L’AFFAIRE EPSTEIN, DONT TRUMP NE PEUT SE DEBARRASER.

Daniel Tanuro

Ni l’enlèvement de Maduro et de son épouse, ni les menaces de prendre le Groenland par tous les moyens (y compris la force), ni les meurtres commis par ICE a Minneapolis n’ont permis à Trump de se dépatouiller de l’affaire Epstein. Les 3 millions de pièces du dossier que le ministère de la Justice a finalement rendues publiques (avec plus d’un mois de retard sur le délai donne par la loi!) comportent 5.300 fichiers qui mentionnent plus de 38.000 fois Donald Trump, Melania Trump ou Mar-a-Lago (selon le NYT). 166 de ces références contiennent des « informations salaces », selon les enquêteurs du FBI.
Trois millions d’autres pieces ne sont pas divulguées. Il est clair que le ministere de la justice traine en longueur en espérant que l’opinion publique se désintéressera de l’affaire. Mais c’est le contraire qui se passe. Le scandale grossit au contraire, notamment parce que les documents révélés masquent soigneusement les noms des clients ou des complices d’Epstein, tandis que des noms de nombreuses victimes sont visibles de très nombreuses fois (certaines adresses sont même données !) et que des photos de certaines victimes ne sont pas retouchées! Or, c’est précisément la nécessité de « proteger les victimes » que le ministère a invoquée pour expliquer sa lenteur a respecter la loi…
La tentative de détourner l’attention avec la sortie du film sur Melania Trump a lamentablement échoué. La critique du film est impitoyable. Le réalisateur lui-meme a du quitter Hollywood car il etait accuse de viol, et il est cité dans les fichiers Epstein. Il est evident que les 70 millions $ que Bezos a déboursés pour sortir ce navet ont seulement pour but de gagner les bonnes grâces de Trump. Le film tente de broder sur le thème connu de la jolie femme qui devient Princesse, mais la realité sordide est celle des « modeles » d’Europe de l’est importées par des « agences » – possédées par Epstein, Trump et leurs copains – qui organisaient des soirees de rencontres à New York entre ces jeunes femmes et des hommes de « l’elite ».
Comble de malchance: la sortie du navet a coïncidé avec l’assassinat d’Alex Pretti à Minneapolis. Le choc de deux mondes: celui de la pourriture de luxe protégée par les nazillons masqués, d’une part, celui de la vraie vie des gens qui luttent, de la solidarite, du don de soi et de l’entraide, d’autre part. Ce n’est pas la « salle de bal » de la Maison Blanche ou l’arc de triomphe grotesque que Trump veut ériger à Washington qui arrangerons les bidons.
Quelle sera la nouvelle fuite en avant de l’escroc qui occupe la Maison Blanche? L’Iran? Cuba? Ou bien s’agira-t-il d’une provocation pour décréter la loi martiale et échapper à une défaite aux midterms? Une seule certitude: dorénavant, ce n’est plus seulement le cours de la Bourse qui peut arrêter Trump: la lutte de classe s’est réveillée et, a Minneapolis, elle lui a inflige le premier revers de son deuxième mandat.