DIAPART: La lettre hebdomadaire samedi 28 mars 2026

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La lettre hebdomadaire
samedi 28 mars 2026
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Municipales : nos analyses et enquêtes
Par Lénaïg Bredoux, Ilyes Ramdani
À l’issue d’un second tour marqué par une forte abstention, le paysage politique reste très éclaté. Le RN progresse dans les villes moyennes, la droite et le PS se partagent les grandes villes, LFI progresse. Au sein des gauches, les échanges sont de nouveau à couteaux tirés à un an de la présidentielle.
Par Fabien Escalona
Dans la France urbaine, l’offre électorale ressemblait davantage qu’en 2020 au « nouveau monde » partisan de l’ère Macron. La gauche a néanmoins réussi l’exploit de reculer dans un contexte d’impopularité record du gouvernement. Le RN, le centre-droit et LFI sont les seuls à enregistrer des gains nets.
Par Pauline Graulle
Au lendemain d’un scrutin plus favorable qu’attendu, Olivier Faure se retrouve paradoxalement plus fragilisé que jamais. Fustigeant ses zigzags tactiques, ses opposants internes entendent revoir de fond en comble la ligne du parti dans la perspective de 2027 et créer un « cordon sanitaire » autour de LFI.
Par Sarah Benhaïda
Six ans après avoir gagné une dizaine de grandes villes, Les Écologistes n’en tiennent plus que trois à l’issue des municipales de 2026. Ce nouveau camouflet électoral relance le débat autour de la stratégie présidentielle de la secrétaire nationale Marine Tondelier, mais aussi de la place de son parti à gauche.
Par Donatien Huet, Romaric Godin, Pauline Graulle
Nouveau mode de scrutin, report de voix, arbitrage entre arrondissements et mairie centrale… Dans la capitale, la loi « PLM » a connu un effet boomerang en faveur de la gauche d’Emmanuel Grégoire, devenue plus puissante que jamais au conseil de Paris.
Par Emmanuel Riondé
La défaite de la gauche à Toulouse est le résultat d’une forte mobilisation de toutes les composantes de la bourgeoisie locale et de l’abandon, par une partie de l’électorat socialiste, de la discipline d’union de la gauche. L’orchestration d’une panique anti-insoumise a joué, reflétant la dérive du climat politique national.
Par Alexandre Berteau, Youmni Kezzouf
Le parti d’extrême droite a remporté des dizaines de villes moyennes, en particulier dans ses bastions historiques du Nord-Est et du Sud-Est. Là où il a échoué, il devient souvent la première force d’opposition. Une position idéale pour s’imposer comme offre d’alternance aux prochaines municipales.
Par David Perrotin
Une élue socialiste a démissionné après avoir surpris le nouveau maire insoumis discuter avec un homme tout juste condamné pour avoir commandité son agression. L’entourage de Bally Bagayoko dément toute accointance avec cet individu historiquement très proche des élus PS de la ville.
Par Pierre Lemerle, Elian Delacote (Rue89 Lyon)
Longtemps vu comme favori de l’élection lyonnaise, Jean-Michel Aulas a perdu pied durant la dernière partie de campagne municipale. Parmi ses partisans, beaucoup pointent le rôle qu’a joué l’entreprise de communication parisienne qu’il a choisie.
Municipales : nos reportages
Par Pauline Graulle, Amélie Poinssot
Déjouant les pronostics, le socialiste a rassemblé plus de 50 % des suffrages exprimés au second tour des municipales face à Rachida Dati arrivée près de dix points derrière. L’électorat de Sophia Chikirou et de Pierre-Yves Bournazel s’est largement reporté sur le vote utile contre l’union des droites.
Par Nicolas Barriquand (Mediacités)
Le maire sortant conserve la troisième ville de France à gauche, face à Jean-Michel Aulas, qui a annoncé avoir déposé un recours. Mais la métropole rhodanienne, véritable cœur du pouvoir local, bascule à droite.
Talonné au premier tour par le RN, le maire sortant de Marseille, Benoît Payan, a très nettement été réélu. Loin de la liesse de 2020 qui avait entouré la victoire du Printemps marseillais, beaucoup d’habitants ont voté pour éviter le pire.
Par Emmanuel Riondé
Toulouse, où s’était réalisée une union de la gauche aboutie au soir du premier tour, reste à droite. La victoire du sortant Jean-Luc Moudenc, nette, s’est faite dans un contexte de violences et de coups bas. Sonnée mais debout, la gauche se prépare à un rude mandat d’opposition.
Par Ellen Salvi
Après dix-huit ans de mandat et au terme d’une campagne municipale « dégueulasse », Christian Estrosi a été sèchement battu par son « frère ennemi » Éric Ciotti. Rendant la gauche responsable de sa défaite, c’est pourtant bien l’ancien maire de Nice qui a livré les clés de la cinquième ville de France à l’extrême droite.
Par Ede Sakhi Momen (Mediacités)
En récoltant près de la moitié des suffrages (49,33 %) dans un second tour en quadrangulaire, Arnaud Deslandes réussit à être élu maire de Lille, après avoir été propulsé par sa prédécesseuse Martine Aubry il y a un an. Mais curieusement, l’ambiance n’était pas qu’à la fête dimanche soir.
Par Thibault Dumas, Marine Dumeurger, Anouck Fily (Mediacités)
La maire PS sortante l’emporte sur son adversaire Foulques Chombart de Lauwe et débute un troisième mandat. Mais sa faible marge et sa « fusion technique » avec LFI laisseront des traces. Malgré la défaite, l’opposition de droite et du centre apparaît regonflée à bloc… tout comme les insoumis.
Par François Bougon
Bassi Konaté, ancien responsable d’un centre social de la ville, a été élu avec plus de 55 % des voix à la mairie de Sarcelles. À 38 ans, il a créé la surprise dans cet ancien bastion socialiste en fédérant autour de lui et en mettant en avant la diversité de cette commune de banlieue.
Par Eva Chibane (Rue89 Strasbourg)
À l’issue du second tour des élections municipales, l’ancienne ministre de la culture de Lionel Jospin a devancé l’écologiste Jeanne Barseghian, qui avait fusionné avec la liste de La France insoumise, de 4 700 voix. Un succès remporté dans une large partie de la ville.
Par Antton Rouget
L’élu centriste de 74 ans a été battu par la gauche à Pau. Il laisse derrière lui une ville endettée, un bilan catastrophique à Matignon, une litanie de mensonges dans l’affaire Bétharram, et s’apprête à affronter le procès en appel des assistants du MoDem.
Par Alexandre Berteau, Prisca Borrel
La députée RN Laure Lavalette, en qui le parti d’extrême droite avait placé tous ses espoirs à Toulon, n’a pas réussi à faire sauter le « barrage républicain » au second tour des municipales. Son collègue frontiste Christophe Barthès est parvenu à conquérir Carcassonne après le maintien du candidat socialiste au second tour.
Par Youmni Kezzouf
Le parti d’extrême droite, qui a multiplié les victoires dans les villes entre 10 000 et 50 000 habitants, se renforce dans ses bastions électoraux et s’implante dans de nouveaux départements. Il a cependant échoué à remporter la grande ville qu’il visait, Toulon, mais peut revendiquer la victoire à Nice.
La mort de Lionel Jospin