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Le nouveau président américain a déjà été impliqué dans d’innombrables polémiques et affaires judiciaires. Découvrez notre liste, non exhaustive.
Donald Trump est le premier président élu des États-Unis à avoir été condamné au pénal. Il y a quelques jours, un tribunal a confirmé sa condamnation dans l’affaire des paiements cachés à une star de films X tout en le dispensant officiellement de peine.
Une fois de plus, Donald Trump s’en est bien tiré. Les innombrables scandales du nouveau locataire de la Maison-Blanche ont de quoi donner le tournis. Rien qu’entre 1973 et 2016, date du début de son premier mandat, le président américain et ses entreprises ont été impliqués dans plus de 4000 litiges devant les tribunaux. Il serait tout simplement impossible d’en dresser une liste exhaustive. Voici donc une sélection:
Discrimination envers les locataires noirs
On peut retracer les innombrables contentieux de Donald Trump jusqu’aux années 70. À cette époque, il a repris l’entreprise immobilière de sa famille. Les premiers litiges concernent, entre autres, des questions fiscales. Mais c’est un cas bien précis qui fait sensation en 1973. Donald Trump (avec son père Fred) est poursuivi par le Ministère américain de la justice pour discrimination envers les locataires noirs. Ces derniers se voient systématiquement refuser leurs candidatures pour des logements dont il est propriétaire.
Donald Trump contre-attaque et décide de poursuivre en justice le gouvernement pour 100 millions de dollars. Un moyen qu’il a utilisé à plusieurs reprises par la suite. Sa plainte a certes été rejetée, mais l’affaire du Ministère de la justice a tout de même été classée. Donald Trump n’a pas plaidé coupable et a simplement signé un document, dans lequel il s’engage à changer ses pratiques de location.
Affaire classée
Premières accusations de femmes
Il existe de nombreuses affaires dans lesquelles Donald Trump a été accusé de violences sexuelles. Les premières ont été rendues publiques dans les années 80. À la fin des années 2000, 25 femmes ont signalé des agressions de la part de Donald Trump. Les accusations vont des attouchements aux viols.
Parmi les personnes concernées figure la première épouse de Donald Trump, Ivana, qui s’est séparée de lui en 1990. Dans sa déclaration de divorce sous serment, elle avait affirmé à l’époque que son mari l’avait violée l’année précédente dans un accès de colère. En 1993, sous la pression des avocats de Donald Trump, elle avait cependant ajouté qu’elle ne souhaitait pas que sa déclaration soit interprétée «littéralement ou pénalement». Divers observateurs pensent qu’Ivana voulait ainsi sécuriser l’accord de divorce, qui prévoyait 14 millions de dollars en espèces.
Pas de conséquences
Dans presque tous les cas, les accusations n’ont eu aucune suite. Les raisons sont nombreuses: dans certains cas, les personnes étaient intimidées. Dans d’autres, il n’a pas été possible de fournir des preuves tangibles. Parfois, les faits étaient déjà prescrits ou la plainte trop coûteuse. Le taux de condamnation de Donald Trump est infime par rapport au nombre d’accusations. Seule l’auteure E. Jean Carroll parvient à gagner son procès contre Trump en 2023. Nous y reviendrons ultérieurement.
Donald Trump et la mafia
À partir des années 90, les procédures judiciaires se sont multipliées, principalement concernant ses casinos. Nombre de ces affaires se sont réglées par l’acquittement d’une amende. Exemple en 1991, lorsque le Trump Plaza a dû payer 200’000 dollars pour avoir écarté des tables de jeu les employés de couleur tout comme les employées féminines à la demande de Robert LiButti. Robert LiButti est ce qu’on appelle un «high roller», soit une personne qui joue beaucoup d’argent. C’est également une connaissance de John Gotti, célèbre parrain de la famille mafieuse Gambino.
L’Autorité de surveillance compétente a découvert que le casino a également versé des indemnités à Robert LiButti, dont des centaines de milliers de dollars pour des vacances, des entrées à des événements sportifs ainsi que des bijoux. Le Trump Plaza a été condamné à une amende de 450’000 dollars pour lui avoir fait don de plusieurs voitures de luxe d’une valeur totale de 1,6 million de francs.
Amendes de 650’000 $
À l’époque, Donald Trump a nié connaître Robert LiButti. «C’est un menteur», a pourtant déclaré sa fille des années plus tard. Selon elle, son père et Trump se connaissaient très bien. Ce dernier aurait même été invité à sa fête d’anniversaire. Dans une vidéo enregistrée par la police, Robert LiButti a par ailleurs raconté comment Donald Trump lui a un jour remis personnellement un chèque de 350’000 dollars.
Ce n’est pas la seule fois que les affaires de Trump ont révélé une connexion avec la mafia. Dans les années 80, le nabab de l’immobilier a déjà eu affaire à plusieurs reprises à des membres du crime organisé qui contrôlaient alors le secteur de la construction à New York. Il a par exemple fait appel à l’entreprise de béton S&A, qui appartenait officieusement aux chefs de la mafia Anthony «Fat Tony» Salerno et Paul Castellano. En 2014, Donald Trump a admis qu’il n’avait «pas eu d’autre choix» que de travailler avec «des types liés à la mafia».
À l’époque, c’était «effectivement difficile à éviter», a confirmé de son côté le journaliste d’investigation Wayne Barrett à CNN, en 2015. Donald Trump aurait toutefois personnellement cherché à établir des liens avec les milieux mafieux. Les relations qu’il entretenait avec le crime organisé seraient extrêmement étendues, avait précisé le journaliste américain. «Aucun autre candidat à la Maison-Blanche n’a eux autant de contacts sociaux et commerciaux répétés avec des gangsters, des escrocs et autres voyous que Trump», a également affirmé le journaliste d’investigation David Cay Johnston, en 2016, dans un édito pour «Politico».
«Il m’a enfoncé sa langue dans la gorge»
Cette affaire n’a jamais été jugée. Elle illustre parfaitement les nombreuses accusations d’agressions sexuelles dont fait l’objet Donald Trump. Comme beaucoup d’autres victimes présumées, Natasha Stoynoff n’a pas pu fournir de preuves d’une agression qui aurait eu lieu en 2005. À l’époque, la journaliste de «People Magazine» avait rendu visite à Donald Trump pour une interview dans sa propriété de Mar-a-Lago en Floride.
«Nous sommes entrés seuls dans une pièce et Trump a fermé la porte derrière nous. Je me suis retournée et en quelques secondes, il m’a plaquée contre le mur et m’a enfoncé sa langue dans la gorge.» À l’époque des faits, Natasha Stoynoff avait parlé de l’incident présumé à plusieurs personnes, sans pour autant porter plainte. D’une part, parce qu’il n’y avait pas de témoins oculaires, et d’autre part, parce qu’elle ne pouvait pas prouver l’acte. Donald Trump, lui, a toujours catégoriquement nié ces accusations.
Pas de conséquences
Trump et Epstein accusés de viol
Une accusation particulièrement grave remonte à 2016. Une femme, uniquement connue sous le pseudonyme de Katie Johnson, accuse Donald Trump et Jeffrey Epstein de l’avoir violée lors d’une fête en 1994, alors qu’elle n’avait que 13 ans. Dans une déclaration officielle, elle écrit: «Immédiatement après, Trump a menacé que ma famille et moi serions physiquement blessés ou même tués si jamais je révélais des détails sur cet abus.» Katie Johnson a finalement retiré sa plainte car, selon ses propres dires, elle craignait pour sa sécurité.
Plainte retirée
Des années plus tard, en octobre 2024, l’ancienne mannequin Stacey Williams a affirmé que Donald Trump l’avait harcelée sexuellement en 1993, en présence de Jeffrey Epstein. Une fois de plus, Donald Trump a réfuté les allégations, tout en justifiant une fois de plus son amitié avec Epstein. «Un type génial, on peut s’amuser avec lui», affirmait-il encore en 2002 dans une interview avec le «New York Magazine». En 2019, Jeffrey Epstein a été accusé d’exploitation sexuelle de mineures. Or, il n’a jamais été condamné puisqu’ il est mort en détention provisoire.
«Tu peux leur toucher la chatte»
Peu avant l’élection présidentielle de 2016, la publication d’une vidéo a fait la une des journaux. L’enregistrement en question date de 2005 et montre Trump pendant le tournage d’une série télévisée. Il parle des femmes avec le présentateur Billy Bush (ndlr: le cousin de l’ancien président George W. Bush): «Je n’attends même pas… et quand tu es une star, elles te laissent faire. Tu peux tout faire… leur toucher la chatte. Tu peux tout faire.»
Pour beaucoup, c’était la preuve que Donald Trump encourage les agressions sexuelles, voire qu’il admet lui-même en avoir commis. Après la diffusion de l’enregistrement, le milliardaire a dû se résoudre à présenter ses excuses: «Je l’ai dit, je me suis trompé, et je m’excuse.»
Peu de temps après, il a été élu pour la première fois président des États-Unis face à la candidate démocrate Hillary Clinton.
Grillé, mais pas de conséquences pour lui
L’arnaque de la Trump University
Entre 2005 et 2010, Donald Trump a organisé de coûteux séminaires dans son école de management baptisée «Trump University». Les cours étaient destinés aux personnes souhaitant faire fortune dans l’immobilier. En 2010, les autorités de surveillance new-yorkaises ont qualifié cet enseignement de «tromperie» et de «fraude», en plus de ne disposer d’aucune licence universitaire. Les promesses de réussite étaient loin d’être respectées. Plus de 5000 étudiants et étudiantes se sont fait escroquer de 40 millions de dollars. Une plainte a été déposée.
En 2018, pour échapper au procès, Donald Trump a accepté un accord avec les plaignants, soit le remboursement de 25 millions. Jusqu’à ce jour, l’accusé n’a pas reconnu de faute.
Accord, 25 millions de dommages et intérêts
Abus de pouvoir
Fin 2019, la Chambre des représentants américaine a examiné plusieurs accusations portées contre Donald Trump. Il aurait notamment demandé une ingérence étrangère dans l’élection présidentielle de 2020 en vue de sa réélection. Il aurait ensuite personnellement entravé l’enquête. Donald Trump a par ailleurs été accusé d’avoir fait pression sur le gouvernement ukrainien pour qu’il ouvre une enquête sur son rival politique, Joe Biden, et son fils. Parmi les menaces, celle de retenir l’aide militaire.
Le 18 décembre, la Chambre des représentants a inculpé Donald Trump pour abus de pouvoir et obstruction au Congrès. Mais la procédure était vouée à l’échec dès le début: en février 2020, la majorité républicaine du Sénat a voté l’acquittement.
Acquittement
Prise d’assaut du Capitole
En 2020, deux mois après la défaite de Donald Trump face à Joe Biden, les partisans de Trump ont pris d’assaut le Capitole à Washington. Une action motivée par le discours du président sortant qui accusait publiquement l’élection d’avoir été truquée.
Les violences ont causé la mort de cinq personnes et blessé de nombreuses autres, dont 140 policiers. Il a fallu l’intervention de la Garde nationale pour mettre fin à l’occupation. Son intervention a été autorisée par le vice-président, Mike Pence, car Trump a refusé de le faire.
Une semaine après cet événement, la Chambre des représentants a lancé une procédure d’impeachment pour «incitation à l’insurrection». Donald Trump est ainsi le seul président américain de l’histoire à avoir fait l’objet de deux procédures de destitution. Mais le Sénat, à majorité républicaine, l’a acquitté un mois plus tard.
Acquittement
Fraude fiscale de la Trump Organization
Donald Trump et ses diverses entreprises ont régulièrement été soupçonnés de fraude fiscale. En 2018, un article du «New York Times» a révélé qu’il a indûment touché plus de 400 millions de dollars de l’empire immobilier de son père dans les années 90. En 2020, une autre enquête du journal a révélé que Donald Trump a économisé à peu près la même somme en impôts sur le revenu et qu’il a pratiqué l’évasion fiscale dans une bien plus large mesure que d’autres grosses fortunes américaines.
Au cours de sa carrière, Donald Trump a dû comparaître plusieurs fois devant un tribunal pour des questions fiscales. La plupart du temps, il est parvenu à conclure des accords ou à retarder, voire à empêcher des procédures grâce à des astuces juridiques. En février 2024, il a certes été condamné pour fraude économique, mais il a échappé à une amende de plusieurs millions de dollars parce qu’il est parvenu à conclure un accord et à faire appel. La décision du procès en appel n’a pas encore été rendue.
Parmi ses proches, en revanche, certains s’en sont moins bien sortis d’affaire. Le directeur financier de longue date de Donald Trump, Allen Weisselberg, a été condamné, le 13 janvier 2023, à 15 mois de prison et à payer 2 millions d’arriérés d’impôts et amendes. Selon le tribunal, il s’est rendu coupable de fraude fiscale dans le cadre de ses fonctions pour la Trump Organization, qui a été condamnée à une amende de 1,6 million. Il s’agit de la peine maximale autorisée. Donald Trump reste pour sa part intouchable.
Condamné, amende de 1,6 millions $
Condamnation pour agression sexuelle
L’auteure E. Jean Carroll a poursuivi Donald Trump, en 2022, pour agression et diffamation. L’incident remonte aux années 90. Elle l’accuse de l’avoir harcelée sexuellement et violée. Au moment des accusations, les faits étaient déjà prescrits sur le plan pénal, mais pas sur le plan civil. Le 9 mai 2023, Donald Trump a donc été reconnu coupable d’agression sexuelle et de diffamation, mais pas de viol. E. Jean Carroll a reçu 5 millions de dollars de dommages et intérêts. Donald Trump a fait appel, mais la condamnation a été confirmée par une Cour d’appel de New York.
Comme Donald Trump avait verbalement dénigré la plaignante à plusieurs reprises en public, les avocats de l’auteure ont déposé une nouvelle plainte pour diffamation. Ils ont également obtenu gain de cause pour cela: Donald Trump a été condamné le 26 janvier 2024 à verser 83 millions de dollars de dommages et intérêts supplémentaires. Il a à nouveau fait appel, mais la décision finale n’a pas encore été rendue.
Condamné, 88 millions $ de dommages et intérêts
Fraude électorale en Géorgie
Lors de l’élection présidentielle de 2020, l’État de Géorgie est passé de justesse dans le camp des Démocrates. Selon le Ministère public, le perdant Donald Trump a tenté de créer des listes de candidats falsifiées. Pour ce faire, il a fait appel à Brad Raffensperger, un haut responsable républicain de Géorgie et superviseur des élections. Il lui a demandé de «trouver 11’780 votes» à son nom, histoire de rattraper son retard face à Joe Biden.
En janvier 2021, un enregistrement de la conversation téléphonique d’une heure a été rendu public. C’est la preuve que Donald Trump menace Brad Raffensperger sur le ton d’un chef de la mafia. En août 2023, Donald Trump a été inculpé, mais aucun procès n’est encore prévu à ce jour. Grâce à des astuces juridiques, les avocats de Donald Trump sont parvenus à paralyser en grande partie la procédure.
Affaire bloquée
Possession illégale de documents secrets
Des agents du FBI ont perquisitionné, en 2022, la propriété de Donald Trump, à Mar-a-Lago, en Floride. Il s’agit d’un événement sans précédent dans l’histoire des États-Unis. Les policiers ont trouvé dans des locaux privés des documents secrets datant de son premier mandat et conservés en violation de la loi. En juin 2023, Donald Trump a donc été inculpé et le procès a été fixé au 20 mai 2024.
Mais la juge de Floride, autrefois nommée par Donald Trump, a stoppé la procédure. Le Ministère public américain a d’abord fait appel de cette décision, pour finalement mettre fin à la procédure pénale, après la réélection de Trump en novembre 2024. Comme il s’agit d’une enquête fédérale, le président élu l’aurait probablement arrêtée. Il n’est pas certain que la procédure soit rouverte après son second mandat.
Affaire classée
«Les États-Unis contre Trump»
Les tentatives de Donald Trump pour renverser l’élection perdue de 2020 ont donné lieu à plusieurs procédures au niveau fédéral. En août 2023, il a notamment été inculpé pour «complot contre les États-Unis». La procédure pénale, appelée symboliquement «États-Unis d’Amérique contre Donald J. Trump», comprend également son implication dans l’assaut du Capitole en 2021.
Mais là encore, le procès n’a pas eu lieu. Après la réélection de Donald Trump en novembre 2024, la procédure a été abandonnée car le Ministère de la justice n’enquête pas sur les présidents en exercice. Les stratégies dilatoires de Donald Trump et de ses avocats ont fonctionné une fois de plus.
Affaire classée
Scandale avec une ex-star du porno
Fin mai 2024, Donald Trump a été reconnu coupable de 34 chefs d’accusation dans l’affaire de Stormy Daniels. Il est ainsi devenu le premier (ex-)président condamné au pénal dans l’histoire des États-Unis. Pour rappel, Donald Trump a eu une liaison extraconjugale avec l’ancienne actrice porno en 2006, quelques mois après la naissance de son fils Barron. Peu avant l’élection présidentielle de 2016, il lui a versé 130’000 dollars pour qu’elle ne rende pas son histoire publique.
L’affaire ne relève pas du pénal. Donald Trump a été condamné parce qu’il a falsifié des documents juridiques pour dissimuler l’affaire. Selon la conviction du tribunal, son but était d’obtenir des avantages dans la campagne électorale de l’époque. Les avocats de Trump ont fait appel en vain. Le 10 janvier 2025, un tribunal a confirmé sa condamnation tout en le dispensant de peine.
Condamné, mais dispensé de peine
L’affaire n’a donc pas eu de réelles conséquences pour lui, si ce n’est une atteinte à sa réputation. Ce qui n’a finalement pas été le cas. Rien. À aucun moment. Aucun scandale, aucune accusation, ni même aucune condamnation n’auront pu empêcher sa réélection.
Traduit de l’allemand par Olivia Beuchat.


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