Nuit de tension à Caracas…confusion, simulacre qui tourne mal ?
Comme le rapporte le site catalan, en version espagnole, dont je donne le lien, le soir où Delcy Rodríguez prêtait serment dans sa prise de fonction de présidente par intérim du pays, se sont produites de curieuses scènes, près du Palais présidentiel de Miraflores, situé dans le centre de Caracas. Des scènes de tirs de la police contre des drones un temps non identifiés et semant la panique parmi les civils présents. Le tout étant abondamment filmé par une partie d’entre eux (voir les vidéos). Après bouclage policier des lieux et la montée de la tension dans les zones concernées de la capitale, le gouvernement s’est fendu d’une explication révélatrice d’une confusion qui se serait produite parmi les forces de sécurité, les autorités ayant décidé de déployer des drones de défense sans en avertir la police. Le communiqué officiel démentait ainsi qu’il y ait eu des affrontements, encore moins une tentative de coup d’Etat comme le bruit en courut.
Tout ceci, dont les zones d’ombre peuvent laisser sceptique sur la réalité de ce qui s’est passé, pourrait cependant se comprendre dans la continuité de ce qu’a démontré la réussite sans coup férir de l’opération étatsunienne de capture de Nicolás Maduro; à savoir la nulle capacité de défense militaire qu’elle a rencontrée. On pourrait, par là, se demander si la capitale n’a pas connu une mise en scène de compensation destinée à montrer à la population que l’autodéfense armée du pays était bien opérationnelle. Sauf qu’elle l’était dérisoirement à contretemps, ce qui avait peu de chance d’échapper à quiconque, et que, par ailleurs, elle était si mal ficelée qu’elle aura confirmé ce qu’elle prétendait démentir : la défense militaire du pays a été, le jour J, hors jeu du défi qui lui était théoriquement lancé et, à J+ 1, incapable de monter un simulacre d’opérativité pour rassurer une population sous le choc (et pour éviter un coup d’Etat de qui ?). Le tout trouvant son dénouement dans le piteux communiqué officiel faisant l’aveu d’absence de synchronisation et de communication régnant entre les forces supposées redorer l’image de la défense vénézuélienne.
Ce dysfonctionnement à deux temps de cette défense pourrait, en réalité, hypothèse à confirmer, être un plein « fonctionnement » d’autre chose, comme c’est évoqué implicitement dans mon dernier post : à savoir que la réussite de l’opération militaire trumpienne aurait reposé elle-même sur une grande mise en scène, celle d’un coup de force spectaculaire tenant au génie militaire étasunien, comme s’en est vanté, égal à lui-même, l’égolâtre Donald Trump, alors que, de force en face il n’y eut pas. Et il n’y eut pas par le très plausible accord de collaboration entre une partie du madurisme et Trump, pour obtenir que, l’armée restant l’arme au pied (fait avéré), tout change (la chute de Maduro) sans/pour que rien ne change (le maintien du madurisme, comme dictature antipopulaire, tant pis pour la très droitière María Corina Machado) avec, tout de même le changement majeur de la mise en place d’un deal de collaboration maduriste avec l’impérialisme américain.
Hypothèse, hypothèse, mais, répétons-le, plausible, de par ce que nous savons qu’est devenu le bolivarisme, un système de domination antipopulaire, par là-même prêt à se perpétuer au pouvoir à n’importe quel prix (tchao Maduro !), y compris, avec l’ennemi déclaré absolu d’hier et avec l’impératif de faire avaler la pilule à son peuple en usant, s’il le faut, quand cela deviendrait incontournable, de ce qui a déjà servi, la répression …bolivarienne !
Evidemment il est inévitable que l’énoncé de telles hypothèses sur l’émergence une stratégie de survie parmi le pouvoir maduriste face à la puissance étasunienne fasse grincer des dents, voire scandalise, dans la gauche abonnée à dénier que la révolution bolivarienne, comme l’histoire le montre d’autres révolutions, ne soit plus que le spectre grimaçant d’elle-même. Mais le cours des choses sait être cruel quand la raison internationaliste n’est plus la boussole de l’action à gauche.
Celles et ceux qui croient voir dans la Russie de Poutine quelque chose de l’élan révolutionnaire de 1917, malgré ce qu’en fit le mythifié Petit Père des peuples et le retournement radicalement capitaliste (et mafieux) de ses héritiers, Poutine en tête, n’ont pas fini de faire la démonstration, coup de Caracas opéré par le poutiniste (à quelques détails près) Trump à l’appui aujourd’hui, de la déchéance analytique, politique, indigne, dans laquelle ils et elles pataugent et dont leurs suivistes devraient se dégager sans attendre. L’internationalisme reste toujours accueillant si la sincérité de la révolution de soi est de mise ! Car être internationaliste c’est dénoncer le coup de force trumpien au Venezuela et l’acquiescement suicidaire, plus ou moins en sourdine, qu’il suscite de la part de gouvernements européens, et soutenir le peuple vénézuélien pour qu’il parvienne à se dégager des impasses du madurisme et de son appétence à s’accrocher au pouvoir par tous les moyens, quitte à faire le ménage en interne, en s’alliant, à vérifier, avec le diable hier honni…
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