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Arrêté et placé en garde à vue le 19 février comme le justiciable ordinaire qu’il est redevenu depuis que son frère, le roi Charles III, lui a récemment retiré ses titres, l’ex-prince et duc d’York Andrew Mountbatten Windsor, 66 ans, n’en finit plus de ternir, peut-être à jamais, la Couronne d’Angleterre. Compromis jusqu’au cou dans plusieurs pans de l’affaire Epstein, lui et son ex-épouse Sarah Ferguson ont également fait l’objet l’an dernier d’une bio dévastatrice, Entitled, qui a révélé l’ampleur des malversations et de la cupidité du couple. Depuis, Fergie a prudemment pris la poudre d’escampette tandis qu’Andrew, éjecté de force début février par Buckingham Palace de la somptueuse demeure qu’il occupait depuis vingt ans à Windsor, reste KO debout en attendant les prochains coups. Vous avez dit « shocking » ? Notre journaliste 100% british vous narre par le menu la sordide ballade d’Andrew et Fergie.
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Pendant longtemps, il ne faisait pas vraiment partie des célébrités internationales de premier plan. Le deuxième fils de la défunte reine d’Angleterre Elizabeth II n’a atteint ce statut qu’à l’âge de 59 ans, en novembre 2019. Le 14 de ce mois fatidique, il accorde une interview d’une heure à la journaliste Emily Maitlis de la BBC. Diffusé deux jours plus tard, l’entretien tourne rapidement à la catastrophe jusqu’à demeurer à ce jour l’exemple le plus spectaculaire d’auto-sabotage jamais filmé. Andrew, qui s’est prêté à l’exercice afin de clarifier la nature de ses relations avec le financier pédophile tombé en disgrâce Jeffrey Epstein, semble débarquer d’un siècle lointain. Il affirme s’être toujours conduit « de manière honorable » dans ses relations avec le prédateur sexuel. Il ment comme un arracheur de dents, ainsi que l’attestent son langage corporel et cet air ahuri figé sur ses traits de poupon bien nourri. Plus incriminants encore sont ses mots. Un moment d‘anthologie intervient quand il tente de se dépatouiller des accusations de Virginia Giuffre (dont il sera question plus bas) qui a affirmé lui avoir été livrée à l’âge de 17 ans par Jeffrey Epstein et sa complice Ghislaine Maxwell. La journaliste ne lâche rien : lui et Giuffre étaient sortis en boîte de nuit où Andrew avait abondamment transpiré, a précisé cette dernière. Andrew se met alors à expliquer qu’il est atteint d’une pathologie unique : après la guerre des Malouines où il a combattu, ses glandes sudoripares ont cessé de fonctionner. Il ne peut donc tout bonnement plus suer comme tout être humain normalement constitué.
Un fou-rire irrépressible secoue la planète entière. Dès lors, les tabloïds s’en donnent à cœur joie et rivalisent à grands coups de couvertures et d’articles sur le thème « Andrew en sueur ».
Bien entendu, les citoyens britanniques, gavés des moindres faits et gestes d’Andrew depuis sa naissance en 1960, n’ont pas été si surpris par ce grand moment de télévision. Il était déjà de notoriété publique que l’homme sur le grill était — pour citer Jeffrey Epstein lui-même s’exprimant dans l’un des documents récemment livrés à l’attention du public — « un crétin fini ». Et de nous rappeler des rares extraits télévisés d’Andrew enfant, un gamin insolent constamment en quête d’attention et difficile à maîtriser. Des récits des années d’adolescence du garçon arrogant prompt à harceler ses camarades d’école à Gordonstoun. Au début des années 1980, Andrew a eu son quart d’heure de gloire. Enrôlé dans la guerre éclair des Malouines, il est parvenu à ne pas sauter sur une bombe et à rentrer au Royaume-Uni auréolé par les médias d’un statut de héros. Naturellement, un jeune célibataire tel que lui avait de quoi attirer l’attention de la gent féminine, et Andrew a pleinement profité de la situation, ce qui lui a valu de se faire affubler par les médias, encore eux, du sobriquet de « Randy Andy » — soit Andy le chaud lapin.
Le préféré des quatre rejetons de la reine
Las, après un énième cliché du prince surpris par un tabloïd en train de batifoler en charmante compagnie dans quelque boîte de nuit londonienne, les pouvoirs en place, c’est-à-dire sa mère, lui ont fait savoir que l’heure était venue pour lui de se marier et de fonder une famille. Pour des raisons que nul n’a connues sauf elle, Andrew était le préféré des quatre rejetons de la reine, trois garçons et une fille. Jeune, il était le plus photogénique et le moins mal loti en termes d’apparence physique. Éternellement en quête d’attention, il était extraverti et très à l’aise en public, à la différence des autres enfants d’Elizabeth. L’aîné, Charles, était décidément trop bizarre et introspectif et le benjamin, Edward, trop mièvre et efféminé. En ce sens, la relation de Charles et Andrew reflète assez celle de la reine Elizabeth II avec sa sœur Margaret. Des deux, cette dernière a toujours été l’extravertie, tandis qu’Elizabeth se montrait réservée et posée. Margaret parvint presque à convaincre sa sœur de lui laisser sa place sur le trône avant que les exigences du protocole royal ne s’imposent et qu’elle ne soit renvoyée à une âpre existence marquée par liaisons discutables, amis douteux et alcoolisme rampant.
Reste qu’à l’inverse d’Andrew, la princesse Margaret est demeurée dans la famille royale sa vie durant. Il y a certes eu des scandales mais elle a conservé ses titres. Et jamais elle n’a été déclarée persona non grata par Buckingham Palace, contrairement à l’exubérante créature qu’Andrew choisit d’épouser, et qui recevra, elle, cette gifle en pleine face.
Comment définir la catastrophe ambulante qu’est Sarah Ferguson ? Des expressions comme ravagée du bulbe, imbue de sa personne ou cupide jusqu’à la moelle lui rendent à peine justice. Andrew la rencontre parce que leurs pères respectifs jouent au polo ensemble, même si Ronald Ferguson n’est qu’un simple instructeur du sport en question et non pas un noble nanti. Sa fille Sarah a commencé à fréquenter une clique de friqués de la haute avant d’atteindre la vingtaine. Elle a déjà entretenu une relation sérieuse avec un millionnaire plus vieux qu’elle et a développé un goût qui ne la quittera plus pour le faste et l’opulence — aux frais d’autrui, s’entend. Lorsque Andrew commence à la courtiser sérieusement, elle n’en croit pas sa chance. La nature ne l’a pas spécialement gâtée, mais elle compense cette absence de grâce par une personnalité explosive qui ne connaît ni filtre ni limites. Pour des raisons restées mystérieuses, la famille royale pourtant coincée la considère dans un premier temps comme « un bol d’air frais ». Seul le prince Philip, mari de la reine, entrevoit très tôt les problèmes que son arrivée pourrait causer à sa famille. Mais son épouse, sous le charme, approuve un mariage somptuaire célébré le 23 juillet 1986.
Retransmise à la télé britannique, la cérémonie se conclut par des clichés des jeunes mariés au balcon de Buckingham Palace, entourés de la famille royale et acclamés par des milliers de spectateurs. Intronisés duc et duchesse d’York par la reine, ils semblent, une lueur avide dans le regard, se délecter du bain d’adulation. Bien plus qu’une complicité romantique, Andrew et Fergie partagent la même philosophie : ils sont au-dessus des gueux qui les applaudissent, ils sont de sang royal et doivent par conséquent être traités avec déférence quelle que soit la manière dont ils choisissent de se comporter.
Des combines peu reluisantes
Cette certitude d’appartenir à une caste supérieure finira par se retourner contre eux, mais l’espace d’une demi-douzaine d’années, ils parviennent à maintenir l’illusion d’être un couple amoureux et uni par la fidélité conjugale. Bientôt naissent deux filles, Béatrice et Eugénie, qu’Andrew voit très peu, occupé qu’il est à parcourir les mers pour remplir ses devoirs d’officier de la marine. Mais Fergie a besoin d’attention, le couple se fissure et annonce sa séparation en mars 1992. Comme elle adore tout autant claquer du fric, elle s’est mise à fréquenter divers « experts financiers », dont John Bryan, qu’un paparazzi surprend cinq mois plus tard au bord d’une piscine à Saint Tropez en train de suçoter les orteils royaux sous l’œil des deux fillettes de leur génitrice.
Ce scandale très médiatisé lui vaut de se faire écarter de la famille royale. Si son époux navigue toujours sur les océans, c’est Fergie qui, contre toute attente, va braver et vaincre la tempête. À bientôt 40 ans, elle a beau être restée complétement écervelée, elle est également dotée d’un instinct de survie peu commun. Aussi va-t-elle se « labelliser », monnayer ses accointances avec la famille royale et devenir une carriériste aguerrie.
Ça fonctionne pendant un moment. Elle devient l’égérie de Weight Watchers qui la paie un demi-million de livres pour perdre plus de 20 kilos et en faire la réclame. Pour la même somme, elle « écrit » ensuite quelques livres pour enfants. Paris Match l’emploie pour réaliser six interviews, payées chacune 10000 livres. Elle serait sur le point de lancer son propre talk-show à la télé américaine. Et bien entendu, elle est rémunérée pour toutes les œuvres caritatives qu’elle représente.
Un temps, Fergie jongle entre tous ses projets sans que les médias ne lui accordent trop d’attention, mais ces combines peu reluisantes commencent à émerger : ses livres pour enfants lui valent une plainte pour plagiat ; diverses organisations caritatives comme Children in crisis se plaignent de la disparition d’importantes sommes données à leurs causes, parfois recyclées en « frais personnels » de Ferguson. L’une après l’autre, ces révélations la forcent à abandonner ses rêves de star pour retourner vers l’homme dont elle a divorcé. Les feux de l’amour ont beau être éteints depuis longtemps, les ex-tourtereaux ont toujours besoin l’un de l’autre. En 1999, Andrew en a fini avec la marine. Il a failli devenir capitaine, mais l’un de ses supérieurs dira plus tard que c’était « une évidence aux yeux de tous : s’il n’avait pas fait partie de la famille royale, ni ses états de service ni son potentiel ne lui auraient jamais valu la moindre promotion ».
Un désastre en perspective
C’est dans ces eaux-là qu’Andrew prétend avoir rencontré pour la première fois Jeffrey Epstein. Selon d’autres sources, les deux hommes se seraient connus dès les années 1980. Dans tous les cas, la rencontre a été orchestrée par Ghislaine Maxwell, la complice d’Epstein et l’une des petites amies de l’ex-prince au temps de ses années en tant qu’Andy le chaud lapin. Les deux couples (Jeffrey et Ghislaine, Andrew et Fergie) ont beaucoup en commun. Les deux hommes sont des sex addicts et les deux femmes se comportent comme des mères maquerelles. Ghislaine dégote des mineures pour Jeffrey tandis que Ferguson utilise Andrew et ses connexions royales pour inciter des oligarques de diverses nationalités à la rémunérer pour qu’elle arrange une visite à Buckingham Palace et/ou un deal juteux avec telle ou telle entreprise britannique. Andrew se montre plus que disposé à participer à ces magouilles.
Septembre 2001. Andrew est nommé à un nouveau poste : il est envoyé spécial en charge du commerce extérieur et des investissements commerciaux pour le compte de la Couronne, qui estime qu’un senior membre de la famille royale pourrait servir les intérêts du Royaume-Uni, particulièrement dans les pays du Moyen-Orient qui respectent la monarchie. La reine a suggéré ce nouveau job et Andrew bénéficie également de l’aide de Peter Mandelson, le « Prince des Ténèbres » du parti travailliste récemment tombé lui aussi en disgrâce (et arrêté le 23 février 2026) en raison de ses relations avec Jeffrey Epstein.
Une seule voix se fait entendre — en privé — contre le nouveau job qui échoit à Andrew, celle de Charles, son frère aîné et futur roi, qui évoque un « désastre en perspective ». Selon une source de Buckingham Palace : « Charles pense qu’Andrew sera incapable de résister à la tentation d’allier business et plaisir. Or, la mission qui lui est confiée est importante et requiert du tact et de la discrétion. »
Andrew va confirmer très vite que « tact et discrétion » sont des notions qui lui passent largement au-dessus de la tête. Promouvoir le commerce britannique à l’étranger, un job qu’il tiendra bon an mal an jusqu’en 2011, ne l’intéresse guère. Il préfère se pavaner avec son service de sécurité, séjourner dans des hôtels 5 étoiles, chercher des deals susceptibles de les enrichir lui et sa famille, et jouer au golf. Sans oublier les appels de la chair : dans Entitled, il est raconté que lors d’un séjour quelque part en Asie, Andrew aurait obtenu de l’ambassade locale la fourniture de pas moins de quarante prostituées pour un séjour de trois jours.
Trafic d’êtres humains
En 2009, Andrew et son ex-femme célèbrent leurs 50 ans respectifs, mais l’heure n’est pas vraiment à la fête car les problèmes s’accumulent à toute vitesse. Fergie, éternellement endettée, tombe dans un piège tendu par News of the World. Le tabloïd lui a envoyé un reporter grimé en émir saoudien à qui elle déclare devant caméra que s’il lui vire 500000 livres sur son compte bancaire, elle pourra lui « ouvrir toutes les portes que vous voulez. » Si ça se passe bien avec moi, il en sera de même avec Andrew, ajoute-t-elle en substance, avant de se vanter de ses contacts à Abou Dhabi et au Kazakhstan.
Peu après, elle est à Cannes à une soirée VIP lorsque son attaché de presse l’appelle pour l’informer qu’elle est en couverture de l’un des plus importants tabloïds anglais qui titre en gros : « Fergie vend Andrew pour un demi-million ». C’en est trop pour la famille royale : déjà un boulet à leurs yeux, l’ex-épouse d’Andrew est désormais si toxique qu’ils vont devoir s’en débarrasser quoi qu’il en coûte. Mais Andrew s’accroche à elle. Ils vivent toujours ensemble et au grand dam de sa famille, il la traîne avec lui à tous les événements impliquant la Couronne.
C’est à ce moment-là que les histoires impliquant Jeffrey Epstein commencent à sortir. Virginia Giuffre, mentionnée plus haut, affirme avoir été victime de trafic d’êtres humains : elle aurait été envoyée, mineure, à Andrew par Epstein et Ghislaine Maxwell. Elle a même une photo d’elle et de celui qui était alors « prince » la tenant par la taille, prise par Epstein et où figure aussi Maxwell. Les médias des USA comme du Royaume-Uni ont tous deux relaté son histoire. Andrew réagit en prétendant que le cliché est un fake et qu’il n’a jamais rencontré cette fille, tout en activant les connexions de Buckingham Palace avec la police pour que cette dernière entame une campagne de diffamation contre Giuffre. Mais le public n’a pas l’air convaincu, aussi Andrew se dit qu’il n’a plus le choix. D’où l’interview calamiteuse de novembre 2019.
12 millions de livres pour faire taire Virginia Giuffre
C’est le début de la débâcle. Andrew est la risée générale. Des gens sortent du bois : anciens employés pas payés, vieilles connaissances et ex-petites amies, tous déclarent à l’unisson que le rejeton au sang bleu d’une rare suffisance n’est qu’un imbécile qui se la joue. Son père décède en 2021, mais c’est la mort de sa mère un an plus tard qui le dévaste vraiment. Et pour cause : la reine Elizabeth II était depuis toujours sa protectrice. C’est elle qui a payé en août 2021 l’essentiel des 12 millions de livres (presque 15 millions d’euros) qu’Andrew a alloués à Virginia Giuffre lors d’une transaction destinée à la faire taire. Quel que soit le pétrin dans lequel il se débattait, la reine était toujours là pour le tirer d’affaire. À présent qu’elle est partie, il se retrouve à la merci du reste de sa famille qui ne peut pas les encadrer, lui et son épouvantable ex-épouse. Et pourtant, au lieu d’en rabattre, la chute d’Andrew semble le rendre encore plus arrogant qu’à l’accoutumée. Il se met à dos le prince William en décrétant que sa femme Kate Middleton est trop « petite bourgeoise » pour faire partie de la famille royale et se serait même battu avec le prince Harry.
Arrive 2025 et plusieurs « documents » dévastateurs paraissent qui vont sceller le sort du duc et de la duchesse d’York. Le premier est, en août, un livre intitulé Entitled : l’ascension et la chute de la maison d’York. Son auteur, un historien nommé Andrew Lownie, y documente en détails la corruption tous azimuts du couple. L’ouvrage choque tout particulièrement les contribuables britanniques au fur et à mesure qu’ils découvrent que leurs impôts financent probablement les extravagances financières et le gaspillage de ce couple incroyablement cupide.
Les autres éléments incriminants arrivent lors de la publication en plusieurs temps des dossiers Epstein : d’abord en 2024, puis le 30 janvier 2026 quand trois millions de documents divers, mails, photos, enregistrements et extraits vidéo sont révélés. (Randy) Andy et Fergie y figurent — séparément. Andrew parle d’éventuelles filles à « examiner » tout en faisant part de son fervent désir de « s’amuser » avec Epstein. Fergie va plus loin encore : « Tu es mon seul ami véritable », clame-t-elle avec ardeur au pédophile après qu’il a épongé ses dettes (se montant apparemment à deux millions de livres). « Épouse-moi. »
Le tout nouveau King Charles a agi promptement et sans états d’âme. Il a retiré à Andrew la totalité de ses titres royaux, lui intimant même, en octobre dernier, l’ordre de quitter le Royal Lodge, sa demeure de 30 pièces à Windsor, pour la plus modeste « Wood Farm », un corps de ferme situé à Sandringham Estate dans le Norfolk.
Les derniers jours que le couple a passés au Royal Lodge sont dignes de la scène finale du Macbeth de Shakespeare : imaginez Fergie en pleine crise d’hystérie, ivre et anéantie, marmonnant toute seule dans une aile de la demeure tandis qu’ailleurs, un Andrew défait craque et tente de calmer ses nerfs en jouant à des jeux vidéo. La seule chose qu’ils partagent encore, c’est la conviction qu’ils sont tous deux victimes, et innocents. Se piquer d’illusions peut devenir une drogue dangereuse, en particulier pour ceux qui ne brillent pas par leur intelligence.
Violation de la loi sur des secrets d’état ?
Du moins Fergie a-t-elle recouru à son instinct de survie pour filer en vitesse. Elle a quitté le Royaume-Uni après Noël pour se rendre à Zurich où elle est retournée dans sa clinique de désintoxication préférée à 13000 euros la journée. Après quoi elle serait allée quelque temps dans les Alpes avant de gagner les Émirats arabes unis, où ses filles sont établies et « font des affaires » — bien que les dernières rumeurs indiquent qu’elles essaient désespérément de se tirer du bourbier où sont tombés leurs parents. Qu’elle soit (le plus probablement) à Dubaï ou à Abou Dhabi, Fergie a pour l’instant échappé au sort qu’a depuis connu son ex-chéri.
« Je suis le fils de la Reine, vous ne pouvez pas me faire ça ! » a glapi Andrew lorsqu’il a été éjecté manu militari de Royal Lodge après avoir été vu en train de faire des risettes et des coucous à tout un chacun au lendemain de la publication des derniers dossiers Epstein le 30 janvier. Plus cruel encore, l’ex-prince a dû partir sans ses meubles (et ses 72 ours en peluche adorés) qui pour finir l’ont rejoint peu après à Sandringham.
Mais le summum de la honte s’est produit le 19 février dernier quand, à 8 heures du matin, la police est arrivée pour emmener Andrew Mountbatten Windsor en garde à vue et l’interroger. Quoiqu’un appel à témoin ait été lancé sur de nouvelles accusations de trafic d’être humain et d’agression sexuelle sur une mineure entre 2000 et 2010, les chefs d’accusation relevaient ce jour d’un autre pan de l’affaire Epstein. Andrew serait suspecté d’avoir violé la loi sur les secrets d’État en transmettant à Epstein des documents confidentiels — parfois cinq minutes seulement après les avoir réceptionnés — à l’époque où il était en charge des affaires commerciales pour son pays. Était-ce le prix à payer contre les « faveurs » de Jeffrey ou s’est-il enrichi personnellement (ou les deux) ? Quoiqu’il en soit, il a été traité comme n’importe quel justiciable : prise d’empreintes, photo d’identification, garde à vue et interrogatoire de près de 12 heures tandis que ses deux domiciles, l’ancien et le nouveau, faisaient toujours l’objet de perquisitions deux jours plus tard. Et le 23 février, la police lançait une enquête sur la visite en 2010 au Royal Lodge d’une jeune femme envoyée par Epstein, qui serait donc la deuxième après Virginia Giuffre.
Lorsqu’il a été relâché, un photographe a réussi à tirer le portrait du prince déchu écroulé à l’arrière d’une voiture. Il a l’air hagard, on dirait un lapin pris dans les phares. En fait, il semble au plus mal, à tel point qu’on peut se demander s’il survivra aux mois et aux révélations à venir. Pauvre vieux petit garçon. Gâté-pourri par une mère qui se trouvait être la reine d’Angleterre, il n’a jamais vraiment grandi et a fini par incarner tout ce qu’il y a de plus grotesque dans l’aristocratie britannique. Il ne manquera à personne.
Crédits photo/illustration en haut de page :
Morgane Sabouret