Cerveaux non disponibles
Traiter le sujet comme un fait divers, ridiculiser les critiques, passer vite à autre chose
Le gouvernement américain vient de rendre publics près de trois millions de documents liés à l’affaire Jeffrey Epstein. Trois millions de pièces judiciaires, témoignages, échanges, rapports, documents administratifs. L’un des plus vastes ensemble d’archives jamais rendus publics sur un scandale mêlant violences sexuelles, réseaux d’influence, argent et protection des puissants.
Face à ces millions de documents, la plupart des grands médias français ont fait un choix très clair : traiter le sujet de façon assez secondaire, comme un fait divers XXL.
A ceux qui voudraient que le sujet soit beaucoup plus traité et pris avec la gravité structurelle à la hauteur du système mis en lumière, ces médias et personnalités répondent en alertant sur le danger de “l’emballement des complotistes”, des “délires sur les réseaux sociaux”, de “l’excitation habituelle”.
Le sujet n’est pas Epstein.
Le sujet, ce sont ceux qui s’y intéressent.
C’est une stratégie désormais bien rodée : déplacer le débat du fond vers la disqualification des personnes. On ne discute pas des faits, on ridiculise ceux qui posent des questions. On ne questionne pas le pouvoir, on protège l’ordre médiatique.
Exactement comme lors du Covid et des vaccins. Même mécanique, même mépris, mêmes effets dévastateurs.
Le mépris n’éteint pas la défiance, il l’organise.
Car non, traiter toute remise en question comme une pathologie sociale n’a jamais “protégé la démocratie”.
Ça l’a affaiblie.
En refusant d’assumer leur rôle critique, en se posant en gardiens de la parole légitime, les médias dominants ont eux-mêmes organisé la défiance. Ils ont installé l’idée que certaines questions étaient interdites, que certains sujets étaient trop dangereux pour être abordés sérieusement.
Résultat : plus le mépris est grand, plus la défiance s’enracine.
Et plus la défiance s’enracine, plus les récits complotistes se radicalisent. Ce n’est pas une dérive accidentelle. C’est une conséquence directe.
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