Bien. Donc Mathias Wargon, hier soir, publie sur Twitter une vidéo de Jean-Luc Mélenchon. Jean-Luc Mélenchon se plaignait hier soir, à Lyon, qu’on prononçât en effet le nom D’Epstein « Espst[I]n ». Et non pas Esptein, comme on prononce, en français, Einstein ou Frankenstein. Antisémitisme, d’après Mathias Wargon (on se demande ce que vient faire une créature de roman gothique anglaise dans la série d’une soi-disant association antisémite ; quant à Einstein, le moins qu’on puisse dire est que l’association et la comparaison relèvent plutôt de l’éloge que du blâme ; mais passons).
Seulement Mathias Wargon n’en reste pas là. À trop vouloir prouver, il met également dans la bouche de Jean-Luc Mélenchon des mots qui n’y sont pas. « Communauté organisée », ce sont les mots que cite Mathias Wargon. Une allusion clairement antisémite donc.
Sauf que, et chacun pourra le vérifier lui-même ci-dessous, Mathias Wargon se réfère à un vidéo de Jean-Luc Mélenchon … où Jean-Luc Mélenchon NE prononce PAS ces mots.
J’insiste: ces mots ne sont pas présents dans la bouche de Jean-Luc Mélenchon ; dans la vidéo même, publiée par Mathias Wargon lui-même, ils sont absents. D’où viennent donc ces mots, s’ils ne sont pas présents dans la bouche de Jean-Luc Mélenchon ?
Eh bien ils viennent de la bouche d’Alain Soral, ce sont des mots d’Alain Soral grossièrement [oui, pour le moins : GROSSIÈREMENT] associés et mêlés, dans un montage [je répète : un MONTAGE, GROSSIER ET MENSONGER], aux propos de Jean-Luc Mélenchon. Un montage de Vincent Lautard.
Voilà pour les faits, tous les faits et rien que les faits, chacun pourra en vérifier ici le détail et l’enchaînement (le montage) :
Que depuis, des « journalistes » autorisés (Renaud Pila, les vieilles gloires de TFI, puis de CNews), enfin des personnalités politiques autorisées (Marine Tondelier, puis Olivier Faure, et bien évidemment l’extrême droite) hurlent à l’antisémitisme, on ne s’en étonnera guère.
Après, en effet, qu’ils ont donc hurlé au loup, la semaine dernière, contre Francesca Albanese. Et pourquoi donc contre Francesca Albanese, me demanderez-vous ?
Pour là aussi, là déjà, un montage, et l’attribution conséquente d’une fausse citation. Comme , du reste, La Tribune, puis BFM, ont attribué une fausse citation à Jean-Luc Mélenchon ce dimanche (avant de piteusement rétro-pédaler).
Vous avez dit TRUMPISTES ?