Depuis la mort de Quentin D., on assiste à un moment de bascule dans le pays. Quelle réponse ? Souvenons-nous de l’appel de Léon Trotski dans les années 30 face aux divisions de la gauche allemande : ne pas se tromper d’adversaire, concentrer les coups contre l’alliance de l’extrême droite et du capital, faire bloc, constituer un front unique antifasciste.
Ismaël Aali, Djamel Bendjaballah, Federico Martin Aramburu… Combien sont morts, tués par l’extrême droite, sans minute de silence. La surenchère, deux camps qui s’affrontent jusqu’à la mort, cette spirale, si elle n’est pas stoppée politiquement, nous mènera dans le mur. On ne battra pas l’extrême droite par la surenchère dans la violence, physique ou verbale, en traitant tout le monde de fachos.
On battra l’extrême droite sur le terrain des idées, en analysant les causes de fond derrière la montée du RN depuis des années. En sortant de nos bulles, en allant écouter les priorités communes à toutes les classes populaires. En cherchant ce qui rassemble le peuple, les 99% contre les 0,01 %, en arrêtant de le cliver. Et surtout, en démasquant le RN : son arnaque sociale et raciste, en mettant en lumière ses liens avec le capital et des groupuscules néonazis, en montrant qui l’extrême droite défend vraiment : ses amis milliardaires, pas le peuple.
Ne soyons pas dupe de l’instrumentalisation en cours. Dans un double mouvement de balancier, la caste médiatique, en diabolisant la FI, dédiabolise le RN. En témoigne l’alerte à la bombe au siège de la France insoumise, résultat de cette extrême diabolisation médiatique. On le mesure dans les enquêtes, et je le mesure chaque semaine en reportage : loin de la bulle, la FI fait désormais plus peur que le RN.
Face à l’alliance de l’extrême droite, du capital et de ses médias, sur l’autoroute vers l’Élysée, notre camp doit faire bloc. Dans les années 30, face aux divisions de la gauche allemande, Léon Trotski appelait à un front unique antifasciste. Et à ne pas se tromper d’adversaire. Un siècle plus tard, ne répétons pas les mêmes erreurs : concentrons nos coups sur l’alliance de l’extrême droite et du capital. Un Olivier Besancenot fait vivre cette ligne du front unique : unité mais radicalité, ni sectarisme, ni opportunisme, faire bloc. C’est ce que 78 % du peuple de gauche attend : unité sur un programme de rupture, peu importe la personne, l’heure est trop grave. C’est un moment de bascule : le capital et ses médias se préparent à collaborer.
Face à cette bascule, essayons de garder la tête froide, de réussir à mettre à distance nos téléphones, l’actualité et les réseaux anxiogènes, pour réfléchir aux causes de fond de la montée de l’extrême droite.
Arrêter de se déchirer, faire bloc, et lutter de toutes nos forces pour démasquer le RN, l’urgence absolue.