Sébastien Delogu, le député LFI et candidat dans la cité phocéenne, était l’une des principales cibles de cette opération, dont « Le Monde » a révélé l’existence.
Le parquet de Marseille a annoncé, mardi 10 mars, à l’Agence France-Presse (AFP) avoir ouvert une enquête pour diffamation à la suite d’une plainte du député de La France insoumise (LFI) Sébastien Delogu, après des publications en ligne le visant dans les derniers jours de la campagne pour les élections municipales.
Ces publications sont liées à une opération de désinformation à l’échelle nationale, qui ont également attaqué le candidat LFI à Toulouse, François Piquemal, comme l’a révélé Le Monde le 9 mars.
M. Delogu a notamment été la cible d’accusations de violences physiques et sexuelles, diffusées sur un site Internet dont l’adresse a été placardée sur les affiches du candidat à Marseille. Un autre site appartenant au même réseau accusait les candidats LFI dans de nombreuses villes d’être idéologiquement alignés avec un groupe islamiste. Ces sites et ces attaques étaient diffusés, sur les réseaux sociaux X et Facebook, par des faux comptes, qui promouvaient aussi, pour certains, des messages du lobby pro-israélien Elnet, et pour d’autres des contenus politiques en Afrique.
Viginum, le service français de protection contre les ingérences étrangères, enquête sur ces attaques, a annoncé mardi le réseau de coordination et de protection des élections, qui rassemble les organismes publics chargés de la protection du scrutin. Cette campagne malveillante n’a eu, « à ce stade des analyses, qu’une faible visibilité », précise Viginum. Les « investigations sont toujours en cours pour [en] préciser la provenance », a précisé à l’AFP une source sécuritaire.
Le Monde a pu constater que les sites liés à cette campagne de désinformation, et la plupart des faux comptes sur les réseaux sociaux qui y étaient liés, ont été supprimés dans la nuit de lundi à mardi.
« Nous demandons à ce que les autorités de notre pays fassent respecter l’intégrité du processus électoral. Le commanditaire et l’exécutant de cette opération doivent être mis hors d’état de nuire », estimait lundi soir sur X Manuel Bompard, le coordinateur national de LFI, par ailleurs député de Marseille.