Lyon est en deuil. « Le Progrès » fait parler des habitants de l’immeuble, descendus secourir la victime, qui ne pouvait plus parler. Ils ont appelé les pompiers, et n’ont pas compris qu’il reparte à pied entre-temps.
Une habitante avait peu avant appelé son petit ami, pour se plaindre qu’une « bataille rangée » entre personnes toutes cagoulées occupe toute la rue, l’empêchant de sortir.
L’heure et le lieu exact de cette rixe semblent attestés par cet appel. Passé à 17h45, précise « Le Progrès ».
Tout le monde espère que la Justice établira les faits, trouvera les responsables de l’odieux crime. Quitte à prendre l’escalier, quand les médias jouent l’ascenseur. Elle a déjà identifiés « plusieurs suspects » dont « certains » de la « mouvance d’ultragauche » mais pas fichés S. Ce qui au total ratisse large, sans forcément concerner seulement les 6 meurtriers cagoulés.
« Vos amis de la Jeune Garde ont décidé de tuer » a lancé Chenu (RN) à Panot (LFI). Examinons d’où vient cette idée de guêt-apens prémédité par un seul groupe. Le drame n’a été révélé que vendredi, un jour après, par le groupe d’extrême-droite « Némésis » (*), quqi a brandi cette version d’un guet-apens : « ils nous avaient repérés, ils nous ont attaqués par surprise en passant par une rue où ils étaient cachés avant », a expliqué un participant de la rixe dans un itw au média « identitaire » « Frontières ». Le même ou un autre, masqué, y a nommé un assistant parlementaire.
Lundi, le procureur n’a pas validé cette version. Elle est démentie par vidéos et témoignages, et la portion de rue où a eu lieu le drame, qui longe les voies ferrées, ne donne, côté IEP, que sur le boulevard Yves Farge, logé dans un large tunnel sous ces voies ferrées, le passage suivant étant la gare SNCF Jean Macé.
Lundi, le procureur n’a pas validé cette version. Elle est démentie par vidéos et témoignages, et la portion de rue où a eu lieu le drame, qui longe les voies ferrées, ne donne, côté IEP, que sur le boulevard Yves Farge, logé dans un large tunnel sous ces voies ferrées, le passage suivant étant la gare SNCF Jean Macé.
C’est au niveau de ce large tunnel qu’une « première bagarre » a opposé deux groupes d’hommes, « aux alentours de 18h » (plus probablement 17h40 ou 17h45), a révélé samedi « Médiapart » (**) dans une synthèse confrontant 2 versions contradictoires.
Médiapart » précise que celui des 2 groupes présenté comme « antifa » arrivait de l’IEP, où il avait échoué à entrer, avant le « happening » lancé par le groupe identitaire Némésis à17h35 devant l’IEP. Les membres de ce groupe ne savaient pas qu’il fallait s’inscrire à l’avance pour la conférence de Rima Hassan à 18h, et étaient repartis, en direction du tunnel.Apparemment sans s’intéresser à ce « happening », mais se heurtant dans le tunnel au groupe opposé, qui leur aurait « sauté dessus »: « Ils nous ont lancé une torche ou un fumigène qui est arrivé directement dans le visage d’un d’entre nous ».
Celui de l’attaché parlementaire LFI incriminé, qui pourrait avoir alors été présent, selon Médiapart, n’était pas cagoulé: l’autre camp a déclaré au média « Frontières » l’avoir reconnu.
Le membre du groupe pro-Rima Hassan qui a témoigné dans Médiapart dit avoir « pris la fuite dès qu’il en a eu la possibilité » et qu’il y a alors « beaucoup de désordre » sous le tunnel, ceux de Némésis fuyant aussi. Sur la vidéo que le site « Contre Attaque » a postée lundi soir (***), on les voit sortir cagoulés du tunnel en courant puis faire demi-tour. Deux photos les montrent au début de la rue Victor Lagrange, adjacente, repartant au combat vers le tunnel, armés de béquilles et gazeuses. Une commerçante situé à l’angle a témoigné sur Médiapart qu’un autre fumigènes a atterri sur sa vitrine. A cet endroit, en courant, on peut se réfugier en 2 mn dans la gare SNCF Jean Massé.
Ensuite, les deux groupes s’invectivent dans cette rue, face à face et quasiment immobiles, ou marchant lentement, selon deux autres vidéos, dont celle d’un journaliste, au sol, qui montre la fuite soudaine d’une partie des identitaires, mais vers les quais (la gare est maintenant dans leur dos).
Les 4e et 5e vidéos sont celles du tabassage qui suit, diffusées aux 20h de TF1 et France2. Le procureur a précisé lundi que les six brutes qui ont frappé Quentin étaient tous cagoulés. On les voit parler avec virulence aux riverains à la fenêtre: une grand-mère habitant l’immeuble a courageusement tenté de s’interposer, leur criant « vous êtes fous! », relate « Le Progrès ».
Les pompiers appelés par les habitants ont probablement prévenu la police. Citée le lendemain soir par l’AFP, elle parlait d’une « rixe » mais sans établir encore de lien avec Quentin dans le coma.
Les pompiers d’un autre arrondissement l’ont secouru 2h après la rixe, évanoui 2 km plus loin ! En compagnie d’une autre victime du tabassage. On peut toujours dire, après, qu’il n’avait plus de chance de survivre. Mais il faut le répéter: en cas de gros chocs sur la tête, toujours appeler le Samu, tout de suite ! Surtout si hématome.
Si vous êtes témoin/victime d’un tabassage à mort, appelez la police, de suite! Surtout si vous reconnaissez les auteurs. Elle les placera en garde à vue, leurs complices potentiels sur écoute.
Il me semble important de rappeler aussi qu’il n’y a pas de rixe « propre ». Pas de déroulement prévisible. Trop souvent ça finit en lynchage/tabassage. Une rixe c’est sale. Et c’est même un passeport pour la grosse saloperie. Il faut donc rappeler la simultanéité: rixe et tabassage (lynchage, dit la famille, OK).
Même lieu, même heure exacte. Mêmes participants, en tout cas en partie, car le 1er heurt sous le tunnel a causé des défections côté pro-Rima Hassan.
Il n’y a pas à venger Quentin, d’aucune manière.
Pas non plus à glorifier les prétendus amis qui l’ont entrainé dans cette rixe, après l’avoir déjà embrigadé dans ce qui n’était pas un service d’ordre ( SO), comme l’ont rappelé ses parents via leur avocat.
Pas non plus à glorifier les prétendus amis qui l’ont entrainé dans cette rixe, après l’avoir déjà embrigadé dans ce qui n’était pas un service d’ordre ( SO), comme l’ont rappelé ses parents via leur avocat.
Pas un SO car pas placé à l’IEP, sur le lieu de la manifestation improvisée… mais à l’endroit du tunnel. Pour une raison qu’ils n’ont jamais donnée.
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Pas un SO car visiblement dépourvu de responsable digne de ce nom, car aucun d’eux n’a appelé les secours, ni avant, ni pendant cette rixe. Ni même après, car ils ont cherché (et cherchent toujours!) à la dissimuler.
Si Quentin a vraiment refusé l’hospitalisation proposée par les riverains, malgré sa détresse, c’est peut-être même à cause d’une consigne de dissimuler reçue avant la rixe. Mais on en sait rien.
Je suis effaré de les voir se présenter en héros, sur certaines télés, ivres de leur nouvelle notoriété, y compris Alice Cordier, fondatrice de Némésis, qui a tout organisé. Dès le 1er soir, invitée sur CNews, elle n’y a pas dit un mot de Quentin. Elle semblait vouloir commencer par placer dans les médias sa vidéo de la fille bousculée devant l’IEP, probablement pour en faire une suite les jours suivants, avec une seule version, celle du guêt-apens prétendument manigancé.
(*) nom choisi pour Némésis, déesse de la vengeance.





On reconnait les murs blancs avec fines lignes noires, et le portail noir avec au dessus un petit mur blanc en demi cercle, sur Google Maps, au numéro 24, au tout début de la rue Victor Lagrange, à droite en sortant du tunnel. La rue de la rixe et du tabassage par six cagoulés.

