Vous l’avez peut-être remarqué, peut-être pas. Il n’y a pas eu de niouzeletteur la semaine dernière. La raison, c’est que j’étais trop malade pour ça. Ça fait deux semaines maintenant que je suis sérieusement malade, même si la très grande fatigue, je la traîne depuis plus longtemps que ça. Je suis revenu de Rennes, j’ai eu à peine le temps de tourner, dans d’étranges conditions, l’épisode sur Lost de La Fin de la Télévision et, quelques heures plus tard, j’avais 40 de fièvre. J’ai bien cru à la grippe, et du reste j’ai été testé positif à la grippe, mais dix jours plus tard, je n’en menais toujours pas large et j’arrivais à peine à bouger. Analyses de sang, et là, découverte : j’avais attrapé un autre virus que la grippe, un virus tout autre, mais un virus au nom comique, un virus comme pour se moquer de moi, un virus comme pour me dire « ça va les chevilles ? tu passes encore les portes ? » : Le CytoMegaloVirus. Dans ta face de craie, Pacôme ! En gros, le Megalo, c’est une sorte de mononucléose mais plus costaude que la mononucléose classique (si j’ai bien tout compris). Bref, en termes de fatigue radicale, de difficulté à mettre un pied devant l’autre et puis recommencer, d’efforts surhumains pour lire et écrire, d’impossibilité à faire des trucs sans m’essouffler et devoir m’allonger immédiatement, j’ai touché le gros lot. Le Megalo Jackpot. Et je ne parle pas du dégoût devant la nourriture, des difficultés de dormir plus de deux heures d’affilée, et des symptômes de l’état grippal qui vont et viennent comme des renards. Sacré CytoMegaloVirus ! Et dire que ça peut durer jusqu’à trois mois, ce gag, avec une durée minimum de trois semaines. La médecin était prête à me faire un arrêt maladie de trois mois. Je lui ai dit que dans mon domaine ça ne voudrait pas dire grand-chose.
Ça n’est pas la première fois que mon corps me dit stop. Ça m’arrive, on pourrait dire, cycliquement, tous les trois-quatre ans, avec plus ou moins de violence, en général juste avant une période pleine à craquer de voyages et d’activités diverses que je m’apprête à faire. Mais là c’est plus costaud et potentiellement plus long que d’habitude. Ça m’apprendra à me croire plus fort que mon corps : j’avais dit oui à des paquets de trucs, alors que j’avais L’Empire à finir. Je croyais qu’en diversifiant mes activités ça me donnerait des moyens de l’attaquer par des angles nouveaux et ne pas être complètement écrasé par lui. Alors j’ai dit oui. Oui à des rencontres en librairie. Oui à des débats. Oui à des interviews. Oui à des participations à des spectacles, des présentations de films, etc. Je vais sans doute devoir tout annuler. Peut-être pas tout, mais au moins presque tout. Et c’est un peut-être, et ce sera, au mieux, un presque. Depuis deux semaines, les rares moments de lucidité qui m’ont été accordés, j’ai dû répondre et re-répondre et re-re-répondre « non » et « désolé » à tout un tas de gens formidables qui m’attendent pour des trucs les semaines à venir. Ce n’est pas par mauvaise volonté, j’ai vraiment envie de faire tout ça. Mais quand le corps veut pas, le corps veut pas. Et je ne le contrôle plus. Si je fais le malin encore une fois, il me lâchera pour de bon. Il n’a vraiment pas l’air de rigoler.
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