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Où l’auteur de la niouzeletteur annonce : non pas une, non pas deux, mais trois nouvelles vidéos en ligne. Vous demande des choses par rapport à son prochain épisode de L’Empire n’a jamais pris fin. Vous donne des nouvelles de sa santé, fait un point sur ses activités. Et dit au-revoir à une amie.
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Nouvelle vidéo pour Blast. Une vidéo sur Lost. C’est le deuxième épisode de La Fin de la Télévision, la série réalisée et montée par mon vieux complice Thomas Bertay. Le Sens de Lost. Une vidéo garantie 100% sans spoilers, une fois n’est pas coutume. Pour que vous puissiez la voir même si vous n’avez pas vu Lost. Plus exactement : pour que vous puissiez la voir même si, non seulement vous n’avez pas vu Lost, mais vous avez envie de voir Lost sans avoir été spoilé.
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Le Sens de Lost est rempli à ras-bord de souvenirs, y compris visuels. De vieilles images. Y compris de ma pomme, dansant à Innsbruck au début des années zéro sur du Maurice Chevalier en accéléré. Thomas y est allé à fond parce que j’y parle, fait exceptionnel, à la première personne du singulier. L’épisode n’a été ni écrit ni réalisé dans les circonstances habituelles. Il a été écrit peu de temps après mes cinquante ans. Je voulais écrire sur Lost lors de mes cinquante ans. Et il a été enregistré début janvier, juste avant que mon virus ne se déclare. Mais vraiment juste avant. Ma fatigue était grande. Elle grandissait de jour en jour depuis quinze jours. Une fatigue de la taille de l’Empire State Building. De la taille de King Kong. Je n’ai même pas eu la force d’aller déjeuner avec Thomas après le tournage. J’avais à peine la force de mettre un pied devant l’autre et puis de recommencer. Je transpirais beaucoup trop. Je mettais ça sur le compte d’une chaleur que j’étais seul à ressentir. Arnaud Baumann, qui était présent pendant le tournage, s’en inquiétait. Je ne sais pas si c’est le soir même ou le lendemain que je me suis retrouvé avec quarante de fièvre. C’était réglé. Mais bref ouais, comme dirait mon cher Ilies.
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Parce qu’il y a aussi la balade avec Ilies et Mouffette. Enregistrée un peu plus tôt, début décembre. Je peux dater les images au degré de fatigue lisible dans mon regard. Et je n’étais pas encore très fatigué. Je n’étais pas assez fatigué pour ne pas m’amuser beaucoup avec mes amis Ilies et Mouffette. On parle, on bouge, on s’amuse : à pieds, en bus, en voiture. On traverse Paris à toute allure depuis le quartier de la Gare du Nord jusqu’au square du Vert-Galant, en passant par la rue Fontaine, Montmartre, la place Dauphine. On ne voit même pas la nuit tomber. On va sur les traces de Nadja, mais aussi de Breton et du surréalisme, des visions et de la voyance, de la marginalité et de son coût. Je n’en ai pas marre de ressasser cette histoire de Nadja et de Breton ? Non, je n’en ai pas marre. Je n’en ai pas marre du tout. Au contraire, ça m’obsède. Nadja, Breton, Desnos, Artaud, l’histoire du surréalisme. J’en ai même fait un épisode de L’Empire n’a jamais pris fin. L’épisode qui a divisé les spectateurs. L’épisode qui les a énervé.
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Je n’en ai marre ni de l’histoire du surréalisme, ni de celle du Grand Jeu. Puisque j’y reviens dans la vidéo sur Lost. Je suis toujours passionné par l’histoire de René Daumal et de celle de Roger Gilbert-Lecomte. Surtout de celle de Roger Gilbert-Lecomte. Et j’y reviendrai aussi (teaser !) (ou spoiler ?) bientôt dans L’Empire n’a jamais pris fin. Le Grand Jeu dont une bonne quinzaine de personnes me reprochaient ou se désolaient de ne pas me voir aborder dans la vidéo sur le surréalisme… Alors que je lui avais déjà préparé une place ensuite, dans les vidéos qui suivraient. Minute papillons ! Vous croyez vraiment que je ne comptais pas parler du Grand Jeu ? Let me cook, comme disent les jeunes. Laissez-moi cuisiner.
Il y a encore tant de questions que je me pose sur Roger Gilbert-Lecomte. Sur toutes ces dernières années où l’on sait si peu de choses de sa vie. Sur lui et sur son amoureuse Ruth Kronenberg bien sûr. Mais avant sa rencontre avec Ruth Kronenberg, sur celle qui fut son amoureuse égyptienne, Maxe Noceir. Maxe Noceir qui habitait avec sa mère rue Jacob, à l’Hôtel de la Grille. J’aimerais en savoir plus sur l’amoureuse égyptienne de Roger Gilbert-Lecomte. J’aimerais savoir qui était Maxe Nocier.
Comme j’ai toujours voulu savoir qui était Jeanne Pêcheur : cette femme qui fascinait (y a pas d’autres mots) Henri Thomas, le mari de Colette. Jeanne Pêcheur qui a visiblement peint une chapelle dans une église de banlieue (laquelle ?) et qui a fait – je le découvre cette semaine – le portrait de Maurice Audin qui illustre L’affaire Audin de Pierre Vidal-Naquet.
Parce que je suis en train de travailler sur la Guerre d’Algérie pour le cinquième épisode de la troisième saison de L’Empire n’a jamais pris fin. Le quatrième épisode de L’Empire, sur Pétain et l’antisémitisme, est en cours de montage. D’ailleurs je vais vous demander quelque chose. Je vais même vous demander deux choses.
1) Connaissez-vous des historiens, ou des étudiants bien avancés en Histoire, spécialistes de la Guerre d’Algérie – mais qui aiment bien L’Empire n’a jamais pris fin et avec qui je pourrais discuter de certains points d’Histoire ? Parce que j’ai sérieusement besoin d’interlocuteurs sur la Guerre d’Algérie.
2) Savez-vous comment je pourrais me procurer deux livres : La grotte éclatée et Arris ? Les deux livres, semble-t-il plus disponibles, de Yamina Mechkara.
C’est pas tout. Voici une troisième vidéo. C’est la vidéo, par Arnaud Baumann, d’une visite de l’exposition Gébé à la Bibliothèque Nationale. Une heure dans l’obsession de Gébé. Cette vidéo, elle, a été filmée l’été dernier. Janvier, décembre, été… On voyage à l’envers avec ces vidéos. On retourne en arrière pour faire remonter les choses à la surface du présent.
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Quelle vidéo. Quelle exposition. L’ami Alexandre Devaux, son commissaire, nous guide. Il fait visiter l’expo de cet immense, immense, immense génie qu’était Gébé – un des plus grands génies du vingtième siècle, beaucoup trop peu lu et commenté aujourd’hui. Il la fait visiter à deux autres génies, vivants eux, l’un de l’écriture et l’autre du dessin. Delfeil de Ton et Killoffer. Et j’ai la chance de me retrouver à côté d’eux, à me régaler à regarder les images et à les écouter les commenter. Je bois du petit lait, comme on dit. Alex Devaux connaît Gébé mieux que personne. Il y a aussi une dame avec nous, mais je ne me souviens plus comment elle s’appelle parce que c’est la seule fois que je l’ai vue.
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Un petit mot concernant ma santé et les semaines, voire les mois à venir. J’ai repris une partie de mes activités, mais pas toutes. La lecture, l’écriture, le tournage de vidéos pour Blast, oui. Mais pour des raisons qui tiennent à la lourde et lente convalescence du CytoMegaloVirus, le virus mégalo stupide et mangeur de temps et d’énergie, je suis encore au ralenti pour beaucoup d’autres choses. Et, de même que j’ai dû annuler des intervious ou des choses de ce genre, je ne pourrais pas non plus me rendre à des rencontres en librairie pourtant prévues de longue date : La Virevolte à Lyon, Les Volcans à Clermont-Ferrand, Goulard à Aix-en-Provence, etc. Toutes ces dates sont annulées. J’en suis bien triste. Et je leur présente mes excuses. Et je vous présente des excuses à vous aussi, si vous comptiez m’y retrouver. Je ne suis pas encore en capacité d’affronter des salles avec du monde, ou de me prêter à des discussions en public où il faut parler fort. Et je risque d’être encore au ralenti sur pas mal de trucs pour un petit moment.
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Je reviens sur Le Sens de Lost, la nouvelle vidéo pour Blast réalisée par Thomas Bertay. L’épisode est dédié à notre amie Patricia. Patricia qui nous a tellement aidé, soutenu, encouragé, Thomas et moi, sur nos films, depuis 1999. Patricia qui était toujours si désintéressée que, lorsqu’on lui demandait un avis sur un travail en cours, elle se mettait toujours à notre place pour l’évaluer et en dire le degré de réussite ou d’échec. Et qui était si pertinente, intelligente et tranchante qu’elle était devenue une de nos interlocutrices préférées et qu’elle doit se retrouver dans les remerciements de presque tous nos films et presque tous mes livres. Patricia avec qui nous allions aux concerts de Secret Chiefs 3 comme nous débriefions ensemble les épisodes de Lost dans la semaine qui suivaient leur diffusion. Patricia avec qui nous avons passé un million d’heures à parler, rire, boire, fumer, danser et parler encore. Patricia avec qui nous terminions nos dîners par des fou-rires qui nous faisaient mal au ventre mais du bien à l’âme. Patricia dont les phrases étaient si profondes et parfois si mystérieuses qu’elles prenaient parfois sens plusieurs mois après qu’elles les ait prononcées. Patricia qui est désormais dans un endroit où le temps n’existe plus. Notre amie Patricia est partie à la fin du mois de janvier, emportée par la maladie. Au revoir Patricia.
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Le morceau de Zappa pour finir.
Un morceau bien adolescent cette fois, chanté par son batteur Terry Bozzio. Tryin’ To Grow A Chin. J’essaie de me faire pousser un menton. Je l’écoutais beaucoup quand j’avais l’âge du protagoniste et que je découvrais tout juste Zappa. Et je ne sais pas pourquoi mais, entre deux morceaux de Prince, je l’écoute tous les jours en ce moment.
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