ANTIFASCISME: LA GAUCHE NE PEUT ETRE BORGNE!

« La Russie de Poutine représente aujourd’hui la forme la plus aboutie du processus (de neofascisation), contrairement à l’Amérique de Trump, dont la transition demeure dangereuse et imprévisible. » (Ilya Budraitskis, dans un article remarquable dont j’ai récemment conseillé la lecture).
Telle est effectivement la realite d’aujourd’hui: le projet neofasciste de Trump – une menace majeure, evidemment- reste malgre tout un PROJET. Il se heurte à de solides résistances sociales et institutionnelles. Sa réussite dépend non seulement des luttes aux USA ( et de la guerre dans le Golfe) mais aussi de la survie du régime neofasciste de Poutine (solidement etabli, lui, depuis 10 ans au moins). Donc des points que celui-ci peut marquer – ou pas – en Europe. Plus particulièrement en Ukraine, dont le peuple est en première ligne.
Je le dis en toute franchise, au risque de gêner certains camarades: La gauche qui veut construire une campagne anti(neo)fasciste MONDIALE sans intégrer la réalité du neofascisme russe ( et en faisant de surcroit l’impasse sur le redoutable « modèle  » de dictature dans l’atelier chinois du monde capitaliste, dont on parle trop peu!) est une gauche borgne.
Au-dela de l’attrait initial que peut susciter une telle demarche, celle-ci flirte dangereusement avec le campisme. Or, celui-ci est à l’opposé de l’internationalisme. De l’internationalisme et de la révolution (car le campisme est toujours en derniere instance une logique du moindre mal).
En tant que marxistes, nous n’avons qu’un seul camp: celui des travailleurs et travailleuses. Et une seule devise: exploité.e.s et opprimé.e.s du monde entier, unissez-vous. Les ennemis de nos amis ne sont pas automatiquement nos amis.