A propos des élections…

Nicolas Framont

La politique ne se résume pas au vote. Il existe des pays où le vote a toujours lieu mais il n’a plus aucun intérêt ni ne permet quoi que ce soit pour les citoyens. Dans un régime autoritaire oligarchique comme la France, le vote est décrit comme le levier majeur pour exprimer ses opinions politiques (ce que j’aimerais que l’on fasse) et ses croyances sociales (ce que je pense que l’on peut faire avec les gens tels qu’ils sont) alors qu’il ne constitue qu’un pouvoir très limité qui procède par délégation de souveraineté sans moyen d’en maîtriser le devenir et au profit d’une classe sociale et d’un genre souvent différent du sien. Sur la mandature qui se termine, 78% des maires sont des hommes. Dans les moyennes et grandes villes, ce sont très majoritairement des cadres et professions intellectuelles supérieures. Voter est décrit comme un acte de citoyenneté alors qu’il peut aussi tout à fait être décrit comme un renoncement au profit de gens qui, pendant 6 ans, auront peu de compte à rendre. Heureusement, des candidates et candidats tentent de transformer ce rapport passif au vote en un rapport actif à la vie locale, en proposant de la solidarité et de la démocratie directe. Je pense de plus en plus qu’il faut avoir un rapport pragmatique au vote et être en mesure de décrire les effets réels qu’il aura sur son pouvoir d’habitant.e et de citoyen.ne. La description du vote comme un impératif moral, sa présentation comme l’alpha et l’oméga de l’engagement citoyen et la culpabilisation de ceux qui doutent me semble nourrir le scepticisme ambiant car elles souffrent d’un manque de crédibilité largement compréhensible si l’on s’en tient aux faits et à l’expérience. Ceci étant dit, les résultats d’élections sont un indicateur intéressant pour comprendre l’état d’un pays. L’un des principaux enseignements de ce scrutin c’est que le monde médiatico-politique n’est pas parvenu à imposer aux électeurices sa nouvelle ligne de barrage à LFI et d’accueil du RN au centre de la vie politique française. Mais ce constat varie fortement selon les régions et les tailles de communes et la vigilance reste de mise. Maintenant il faut continuer à faire de la politique, au delà du vote.
Peut être une image de texte qui dit ’Siles Sil les résultats du premier tour des municipales viennent briser les prophéties et les propagandes du système médiatique, s'ils marquent un net progrès de LFI dans les grandes villes, s'ils montrent que la montée du RN n'est pas inexorable, s'ils marquent une nouvelle défaite du macroniste (que les grands médias prennent bien soin d'ignorer), ils ne résolvent pas le problème des écarts entre les grandes et les petites villes, ainsi que de a mise hors jeu de toute une partie de la population vis à vis du vote.’
Peut être une image de texte qui dit ’Rappellons que l'abstention électorale n'est pas une manifestation de flemme ou d'indifférence, car la politique et le soin aux autres ne se résume pas au vote. Souvent, elle traduit une décision logique face au constat froid et sensé selon lequel la classe politique, en particulier locale, fera bien ce qu'elle veut quoi que l'on vote, et que les décisions ne sont de toute façon plus prises au niveau des municipalités mais des des ntercommunalités qui fonctionnent dans des technocraties féodales.’
Peut être une image de texte qui dit ’«<S'intéresser à àla politique institutionnelle > devient de plus en plus un jeu de spéculation, d'anticipation et d'influence si l'on en a le pouvoir pour savoir ce que que fera tel élu, quii S alliera, quel programme il appliquera, et ce en fonction de rapports de force complexe sur lequel le citoyen de base n'a n' pas la main. Plus l'on est intégré dans la société, plus participer à ce jeu a du sens. Moins on l'est, plus il ils S apparente à un pari bien hasardeux.’
Peut être une image de texte
Peut être une image de texte qui dit ’Au niveau local je suis toujours frappé comme < parler politique >> consiste essentiellement à commenter les traits de caractère de tel élu, ses inimitiés tel autre, son mariage avec tel dirigeant d'entreprise ou d'hôpital. J'admire beaucoup les citoyennes et citoyens qui tentent de changer cet état de fait en proposant des listes qui mettent en avant des propositions plutôt que des personnes et dessinent une autre pratique de la politique ou le vote ne serait pas le simple evier dont nous disposerions.’
Peut être une image de texte
Peut être une image de texte qui dit ’Pour finir, j ai énormément de mal avec cette idée selon laquelle l'abstention serait le résultat d'un < privilège», celui de «s'en foutre Je ne pense pas que l'abstention soit majoritairement le résultat d' une indifférence et surtout le profil des abstentionnistes n'est en aucun cas celui de personnes privilégiées: la Seine Saint Denis est 'un des départements où l'on S abstient le plus et C 'est aussi un département pauvre, avec des emplois précaires et du logement dégradé.’
Peut être une image de texte qui dit ’Sil'on veut changer le rapport au vote il faut lui donner un contenu effectif, une portée concrète et mesurable, surtout n'en faire que la première étape d'une reprise en main de sa vie individuelle et collective, pas une délégation indéfinie de souveraineté. Clairement, certains font ça mieux que d'autres et le résultat est là.’
Peut être un dessin de texte