Ils s’appelèrent La Rose Blanche

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Lueur d’Histoire 

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Elle avait 21 ans lorsque les nazis l’exécutèrent pour avoir distribué des tracts — et ses derniers mots ont marqué l’Allemagne pour toujours.
Elle s’appelait Sophie Scholl.
Le 22 février 1943, elle marcha calmement vers la guillotine plutôt que de trahir ce qu’elle croyait juste.
L’histoire de Sophie ne commence pas par l’héroïsme. Elle commence par une erreur.
Née en 1921 en Allemagne, Sophie avait douze ans lorsqu’elle rejoignit la Ligue des jeunes filles allemandes — la branche féminine des Jeunesses hitlériennes. Comme la plupart de ses camarades. Son frère aîné Hans rejoignit la branche masculine.
Leur père était horrifié. Politicien opposé au nazisme, il voyait ce que ses enfants ne comprenaient pas encore. Il leur disait :
« Tout ce que je veux, c’est que vous marchiez dans la vie droits et libres, même lorsque c’est difficile. »
Sophie et Hans discutaient avec lui. Ils croyaient la propagande. Ils faisaient confiance à leurs enseignants, aux responsables de jeunesse, aux affiches placardées dans les villes.
Puis, lentement, les fissures apparurent.
En 1937, Hans et des amis furent arrêtés pour avoir participé à un groupe scout interdit. Sophie vit son frère — pourtant fidèle au mouvement — emmené par la Gestapo pour quelque chose d’aussi innocent que du camping.
Elle commença à tout remettre en question.
Elle lut un sermon de l’évêque Clemens August Graf von Galen condamnant publiquement les programmes d’euthanasie nazis. Ses paroles sur la conscience et la responsabilité individuelle la marquèrent profondément.
En 1942, lorsqu’elle entra à l’université de Munich pour étudier la biologie et la philosophie, elle n’était plus seulement désillusionnée — elle était déterminée.
Hans s’y trouvait déjà. Il avait formé un petit groupe d’amis discutant en secret de résistance et de morale sous la dictature.
Puis un ami revint du front de l’Est.
Ses récits étaient terrifiants : exécutions de masse de Juifs, prisonniers abattus et jetés dans des fosses communes, atrocités industrielles ignorées par la population.
Le groupe décida de ne plus se taire.
Ils s’appelèrent La Rose Blanche — symbole de pureté face au mal. Ils rédigèrent et distribuèrent des tracts à Munich et ailleurs.
« Nous ne nous tairons pas… La Rose Blanche ne vous laissera pas en paix ! »
Sophie joua un rôle essentiel : achat d’une machine à écrire illégale, rédaction, distribution. Son statut de jeune femme lui permettait de passer plus inaperçue.
Cinq tracts furent diffusés. Puis vint le sixième.
Le 18 février 1943, Sophie et Hans déposèrent des piles de tracts à l’université. Avant de partir, Sophie lança les derniers du haut d’une galerie — ils tombèrent comme de la neige.
Un concierge la vit.  La Gestapo fut appelée.
Ils furent arrêtés en minutes. Lors de l’interrogatoire, Sophie tenta de protéger les autres.
Elle déclara :
« Je le referais. Parce que je n’ai pas tort. C’est vous qui avez tort. »
Quatre jours plus tard, Sophie, Hans et Christoph Probst furent jugés sans défense réelle. Coupables de trahison. Condamnés à mort.
Exécution prévue le jour même.
Sophie avait quelques heures à vivre.
Elle resta calme. Elle ne supplia pas. Elle marcha la tête haute.
Ses derniers mots :
« Comment espérer que la justice triomphe si presque personne n’est prêt à se sacrifier pour elle ? Quelle belle journée ensoleillée… et pourtant je dois partir. Mais que vaut ma mort si, grâce à nous, des milliers de personnes s’éveillent et agissent ? »
À 17h, le 22 février 1943, Sophie fut exécutée. Puis Hans. Puis Christoph.
Mais l’histoire ne s’arrêta pas là.
Une copie du tract fut sortie d’Allemagne, diffusée par les Alliés, larguée par millions d’exemplaires au-dessus du pays.
Les mots pour lesquels elle mourut se répandirent partout.
Après la guerre, l’Allemagne reconnut la Rose Blanche comme héroïque. Des écoles portent leurs noms. Leur histoire est enseignée.
En 2003, un sondage désigna les plus grands Allemands de l’histoire : Sophie et Hans furent classés quatrièmes — et premiers chez les moins de quarante ans.
Sophie n’était pas soldat. Pas armée. Juste une étudiante avec une machine à écrire et une conscience.
Elle savait le risque.
Elle a agi quand même.
Parce qu’elle comprenait ceci : le silence face au mal, c’est la complicité.
Elle avait 21 ans.
Elle donna sa vie pour ses principes.
Aujourd’hui encore, son histoire pose une question : si nous étions à sa place, aurions-nous son courage ?
Que chaque détail de ce récit soit connu dans toute sa précision ou raconté pour transmettre une mémoire, l’essentiel demeure : la conscience et le courage peuvent survivre à la violence — et une seule voix peut réveiller des millions d’autres.
Peut être une image en noir et blanc de une personne ou plus et frange