La tentation confusionniste de Sophia Chikirou, candidate LFI à Paris

Après avoir investi le controversé Bruno Gaccio dans le VIIe arrondissement, la tête de liste insoumise a récemment accordé une interview à un proche des sphères d’extrême droite et russes. De quoi créer le malaise dans une campagne déjà lestée par ses affaires judiciaires et d’anciens propos polémiques.

Pauline Graulle et David Perrotin

Faire de Paris une capitale « antiraciste »« fédérer un réseau international communal » pour combattre la montée de l’extrême droite, former les agentes et agents municipaux et mettre en place des testings, car « il n’y a rien de pire que d’être victime de racisme ou d’antisémitisme »

Les nobles ambitions de Sophia Chikirou, candidate à la mairie de Paris pour La France insoumise (LFI), seront bientôt inscrites noir sur blanc dans son programme municipal. En attendant la publication du livret, vendu 5 euros, les grandes mesures et leur chiffrage seront présentées vendredi 30 janvier, sur la scène du Cirque d’hiver.

Lors de ce premier grand meeting de campagne, la députée de Paris ne manquera pas d’épingler son adversaire socialiste, qui dénonçait récemment les présumées « accointances » entre l’insoumise et la candidate Les Républicains (LR) Rachida Dati au micro de Sonia Mabrouk. « J’ai été choquée, affectée, je me suis sentie victime de racisme », lui a répondu le lendemain Sophia Chikirou, lors d’une réunion publique où elle a accusé Emmanuel Grégoire de se rendre sur « la chaîne de Bolloré » pour « plaire, draguer le petit public – peut-être – raciste de CNews ».

Sophia Chikirou (au centre) en campagne pour les élections municipales à Paris, sur le marché de Barbès, le 14 Janvier 2026. © Photo Vincent Isore / IP3 via MaxPPP

Sophia Chikirou, fer de lance de la lutte contre l’extrême droite ? Si la candidate entend mener la liste la plus à gauche de la campagne parisienne, bon nombre de ses soutiens ont toutefois dû s’étrangler en découvrant que leur candidate, pourtant réputée choisir avec soin les médias auxquels elle s’adresse, avait accordé le 19 janvier une grande interview à la chaîne YouTube « Le monde moderne ».

Une émission dans laquelle Alexis Poulin, qui grenouille depuis des années dans les eaux troubles du web « antisystème », a reçu pêle-mêle des personnalités aussi controversées que Didier Raoult, le chanteur antivax et soutien d’Alain Soral Francis Lalanne, l’ex-militant identitaire du Front national (FN) Laurent Ozon ou encore le millionnaire financeur de la campagne de Zemmour, Charles Gave.

Peu connu du grand public, Alexis Poulin est en réalité l’un des principaux relais des thèses confusionnistes sur Internet. Après avoir passé trois ans sur la chaîne de propagande russe RT France, interdite de diffusion en 2022, il officie désormais comme chroniqueur sur le média d’extrême droite Radio Courtoisie. Il a également son rond de serviette sur une web radio tout aussi radicale, Tocsin. Fin 2024, il y tressait des lauriers à François Asselineau, fondateur « poutinophile » et « complotiste » de l’Union populaire républicaine (UPR), ou à l’ex-numéro deux du FN Florian Philippot, « qui font un travail essentiel pour remettre le Frexit sur la table ».

Également animateur de l’émission « Alerte générale » sur TV Libertés, lancée en 2014 par un proche de Bruno Gollnisch, il recevait il y a quelques jours encore Tatiana Ventôse, ex-secrétaire nationale du Parti de gauche ayant appelé à voter pour Marine Le Pen en 2022, et le candidat d’Éric Zemmour aux municipales à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine).

Un CV qui devrait être rédhibitoire pour tout politique ambitionnant d’incarner le camp du progressisme et de la lutte contre l’extrême droite… mais qui n’a manifestement pas refroidi Sophia Chikirou. Interrogée par Mediapart sur les raisons qui l’avaient poussée à accepter l’interview, elle n’a pas répondu à nos demandes d’explication (voir notre boîte noire).

Malaise chez les insoumis

Entre Sophia Chikirou et Alexis Poulin, un temps soutien de Mélenchon à la présidentielle, qui s’amuse auprès de Mediapart d’être parfois qualifié de « rouge-brun », l’histoire remonte à la création du Média en 2018. Embauché par la première – il démissionnera au bout d’un an à cause du « merdier » ambiant –, le second s’enorgueillit encore d’avoir réussi à faire venir François Asselineau sur le plateau de la webtélé mélenchoniste. En 2023, Sophia Chikirou l’avait ensuite invité aux universités d’été de LFI pour participer à une table ronde sur la liberté de la presse.

En retour, celui-ci lui a régulièrement ouvert les portes de son émission « Le monde moderne ». Ce fut ainsi le cas en 2024, au moment de la mise en examen de l’insoumise pour escroquerie aggravée, abus de biens sociaux et recel d’abus de confiance dans le cadre de la campagne présidentielle de 2017 de Jean-Luc Mélenchon.

Après avoir pu s’exprimer sans la moindre contradiction sur sa version de l’histoire, jugeant au passage qu’« il n’y a pas de hasard dans l’agenda judiciaire politique parce que c’est décidé en haut lieu », elle s’en était prise aux médias « détenus par des milliardaires » comme à ceux du service public « soumis à Emmanuel Macron ». Mais aussi à Mediapart et à son fondateur Edwy Plenel, qui aurait « servi les intérêts de la CIA contre les intérêts de la France ».

Rebelote donc moins de deux ans plus tard, là encore dans un moment embarrassant pour la candidate LFI. Le 4 janvier, elle apprenait ainsi par le parquet de Paris que son procès pour escroquerie, une autre affaire concernant cette fois ses activités au Média, aurait lieu au mois de mai. Une nouvelle qui a donné lieu à de longues minutes d’échange au cours de l’émission.

« À peine la campagne commence que paf !, Sophia Chikirou, vous avez un procès pour escroquerie avec Le Média ! », lui lance le chroniqueur dans un sourire entendu. « Incroyable, hein ! Cette fois-ci, la brigade financière de Paris m’accuse d’escroquerie… », ironise la candidate. « Oui, comme ça, ça fait les gros titres… », reprend Alexis Poulin, persuadé qu’« ils [sic] ressortent ça parce que c’est la campagne… ».

Je ne rentre pas dans cette polémique, ce qui compte c’est ce que Sophia dit dans l’émission, pas qui la présente.

Manuel Bompard, à propos du choix de Sophia Chikirou de parler à Alexis Poulin

Réponse de Sophia Chikirou : « Ça leur a permis de me coller l’étiquette de procès pour escroquerie, et ça leur fait plaisir, ils se disent : “Comme ça, elle est discréditée”, mais c’est eux qui se discréditent à force… On nous a fait des perquisitions monumentales pour une cafetière et un micro-ondes. Tout ça était classé depuis 2021. »

En réalité, rien n’a été classé. La députée est accusée d’avoir tenté à plusieurs reprises de tromper la banque Crédit du Nord au préjudice du Média pour se verser la somme de 67 146 euros. Elle a bien passé un accord avec Le Média en 2021 qui a retiré sa plainte, mais la procédure menée par le parquet s’est poursuivie.

L’échange continuera sur le même mode pendant plusieurs minutes, avant de s’orienter vers des sujets municipaux : violences sexuelles dans le périscolaire, stérilisation des rats dans Paris, démocratie locale, prix des loyers…

Après une évocation de la « Rothschild connection » d’Emmanuel Macron, Alexis Poulin interpelle la candidate sur ses « propositions sur la probité », comme la limitation à 25 euros du remboursement des repas ou la promesse de donner accès aux journalistes aux notes de frais des élu·es. « Après, il ne faut pas non plus que ce soit la suspicion permanente… », conclut Sophia Chikirou.

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Alexis Poulin, chroniqueur sur le média d’extrême droite Radio Courtoisie, et Alexis Poulin avec Sophia Chikirou dans son émission « Le monde moderne » sur YouTube. © Captures d’écran Radio Courtoisie et Chaîne YouTube Le Monde Moderne

Diffusée par la candidate sur ses réseaux, l’émission a trouvé peu d’écho dans l’écosystème insoumis. Sur les dix-sept candidat·es aux mairies d’arrondissement, seul·es quatre ont reposté l’interview. À l’instar du député LFI de Paris Rodrigo Arenas, qui a relayé un extrait sur le mal logement, mais reconnaît qu’il y a un « sujet » sur le média choisi : « Après, ce qui m’intéresse c’est le contenu que j’approuve. Quant au choix de parler à tel ou tel média, cela appartient à chacun, même si [la chaîne d’Alexis Poulin] n’est pas du tout ma sphère », précise-t-il.

Du côté des cadres nationaux, là aussi, l’émission serait passée inaperçue. Interrogé par Mediapart, Manuel Bompard, coordinateur du mouvement, affirme ne pas l’avoir regardée et balaie d’un revers de main l’épisode : « Je ne rentre pas dans cette polémique, ce qui compte c’est ce que Sophia dit dans l’émission, pas qui la présente », affirme le député de Marseille (Bouches-du-Rhône), lui-même habitué des plateaux de CNews.

Sur une ligne de crête

Sauf que Sophia Chikirou n’est elle-même pas exempte d’ambiguïtés en matière de ligne politique. Ancienne socialiste passée un temps par la droite sarkozyste avant de rejoindre la galaxie insoumise, « elle a toujours été un peu flottante, sans vraie colonne vertébrale idéologique », affirme un ancien cadre du mouvement. Du genre à féliciter la députée insoumise Caroline Fiat quand celle-ci proposait en 2022 de défendre une proposition de loi pour la réintégration des soignant·es non vacciné·es lors d’une journée parlementaire dédiée au Rassemblement national (RN) – ce qui fera hurler une partie du groupe parlementaire…

« Sophia est très efficace sur le plan de la communication, extrêmement loyale à Mélenchon, mais c’est difficile de la situer politiquement », se souvient un autre ex-insoumis, qui parle d’une femme déterminée, davantage guidée par des considérations tactiques qu’idéologiques, avançant sur « la ligne de crête populiste » avant de tourner casaque et d’enfourcher le tournant stratégique de 2019, lors duquel le mouvement décide de s’adresser aux quartiers populaires.

Avant d’être accusée par l’extrême droite d’avoir soutenu le Hamas après le 7-Octobre, l’autrice de Ma France laïque (La Martinière, 2007) fut ainsi longtemps proche de la sphère dite « laïcarde » qui tenait à l’époque le haut du pavé à LFI. En août 2019, lorsque le philosophe Henri Peña-Ruiz avait créé la stupeur en déclarant, lors des Amfis, qu’on « a le droit d’être islamophobe », elle est de celles et ceux qui avaient le plus franchement pris sa défense.

Au-delà de ses positions sur l’international, en particulier prochinoises, Sophia Chikirou a aussi créé le malaise à gauche avec sa réaction aux affaires judiciaires de LFI. En 2019, pile un an après les perquisitions dans les locaux du mouvement, elle passait ainsi derrière la caméra pour tourner un documentaire intitulé Lawfare. Le cas Mélenchon, où elle revenait en longueur sur l’instrumentalisation de la justice par les pouvoirs en place. Au moment du procès, elle était aussi à la manœuvre pour diffuser une pétition comparant Jean-Luc Mélenchon à d’autres figures politiques internationales persécutées dans leur pays, ce qui avait provoqué l’embarras d’une partie de ses soutiens.

Mansuétude à l’égard de la Russie ou de la Chine, défiance vis-à-vis du système judiciaire, tolérance à l’égard de certaines figures flirtant avec l’extrême droite… De quoi inscrire Sophia Chikirou en bonne place dans le grand tableau du confusionnisme, ce nouvel espace politique issu de la « construction de cohérences partielles entre des idées d’extrême droite, de droite et de gauche »dépeint par Philippe Corcuff dans son livre La Grande confusion (Textuel, 2021) ?

Des propos polémiques de la candidate ont en tout cas été récemment exhumés, sans que l’intéressée juge utile de s’excuser ni de s’expliquer.

Que l’on pense à sa sortie homophobe dans une boucle interne quand elle était directrice du Média : « Cette bande de tafioles de merde n’ont qu’à se le [un communiqué – ndlr] mettre dans le cul profond. » Ou à cette phrase aux accents antisémites prononcée devant plusieurs témoins au moment de la première campagne de vaccination contre le covid : « Il y a deux catégories de personnes qui [se vaccinent] : les riches et les juifs. » Rapportée par le livre d’enquête La Meute (Flammarion, 2025), qui dresse un portrait au vitriol de l’insoumise, la phrase n’a jamais été formellement contestée par cette dernière.

Autant de prises de position qui pourraient peser en sa défaveur dans la campagne parisienne ? « Sophia est très sous-estimée dans les sondages, on sera bien sûr au deuxième tour », rétorque Rodrigo Arenas, même s’il convient que « les procès en antisémitisme et en brutalité répétés depuis des mois dans les médias finissent par prendre… ».

« On ne peut pas définir quelqu’un par un mot malheureux qu’elle a pu avoir, veut de son côté croire Caroline Mécary, candidate LFI dans le XIIarrondissement. On ne définit pas une personne à partir d’un vocable qui peut avoir été proféré dans un moment de colère. D’ailleurs, si elle était homophobe, elle ne serait pas venue me chercher, moi l’avocate qui défend les droits des personnes LGBT. »

Le choix de Bruno Gaccio

Un autre choix de campagne parisienne de LFI interroge pourtant : celui de Bruno Gaccio, investi dans le très symbolique VIIarrondissement où Rachida Dati est maire depuis près de dix-huit ans. Ancien auteur des « Guignols de l’info » pour Canal+, Bruno Gaccio est ainsi régulièrement mis en cause. En 2000 déjà, lorsqu’une journaliste du Monde l’avait accusé de harcèlement sexuel. Mais aussi pour son soutien à Dieudonné et pour certaines de ses prises de position.

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Bruno Gaccio et Sophia Chikirou lors du lancement de la campagne des élections municipales à Paris, le 14 novembre 2025. © Photo Vincent Isore / IP3 via MaxPPP

En 2009, Dieudonné est déjà condamné pour antisémitisme, a plusieurs fois invité le négationniste Robert Faurisson à ses spectacles, s’est déjà rapproché d’Alain Soral, de Jean-Marie Le Pen et de tout le gratin de l’extrême droite. Un an après pourtant, Bruno Gaccio publie un livre avec lui et défend coûte que coûte sa liberté d’expression sur différents plateaux télé. « Sur scène il a tous les droits, y compris de s’en prendre au sionisme supposé des médias françaisjustifie-t-il à l’époqueCe qui me gêne plus, ce sont les commentaires entre les spectacles parce que là c’est moins drôle. »

Plus tard, Bruno Gaccio dénonce encore « le cordon sanitaire incroyable » autour de Dieudonné ou balaye tout antisémitisme. « Je connais bien le travail de Dieudonné, écrit-il sur Twitter en 2019Moi, je vois ses spectacles. S’il est antisémite, c’est en dehors de ses spectacles. » L’humoriste a pourtant été plusieurs fois condamné pour des propos tenus sur scène, notamment après avoir lancé en 2015 : « Moi, tu vois, quand je l’entends parler, Patrick Cohen, j’me dis, tu vois, les chambres à gaz… Dommage. »

Qui, au sein de La France insoumise, parmi ses soutiens, chez ses alliés, pour s’interroger sur le fait que Bruno Gaccio relaye abondamment ces comptes antisémites et soraliens ?

Message sur X interpellant LFI à propos de Bruno Gaccio

Sur les réseaux, certains ont aussi relayé une ancienne vidéo montrant Bruno Gaccio et Marc-Édouard Nabe, auteur régulièrement accusé d’antisémitisme. Devant une librairie, l’écrivain plaisante à propos de Charlie Hebdo et des exécutions des frères Kouachi tout à fait « méritées », puis les deux évoquent tout sourire son ouvrage affichant la photo d’Hitler. « Je vais le lire », promet Bruno Gaccio. « Acheter un bouquin sur lequel il y a Hitler, Dieudo, Soral et Nabe, faut l’avoir, c’est collector, poursuit-il. Hitler, ça va, c’est marrant. »

Quel contexte donner à cet échange ? Était-ce de l’humour ou une discussion sérieuse ? Régulièrement interpellé, l’humoriste ne s’est jamais expliqué. « Je t’estime et je te remercie pour n’avoir jamais râlé parce qu’il y avait une vidéo où on nous voit tous les deux… », le remerciait d’ailleurs sur TikTok Marc-Édouard Nabe en février 2025. Sollicité par Mediapart, Bruno Gaccio n’a pas donné suite.

À LFI, pas question pour autant de porter la moindre accusation contre un « compagnon de route », soutien officiel de Jean-Luc Mélenchon en 2022. « Pas une personne proche de Dieudonné n’est sur une liste de La France insoumise, conteste le député LFI Paul Vannier. Les insoumis sont la cible d’accusations d’antisémitisme qui viennent le plus souvent de l’extrême droite, absolument calomnieuses, et que nous réfutons totalement, poursuit l’élu. Lorsque dans de très rares cas nous découvrons qu’un candidat a tenu des propos inadmissibles sur ce sujet, nous le destituons et nous l’excluons. »

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Bruno Gaccio avec Dieudonné et Marc-Édouard Nabe. Des messages issus du compte X de Bruno Gaccio. © Mediapart

Il n’empêche, l’activité de Bruno Gaccio sur ses réseaux sociaux suscite des interrogations au sein même de la gauche. « Qui, au sein de @FranceInsoumise, parmi ses soutiens, chez ses alliés, pour s’interroger sur le fait que Bruno Gaccio relaye abondamment ces comptes antisémites et soraliens ? », interpelle par exemple un internaute sur X, captures d’écran à l’appui, le 11 janvier. Depuis plusieurs semaines, le compte classé à gauche « No Pasaran », qui se présente comme un collectif militant antifasciste, a même compilé quelques-uns de ses posts jugés confusionnistes ou antisémites.

À plusieurs reprises, en effet, pour dénoncer Israël, le prétendant à la mairie du VIIarrondissement parle du « peuple élu », accumule généralités et poncifs. En juin dernier, il relaie une vidéo de personnes tentant de forcer le passage de la douane à Roissy-Charles-de-Gaulle. « Mais laissez-les passer bon dieu c le peuple élu !!! Dieu présentera les papiers demain promis », écrit-il dans un post toujours en ligne, laissant penser que la scène est récente, et montre des juifs forcer le passage d’une douane. La vidéo en question date en réalité de 2018, montre des passagers excédés, notamment parce que quatre d’entre eux ont fait un malaise, et ne concernait pas seulement des juifs.

En septembre, il partage la vidéo d’une Israélienne qui dit vouloir enfermer dans des « camps » les Gazaoui·es pour « les brûler ». Commentaire de Bruno Gaccio : « Ha la la la la ce peuple élu, cette humanité, cette douceur affable… cette morale en un mot. j’aimerais tellement consulter le collège des votants. » En mai 2024 encore, le député LFI Aymeric Caron dénonce les atrocités de colons israéliens qui ont investi la maison de Palestinien·nes, les ont humilié·es avant de les forcer à partir. « Ouais mais c’est le peuple élu »commente alors l’ancien humoriste.

« Je n’ai pas lu ce post mais connaissant Bruno, je sais qu’il n’y a absolument rien d’antisemite dans son commentaire : c’est le satiriste qui parle, avec causticité, l’auteur des “Guignols”, suppute le député Aymeric Caron, qui précise tout de même que lui, « en tant qu’élu et porte-parole politique, n’aurait pas écrit un commentaire similaire ».

Satire aussi, lorsqu’en novembre 2023 il légende « Manu y a l’patron qui gueule » sous une vidéo du président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) exhortant Israël à cesser les bombardements contre les civils ? Satire encore, lorsque ce fervent opposant à la mise en place du passe vaccinal en 2021 compare le statut des personnes non vaccinées contre le covid au « statut des juifs sous Vichy » ? À ces questions non plus, ni Bruno Gaccio ni Sophia Chikirou n’ont répondu.

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