La politique ne se résume pas au vote. Il existe des pays où le vote a toujours lieu mais il n’a plus aucun intérêt ni ne permet quoi que ce soit pour les citoyens. Dans un régime autoritaire oligarchique comme la France, le vote est décrit comme le levier majeur pour exprimer ses opinions politiques (ce que j’aimerais que l’on fasse) et ses croyances sociales (ce que je pense que l’on peut faire avec les gens tels qu’ils sont) alors qu’il ne constitue qu’un pouvoir très limité qui procède par délégation de souveraineté sans moyen d’en maîtriser le devenir et au profit d’une classe sociale et d’un genre souvent différent du sien. Sur la mandature qui se termine, 78% des maires sont des hommes. Dans les moyennes et grandes villes, ce sont très majoritairement des cadres et professions intellectuelles supérieures. Voter est décrit comme un acte de citoyenneté alors qu’il peut aussi tout à fait être décrit comme un renoncement au profit de gens qui, pendant 6 ans, auront peu de compte à rendre. Heureusement, des candidates et candidats tentent de transformer ce rapport passif au vote en un rapport actif à la vie locale, en proposant de la solidarité et de la démocratie directe. Je pense de plus en plus qu’il faut avoir un rapport pragmatique au vote et être en mesure de décrire les effets réels qu’il aura sur son pouvoir d’habitant.e et de citoyen.ne. La description du vote comme un impératif moral, sa présentation comme l’alpha et l’oméga de l’engagement citoyen et la culpabilisation de ceux qui doutent me semble nourrir le scepticisme ambiant car elles souffrent d’un manque de crédibilité largement compréhensible si l’on s’en tient aux faits et à l’expérience. Ceci étant dit, les résultats d’élections sont un indicateur intéressant pour comprendre l’état d’un pays. L’un des principaux enseignements de ce scrutin c’est que le monde médiatico-politique n’est pas parvenu à imposer aux électeurices sa nouvelle ligne de barrage à LFI et d’accueil du RN au centre de la vie politique française. Mais ce constat varie fortement selon les régions et les tailles de communes et la vigilance reste de mise. Maintenant il faut continuer à faire de la politique, au delà du vote.








