Municipales 2026 : des soupçons de mauvaise gestion des chantiers du plan écoles bousculent la campagne à Marseille

  • Marseille
Le plan de l’école Saint André Castellane présentée à Emmanuel Macron le 28 juin 2023 © Maxppp – Valerie Vrel
Rémi Ink

Publié le 

L’ancien préfet des Bouches-du-Rhône, Georges-François Leclerc, a fait un signalement au procureur de la République pour des faits « constitutifs d’infractions à la loi pénale et notamment de délits de favoritisme ». Le vaste plan écoles à Marseille est en cause.

L’ancien préfet des Bouches-du-Rhône a saisi la justice sur des soupçons de mauvaise gestion des chantiers du vaste plan écoles à Marseille, a révélé ce lundi le média en ligne Blast.

Selon ce média, l’ancien préfet des Bouches-du-Rhône Georges-François Leclerc a saisi le procureur de la République de Marseille au titre de l’article 40 pour des faits « constitutifs d’infractions à la loi pénale et notamment de délits de favoritisme ».

Le parquet de Marseille a confirmé ce mardi l’ouverture d’une enquête préliminaire à la suite de ce signalement.

Les préfabriqués de l’école Saint-André de la Castellane

L’école Saint-André de la Castellane, située dans les quartiers Nord, serait notamment dans le viseur. Sa reconstruction a pris du retard en raison d’un litige avec l’entreprise ayant le marché public ce qui a obligé les autorités à trouver une alternative notamment par le rachat de préfabriqués afin que les élèves puissent effectuer leur rentrée, croit savoir Blast.

Selon le média en ligne, la société publique des écoles marseillaises (SPEM), co-dirigée par l’État et Ville, en charge de la mise en place du chantier titanesque de reconstruction, de rénovation et de modernisation des écoles publiques de Marseille, d’1,5 milliard d’euros, est accusée de ne pas avoir respecté le cadre législatif pour racheter les nouveaux bâtiments modulaires.

« Il fallait bien trouver une solution », pour Pierre Huguet

Invité de ICI Provence ce mardi, Pierre Huguet, tête de liste du Printemps marseillais dans les 9e et 10e arrondissements, a réagit à ces révélations dans la presse. « Je pense qu’il faut clarifier la situation. De quoi est-ce qu’on parle ? On parle de matériels qui ont été réutilisés, achetés par la SPEM (la Société des écoles de Marseille) », commence Pierre Huguet. L’une des têtes de listes du Printemps Marseillais explique ensuite que « l’entreprise qui avait la construction de l’école de la Castellane a fait faillite et n’a pas pu finir les travaux« . Voilà pourquoi, selon Pierre Huguet, « il y avait des enfants sans classe, sans cantine, donc il fallait bien trouver une solution« .

« Bien sûr, si les choses n’ont pas été faites comme il se doit d’un point de vue juridique, que ce soit l’État, que ce soit la ville ou la SPEM, on prendra nos responsabilités« , assure l’invité de ICI Provence. « J’assume le fait de trouver une solution à des enfants qui se retrouvent sans classe, qui se retrouvent sans cantine« , assure Pierre Huguet, qui rappelle que « 27 écoles ont été livrées » et que « des dizaines de chantiers sont en cours« .

La Ville de Marseille indique dans un communiqué avoir « pris connaissance par voie de presse«  de ce signalement et « le maire de Marseille s’étonne que son co-actionnaire, le préfet de l’époque, n’ait pas informé l’ensemble du Conseil d’Administration et des actionnaires du signalement dont il était destinataire« .

Des révélations en pleine campagne électorale

Interrogé par l’AFP, l’entourage d’Emmanuel Macron estime que l’ancien préfet, aujourd’hui directeur de cabinet du président de la République, « a fait ce qu’il devait faire dans les fonctions qui étaient les siennes pour préserver l’intégrité d’un projet présidentiel« .

Pour le candidat LFI Sébastien Delogu « les faits dénoncés sont graves » : il intime Benoît Payan de « s’expliquer« . Sur ICI Provence, son directeur de campagne Hédi Bounouar « demande à Benoît Payan de s’expliquer et d’arrêter la saignée, arrêter le processus avec la SPEM, il faut internaliser le Plan écoles et le rentrer dans le giron de la Ville de Marseille »

Sébastien DELOGU
@sebastiendelogu
SCANDALE : enquête ouverte pour délit de favoritisme sur le plan Marseille en Grand. Les faits dénoncés par l’ancien préfet, directeur de cabinet @EmmanuelMacron, sont extrêmement graves. Le système Gaudin-Guérini est encore bien vivant. @BenoitPayan doit s’expliquer.
Pour le RN Franck Allisio, ces accusations rappellent « les heures sombres du Guérinisme« , en référence à l’ancien président socialiste des Bouches-du-Rhône, Jean-Noël Guérini, définitivement condamné en 2024 pour une affaire de marchés publics truqués.

Le camp de Martine Vassal (divers droite) se demande lui si Benoit Payan ne doit pas se « retirer« .

Sur l’enveloppe totale de 1,5 milliard d’euros du plan, 400 millions ont été injectés par l’État pour la réhabilitation ou reconstruction de 188 établissements sur les 470 d’ici 10 ans.