissance à un tel mouvement que l’on pourrait qualifier de religieux. Tous les symptômes manifestes d’une religiosité sont réunis chez nos inquisiteurs des temps modernes (absence de doute – fermeture aux idées différentes – sentiment de supériorité). Si l’Eglise avait encore son aura d’antan comme sous l’Ancien Régime, notre militant n’en serait pas moins que son dé-veau serviteur, il utilise ce qui lui sert d’éponge entre ses deux oreilles, il agit à l’identique vis à vis des idées, des doctrines émises par cette caste bourgeoise universitaire. Il est vrai que le Capital est tellement con qu’il a pour habitude de choyer ses pires ennemis ! « Gare donc aux impies et aux blasphémateurs » nos prédicateurs aux mille vertus veillent au grain, illustrant par la même occasion le titre évocateur de l’ouvrage de M. Foucault « Surveiller et punir ». Rajoutant à ceci que certains d’entre eux sont de collusion directe avec l’Etat puisqu’ils sont ce que l’on appelle communément des indics – RT ou anciennement RG – ou s’adonnent à un certain prosélytisme auprès des lycéens à la sortie d’établissements scolaires – pas trop populaires tout de même (faut pas déconner !), car les idées éthérées qu’ils drainent seraient sans doute trop bien appréciées ! Le principe de tout prosélytisme c’est la propagation, c’est la multiplication, c’est amener un maximum de gens à adhérer à sa cause. La jeunesse, tellement malléable, tellement influençable par les émotions surtout lorsqu’on lui parle d’injustice, n’est-elle pas la meilleure cible pour ces exhibitionnistes cajoleurs ?
Quelle drôle de stratégie que d’afficher une volonté de combattre un système, de crier tous en chœur dans les manifestations “Ah – Anti – Anticapitaliste” lorsqu’on lui sert de paillasson…! On en revient encore à ce fameux « masque » évoqué précédemment, à cette mystification, à ce que G. Debord appelait « La société du spectacle » où les inversions sont de mise dans nos propres perceptions. On rejoint ainsi l’analyse faite par E. Ionesco sur les idéologies, sur ces hystéries collectives, et notamment sur la psychologie pathologique de cette flicaille tapageuse de fortune !

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