Partout en Europe, l’extrême droite gagne du terrain. En France, le phénomène semble désormais installé. Mais se contenter de la combattre électoralement ne suffit pas : encore faut-il comprendre ce qui nourrit durablement son influence.
Partout en Europe, l’extrême droite gagne du terrain. En France, le phénomène semble désormais installé. Mais se contenter de la combattre électoralement ne suffit pas : encore faut-il comprendre ce qui nourrit durablement son influence.
Analyser la montée de l’extrême droite : au-delà des apparences
L’extrême droite n’est pas devenue puissante par un hasard conjoncturel : le basculement vers la droite du champ idéologique français s’inscrit dans une dynamique de long terme, engagée depuis près de cinquante ans. Elle résulte de mécanismes imbriqués, patiemment installés sur un socle façonné et consolidé par le système néolibéral lui-même. L’extrême droite permet au capitalisme en crise de se maintenir, elle est mobilisée par ce même système dans les moments de remise en cause de ses propres fondations. Elle est son assurance-vie, fidèle, à toute épreuve.
Il ne s’agit pas d’attribuer de manière simpliste au capitalisme la responsabilité pleine et entière de l’existence de l’extrême droite. La persistance d’affects réactionnaires s’explique aussi par la complexité de dynamiques sociales telles que le sentiment de déclassement économique, les inquiétudes culturelles, les transformations rapides des repères collectifs ou encore par les dimensions psychologiques propres aux sociétés contemporaines et aux changements générationnels.
En revanche, il paraît essentiel d’analyser la manière dont ces affects peuvent être mobilisés, amplifiés ou instrumentalisés par certains acteurs économiques, politiques et médiatiques afin de légitimer des projets politiques spécifiques et notamment la pérennité du mode d’organisation économique et social de la société. Comprendre comment ces dynamiques peuvent progressivement structurer le débat public, voire devenir un moteur central de la vie politique, constitue un enjeu crucial pour appréhender les conditions d’émergence possibles de formes politiques autoritaires ou fascisantes.
Comment en sommes-nous arrivés à un tel niveau de dégradation du débat public ?
L’époque devient franchement inquiétante. Et des individus capables de façonner un monde aussi dégradé sont nécessairement capables de tout : d’abord pour le préserver, ensuite pour nuire à celles et ceux qui le contestent. Refuser de le voir relève d’une naïveté que l’on doit pour partie aux formations de « gauche raisonnable » à force de ne pas représenter de ligne politique concrète : elles brouillent les pistes en acceptant de jouer le jeu rhétorique et idéologique du pouvoir. En refusant de faire front par des projets politiques fermement oppositionnels et donc nécessairement subversifs, ces formations finissent par reprendre l’analyse du dominant à leur compte (ses mots, ses gestes, ses postures) feignant ainsi de se placer face à lui mais aboutissant, in fine, à le légitimer.
Le positionnement des forces de gauche et leur rapport aux différentes dominations et oppressions qui sont posées d’abord par les interactions avec l’actualité puis par l’action politique concrète, interroge sur une question fondamentale : quel constat de l’état du monde faisons-nous ou plutôt, à quel point sommes-nous prêts à légitimer cet état du monde et les mécanismes structurels qui le rendent possible ?
On peut aussi poser la question autrement : le système politico-médiatique nous autorise-t-il encore à exprimer des positions de gauche aujourd’hui ?
Il convient de constater que des forces politiques se réclamant de gauche et qui ne sont pas capables de se poser frontalement contre le récit dominant sur des sujets aussi graves et cruciaux que ceux de la nécessaire remise en cause du néolibéralisme et du besoin de dénoncer son lien direct avec l’avènement de l’extrême droite ou encore récemment du génocide en Palestine, des violences policières en France, des morts au travail, de l’impérialisme américain ou de l’islamophobie structurelle dans le pays, paraissent difficilement intégrables dans la case de ce qu’on aime à appeler le camp progressiste.
C’est précisément autour de la notion de dépolitisation, riche de sens, que semble se construire l’attractivité de projets politiques que l’on pourrait qualifier de « progressismes centristes ». Cette dépolitisation touche fréquemment des catégories sociales peu exposées aux oppressions et qui peinent donc à percevoir leur dimension systémique et leurs imbrications mutuelles. Il ne s’agit pas d’une dépolitisation au sens d’un désintérêt primaire pour la politique, mais plutôt d’une difficulté à analyser en profondeur les structures et les mécanismes de pouvoir. Ce sont des projets qui, en refusant d’affronter les institutions garantes du capitalisme (élites économiques, médias dominants, police), tout en mobilisant constamment la menace de l’extrême droite, se reposent uniquement sur des affects moraux rassurants et non sur une volonté réelle de transformation sociale.
Il faut donc impérativement cesser avec des projets politiques qui ont pour seule vision de « lutter contre l’extrême droite ». C’est d’ailleurs déjà une vision qui fait au moins une erreur fondamentale : se positionner comme une force dont (presque) la seule vocation politique est de se placer contre un autre mouvement politique nie sa propre vocation : celle de transformer la société. Se définir uniquement comme une force qui lutte contre l’extrême droite réduit la politique à une sorte d’opposition purement réactive. Une telle position risque, paradoxalement, de renforcer la centralité du projet qu’elle prétend combattre, en contribuant à en structurer la légitimité publique et à mettre en visibilité la cohérence des propositions politiques qu’il porte. Dès lors, l’absence d’un projet autonome clairement affirmé peut fragiliser la capacité à proposer une alternative politique pleinement identifiable.
Les forces centristes prospèrent dans cette passivité. Elles normalisent le rapport de domination capitaliste, entretiennent la peur de l’altérité et laissent les puissants concentrer le pouvoir et les médias. Tant que quelques grandes fortunes contrôlent l’économie, la politique et l’information, les voix dissidentes restent marginalisées et le système reste intact, même s’il prétend intégrer en son sein des contre-pouvoirs verts.
C’est même bien pire : ces forces nourrissent (malgré elles ?) le biais délétère d’une société qui ne repose plus que sur l’écrasement de l’autre, et qui, portée par le conformisme et la frilosité intellectuelle, enterre chaque jour un peu plus l’idée même que nous nous faisions pourtant de l’humanisme et des Lumières et cela, par pur confort politique et par lâcheté.
Nous sommes face à un univers politico-médiatique « légitime », qui réduit la politique à la détestation de l’autre et à sa disqualification totale et absolue en cas de désaccord. Ce recul général de l’empathie n’est pas le propre seulement de l’extrême droite mais avant tout celui de nos élites politiques et économiques, qui considèrent qu’il faut éliminer tout ce qui les dérange.
Ne pas s’opposer à ces élites ni chercher à comprendre ce qui les pousse à agir ainsi (le besoin de préserver et de reproduire leurs intérêts) c’est se tromper d’ennemi. Or se tromper d’ennemi, c’est souvent contribuer, malgré soi, à le renforcer.
Les formes politiques autoritaires et fascisantes ne sont pas une menace future : elles sont déjà installées. Elles progressent à visage découvert, normalisées par un système médiatique et politique qui a méthodiquement brouillé les repères. De EELV au RN en passant par le PS les macronistes et les Républicains, le centre et la droite ont contribué à légitimer un espace public où la vérité est constamment retournée contre elle-même. J’insiste sur la responsabilité des partis de « gauche » dans ce naufrage : ce sont les premiers à porter l’image de lignes politiques ne correspondant en rien à leur orientation politique réelle. Ce sont les premiers à mentir, à déformer, à semer le doute. Ce sont donc logiquement aussi les derniers à se lever contre les oppressions citées plus haut et plus largement, contre le système qui les engendre.
Les fausses oppositions sont les plus dangereuses : elles sont le point final de la casse de nos imaginaires et de la possibilité de penser un vrai projet de changement. Mais elles font aussi plus grave : les bourreaux sont dépeints en victimes et les victimes se voient coller des cibles dans le dos. Les dynamiques de radicalisation autoritaire sont désormais clairement visibles. Le gouvernement et les médias usent du mensonge et n’hésitent plus à s’approprier la morale comme un trophée, quitte à la reléguer là où la raison ne peut plus intervenir.
Sur les plateaux télé, des figures d’extrême droite occupent l’espace en continu. Nous sommes dans une France dans laquelle un avis au doigt mouillé vaut plus que n’importe quelle enquête scientifique, tant qu’on le crie plus fort et qu’on va dans le sens de celles et ceux que ça arrange. Ce qui compte n’est plus la rigueur, mais l’utilité politique instantanée du discours. Dans cette France-là, les repères moraux sont inversés : s’indigner devient suspect et défendre des principes devient une honteuse provocation. Il ne faut plus pleurer l’injustice : il faut la légitimer coûte que coûte. L’arbitraire doit être applaudi et l’égalitarisme toujours et impérativement discrédité.
Les mots eux-mêmes sont retournés : Le fascisme serait à gauche. La raison et la mesure à l’extrême droite. La vérité a cédé la place à la post-vérité. Tout devient faux, flou, inversé. Penser ou comprendre n’est plus possible.
Les leçons des années 30
Ce basculement du débat public peut être illustré par l’édifiant parallèle entre le « judéo-bolchévisme » d’hier et « l’islamo-gauchisme » d’aujourd’hui. L’analogie n’a évidemment pas pour vocation de mettre au même niveau la violence des persécutions subies par la communauté juive dans les années 30 et celle des musulmans français aujourd’hui. Elle est cependant révélatrice de mécanismes communs, régis par la volonté de disqualifier l’altérité politique et dont les acteurs, les structures de pouvoir et leurs stratégies peuvent être lues comme suit :
Dans les années 1930 comme aujourd’hui, ces constructions idéologiques émergent dans un contexte où le capitalisme traverse des tensions profondes dans son processus d’accumulation. Sans postuler une identité parfaite entre les périodes, on observe dans les deux cas un affaiblissement des moteurs traditionnels de la croissance, une instabilité de la valorisation du capital et une difficulté accrue à maintenir les formes antérieures d’intégration sociale.
Ces dynamiques se traduisent différemment selon les époques : dans les années 1930, l’effondrement brutal de la profitabilité industrielle et la chute massive de l’investissement conduisent à une véritable crise de reproduction du capital. Aujourd’hui, les profits restent élevés dans de nombreux secteurs (luxe, santé, numérique, e-commerce en tête) mais cette rentabilité repose sur une structure fortement polarisée, marquée par la financiarisation, la concentration des marchés et la stagnation des salaires. Cette configuration, malgré une profitabilité encore élevée, marque l’avènement d’une crise de répartition, de légitimité et de soutenabilité sociale.
Dans les deux cas, la réponse consiste à intensifier les formes d’exploitation : pression sur les salaires, flexibilisation du travail, extension de la précarité, et externalisation des risques vers les individus. Ces évolutions alimentent la défiance sociale, fragmentent les solidarités collectives et renforcent les clivages politiques. Ce n’est donc pas tant la répétition mécanique d’un cycle économique que la réactivation d’un même type de contradiction structurelle : lorsque le capitalisme peine à assurer la stabilité matérielle qu’il promettait, il ouvre un espace propice à la production d’ennemis intérieurs destinés à détourner la conflictualité sociale de ses causes économiques.
Ces périodes voient s’accumuler des tensions sociales que le système économique n’est plus en mesure d’absorber : chômage, fragmentation des protections collectives, endettement des ménages, inaccessibilité de la propriété privée, disparition des mécanismes de stabilité qui structuraient la vie sociale. Autrement dit, les conditions matérielles de la vie quotidienne se dégradent, rendant plus visibles les contradictions constitutives du capitalisme lui-même. C’est précisément dans ces moments de fragilité qu’apparaissent des récits accusateurs, destinés à détourner la colère sociale de ses causes structurelles.
Reconstruire le récit de l’ordre
L’émergence de ces constructions idéologiques s’inscrit d’abord dans un cadre matériel commun : celui des crises structurelles du capitalisme, moments où le système rencontre ses propres limites. Lorsque les contradictions du capital deviennent perceptibles à grande échelle, la classe dominante doit produire un récit capable de maintenir la cohésion sociale en dépit de l’instabilité économique. Marx rappelle que les idées dominantes ne sont pas neutres : elles sont celles qui permettent à la classe dominante de se reproduire comme telle.
Dans ce contexte, l’idéologie fonctionne comme un instrument de stabilisation. Elle permet de recomposer un horizon de sens lorsque les mécanismes matériels de légitimation (croissance, emploi, mobilité sociale, santé) se délient. Les campagnes contre un « ennemi intérieur » répondent donc à un besoin politique : éviter que la conflictualité sociale ne se transforme en conscience de classe. La désignation d’un groupe comme perturbateur ou complice d’une menace permet de restaurer, même artificiellement, un sentiment d’ordre et de cohésion, tout en délégitimant les critiques du système économique.
Dépolitiser la contradiction
C’est dans ce cadre que se fabriquent des catégories telles que le « judéo-bolchévisme » ou « l’islamo-gauchisme ». Elles répondent au même schéma de production idéologique : fusionner une minorité stigmatisée avec un courant politique jugé subversif afin de créer une figure d’altérité totale, menaçante pour l’ordre établi.
Dans les années 1930, l’association du « juif » au « bolchévique » permettait de présenter la lutte contre le capitalisme comme une agression étrangère et de détourner la colère populaire de ses causes matérielles.
Aujourd’hui, accoler « islam » et « gauche » remplit exactement la même fonction : faire passer les critiques de la logique néolibérale pour les complices d’une menace identitaire supposée. L’objectif n’est pas la description du réel, mais la production d’un effet politique précis : dépolitiser la contradiction sociale en la substituant par un conflit culturel prenant source dans des affects réactionnaires.
Ces constructions idéologiques ne sont jamais totalement nouvelles : elles réactivent des cadres narratifs anciens, des peurs collectives et des représentations de l’altérité qui permettent de produire rapidement un effet politique. L’objectif est de rendre d’abord suspectes puis ennemies, les forces progressistes ou contestataires en les reliant à une figure de menace.
La menace woke
Les attaques répétées contre les sciences humaines et sociales prennent aussi une signification particulière. Elles ne relèvent pas seulement d’un débat académique, mais traduisent un besoin politique de délégitimer les outils critiques qui permettent de mettre au jour les mécanismes de domination. Nier ou disqualifier ces disciplines revient à affaiblir la capacité collective à analyser les rapports sociaux, les héritages historiques et les structures économiques qui façonnent les inégalités.
Cette remise en cause s’inscrit fréquemment dans des dynamiques de fascisation. Pour maintenir ou restaurer des hiérarchies sociales, il devient nécessaire de promouvoir des lectures naturalisantes des rapports humains : essentialisation des identités, refus des analyses structurelles et suspicion envers toute promesse universaliste ou humaniste. Les sciences sociales apparaissent alors comme une menace directe, puisqu’elles dévoilent précisément ce que ces récits cherchent à invisibiliser.
Ce processus s’accompagne nécessairement d’une mobilisation d’affects réactionnaires, notamment autour du sentiment de déclassement ou de dépossession. Certains groupes sociaux (hommes blancs en tête) sont encouragés à percevoir les avancées en matière d’égalité, qu’il s’agisse de luttes féministes, antiracistes, décoloniales ou liées aux questions de genre, comme des pertes ou des menaces, plutôt que pour ce qu’elles sont réellement : de profonds outils humanistes d’émancipation. L’analyse critique de ces rapports de domination touche en effet au cœur des logiques de pouvoir existantes et entrave le narratif bien volontiers mobilisé par les classes dominantes, d’activation de récits nostalgiques d’une société pourtant révolue.
Dès lors, la question de la convergence des luttes devient centrale. Articuler efficacement la critique du capitalisme avec la lutte contre les différentes formes d’oppression permet d’éviter la fragmentation du corps social. Car un système fondé sur la compétition et la hiérarchisation tire naturellement profit des divisions internes, en marginalisant certains groupes et en affaiblissant les solidarités collectives.
À l’inverse, une perspective qui relie justice sociale, égalité politique et reconnaissance des différentes formes d’oppression ouvre la possibilité d’une émancipation réellement partagée.
Diviser les dominés, justifier le durcissement étatique
Ces récits ne sont jamais des gestes discursifs inoffensifs : ils ont une fonction stratégique dans la lutte des classes. En désignant un ennemi intérieur, la classe dominante : fracture le camp des dominés ; détourne la colère vers des cibles inoffensives pour le capital ; fragilise les solidarités ouvrières, syndicales et universitaires ; prépare l’opinion à l’acceptation de politiques répressives ; légitime la surveillance, l’exception sécuritaire et la restriction des libertés et neutralise toute critique systémique en la pathologisant ou en la criminalisant.
Il s’agit donc de stratégies d’ingénierie politique visant à consolider l’ordre capitaliste en crise. La production de l’ennemi intérieur devient un outil de gouvernement : elle transforme la conflictualité sociale en conflit identitaire afin de préserver la structure économique.
En prétendant définir le réel, ces mécanismes finissent même par agir sur celui-ci en produisant logiquement en partie les comportements qu’ils prétendent décrire : lorsqu’une population est traitée en bloc comme un problème, on favorise le risque qu’elle se replie parfois sur elle-même. Ces exemples de repli seront ensuite interprétés comme une preuve supplémentaire du danger qu’on lui attribuait, bouclant ainsi la logique de stigmatisation, et ainsi de suite.
Crise organique : incapacité du système à garantir un horizon d’avenir
Enfin, ces constructions idéologiques sont révélatrices d’une crise organique plus profonde : celle d’un capitalisme devenu incapable de produire un avenir crédible. Ni croissance, ni sécurité matérielle, ni mobilité sociale ne peuvent plus servir de ciment idéologique, dans un cadre altéré de manière absolue par la crise climatique en cours.
Lorsque le capitalisme cesse de convaincre par ses promesses, il doit se maintenir par la peur. L’ennemi intérieur remplace l’horizon social. La rhétorique de la menace remplace le projet collectif.
Le discours sur « l’islamo-gauchisme », comme celui sur le « judéo-bolchévisme » avant lui, apparaît alors comme une tentative de réarticuler artificiellement une cohésion sociale que les conditions matérielles ont rendu impossible. C’est un signe, non de force, mais de déclin idéologique du capital.
C’est tout l’enjeu de ce qui se déroule en ce moment même devant nos yeux exténués : le traitement politico-médiatique réservé à La France insoumise en offre une illustration concrète. La violence avec laquelle la gauche est aujourd’hui prise pour cible par le pouvoir et une grande partie du champ médiatique confirme cette dynamique. Le centre semble, une fois de plus, préférer composer avec l’extrême droite pour mieux se débarrasser d’une gauche qui dérange les intérêts établis.
L’histoire dira ce qu’il faudra penser de ce choix. On peut déjà raisonnablement considérer qu’il engage une responsabilité politique lourde, tant il apparaît médiocre, lâche et dangereux.