TRUMP CHAHUTÉ DANS SON DISCOURS DÉLIRANT SUR L’ÉTAT DE L’UNION AU CONGRES

Hier 24/02 avait lieu le traditionnel discours annuel de « l’état de l’union » du président américain devant le Congrès, des autorités comme les membres de la Cour Suprême, des personnalités et des invités triés sur le volet, télévisé à tout le pays, où le président fait en principe un bilan de son année et présente ses perspectives.
Trump, lui a fait un discours de presque deux heures, complétement dément, rempli de mensonges délibérés du début à la fin, truffé d’arguments racistes, de statistiques inventées, de griefs déformés et d’une rhétorique débridée qui révélait à quel point il craignait non seulement que la vérité sur ses liens avec Epstein n’éclate enfin, mais aussi que l’impact total de ses actions sur L’économie, et les alliances internationales, l’État de droit et les fondements mêmes de ce pays ne le rattrape et ne l’amène en prison.
Par ailleurs, il a déclaré que les démocrates son « fous », que c’est « l’âge d’or de l’Amérique » (en fait pour lui avec 5 milliards de dollars détournés pour lui et sa famille), que l’économie vit un « redressement économique spectaculaire », le « plus important de l’histoire » alors que l’emploi chute comme jamais, l’inflation bondit. Il a prétendu que les droits de douane rapportaient « des centaines de milliards de dollars » et que les pays avec lesquels nous commerçons étaient « ravis », alors qu’ils sont un impôt supplémentaire sur les gens, qu’ils ruinent l’économie, que 1 000 entreprises ont porté plainte contre eux, que la Cour suprême lui a interdit de les continuer et l’oblige à rembourser aux entreprise et aux gens ce qu’ils ont perdu à cause de ces droits de douane.
Puis il s’est lancé dans l’un des moments les plus délirants de la soirée : « On me supplie : Monsieur le Président, s’il vous plaît, s’il vous plaît, on gagne trop. On n’en peut plus. On n’a pas l’habitude de gagner dans notre pays. Avant votre arrivée, on perdait tout le temps, mais maintenant on gagne beaucoup trop. Il faut arrêter de nous donner» ! Évidemment, personne ne dit ça. Trump construit un récit imaginaire, un conte de fées, en direct sur la situation américaine et se répond à lui-même, à ses propres mensonges comme s’il était le peuple, comme s’il s’agissait d’une conversation qu’il avait réellement eue. Puis devant un tel succès populaire imaginaire, il a évoqué un troisième mandat. Il l’a dit clairement. Il n’a besoin ni du Congrès, ni des tribunaux. Il fera ce qu’il veut, quoi qu’il arrive. Ce n’est pas un président. C’est un dictateur qui vous déclare sans ambages que les règles ne s’appliquent pas à lui. Il a également affirmé, sans la moindre preuve, que « 22 lauréats du prix Nobel d’économie » s’étaient « totalement trompés » sur son économie et que lui seul avait vu juste. Voilà le discours d’un fou délirant.
Mais le plus important était dehors.
Avec des manifestants et des discours devant le Capitole qui dénonçaient Trump et l’ICE, avec aussi un contre évènement , un « discours de l’union » sur des chaines internet, baptisé  » l’état du marécage » avec des dizaines et des dizaines d’artistes, de personnalités, présidées par Rober de Niro, pour démonter tout ce que Trump disait. Et puis aussi des élus démocrates dans leurs circonscriptions qui faisaient des contre discours télévisés. Et puis encore dans le Capitole, des sièges vides d’une trentaine d’élus démocrates qui avaient boycotté, d’autres qui avaient emmené avec eux des victimes d’Epstein et de Trump, un élu démocrate noir qui avait emmené un pancarte « les noirs ne sont pas des singes », faisant allusion au montage IA où Trump avait montré les Obama en singes, une pancarte qui a déclenché une bagarre, un élu républicain tentant de lui arracher la pancarte avant qu’il ne soit finalement expulsé…
Et au final dans les médias, le résultat du gros succès électoral des Démocrates en Pennsylvanie et dans le Maine faisait la Une et effaçait le discours de Trump, démentant, de fait, tout ce qu’il raconte mais illustrant aussi les raisons concrètes de sa panique et de ses délires.