Dossier Iran, le prix d’une folie, Jeffrey Epstein à Paris…

Dossier Iran, le prix d’une folie, Jeffrey Epstein à Paris… dans le numéro d’avril, en kiosques et en ligne

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Dans le numéro d’avril 2026
Jeffrey Epstein à Paris Dossier : Iran, le prix d’une folie — Quand Israël entraîne les États-Unis — Moscou, grand gagnant ? — Les houthistes font planer la menace — Le bellicisme comme ciment social — Le Liban sous le feu — Une docilité européenne si mal récompensée — Le mythe des bombardements libérateurs — Pedro Sánchez : Il faut sauver le multilatéralisme — Les troubadours de la guerre ; Les noces de l’IA et de l’État ; le petit théâtre de la rue chinoise ; le Sri Lanka est-il devenu marxiste Extractivisme crépusculaire au Kazakhstan ; les trahisons de M. Starmer n’ont pas tué la gauche britannique Reform UK, une irrésistible ascension Zimbabwe, out of Kariba services d’ordre, la politique à bras-le-corps radiographie de l’extrême droite violente enfance en danger, une politique en miettes ; des abattoirs municipaux aux usines à viande ; retour à Palmyre souveraineté numérique, le jour d’après (…)
  • Un optimisme farouche

    Éditorial, Benoît Bréville
    Le samedi 7 mars, cinquante mille personnes défilaient à Londres pour protester contre la guerre menée par Israël et les États-Unis en Iran. Une affluence notable au regard des autres métropoles occidentales, mais dérisoire si l’on remonte dans le temps : le 15 février 2003, plus d’un million de manifestants battaient le pavé londonien contre l’invasion de l’Irak. Aujourd’hui, les guerres se multiplient, les grandes puissances se réarment, mais les rues restent clairsemées.
  • Monique Pinçon-Charlot
    Généralement traitée comme un fait divers, l’« affaire Epstein » mérite d’être examinée d’un point de vue sociologique. Car les millions de documents rendus publics par la justice ne renseignent pas seulement sur une exception criminelle : ils éclairent les fonctionnements d’une certaine fraction de l’élite, habituée des quartiers huppés. Comme le 16e arrondissement parisien.
Génocide, annexions, agressions : Tel-Aviv et Washington ne rendent plus de comptes. Ni à leurs alliés, ni aux Nations unies ; ni de leurs fins, ni de leurs moyens, pourtant manifestement illégaux. Le multilatéralisme est mis à rude épreuve. Le « Sud global », divisé, ne s’engage qu’avec réticence. Et l’Europe consent aux bombardements de quartiers résidentiels beyrouthins comme d’infrastructures civiles iraniennes. La société israélienne, elle, continue à soutenir les entreprises militaires de son gouvernement. Dans une fuite en avant qui a embrasé l’ensemble du Proche-Orient, et menace la stabilité du reste du monde.
  • La genèse de l’attaque américaine contre la République islamique est particulièrement opaque. Elle est est survenue pendant les négociations sur le dossier nucléaire à Genève, et alors qu’un accord semblait envisageable. Difficile, dans ces conditions, de ne pas reconnaître qu’il s’agit d’une guerre israélienne.
  • Hélène Richard
    Plus de revenus pétroliers pour Moscou, et moins de munitions pour Kiev : la guerre au Proche-Orient a d’ores et déjà profité à la Russie. Pourtant, de nombreux experts russes estiment que la déstabilisation de son partenaire stratégique iranien place le Kremlin dans une posture délicate.
  • Le mouvement yéménite a été durement éprouvé par les représailles américaines et israéliennes. Téhéran pourrait toutefois mobiliser militairement cet allié en cas de revers importants, notamment pour perturber le trafic en mer Rouge.
  • L’impopularité du premier ministre Benyamin Netanyahou n’aura pas empêché une majorité d’Israéliens d’approuver sans réserve la guerre menée contre l’Iran. Au-delà du traumatisme né de l’attaque du 7 octobre 2023, cette union sacrée éclaire les contradictions de la société et son refus d’entamer la moindre autocritique au sujet de la terreur que Tel-Aviv fait régner dans la région.
  • Le Liban sous le feu

    Akram Belkaïd
    En réaction à des tirs de roquettes du Hezbollah contre le nord et le centre d’Israël, Tel-Aviv a lancé fin février d’importantes représailles militaires contre le pays du Cèdre. Près d’un mois après le début des combats, la stratégie israélienne est évidente : il s’agit d’abord de créer une zone tampon, entièrement vidée de ses habitants, entre la frontière et le fleuve Litani.
  • Serge Halimi & Pierre Rimbert
    Dépourvue de prétexte sérieux et de justification légale, l’agression israélo-américaine de l’Iran souligne l’inexistence de l’Europe face à une guerre qui engage sa sécurité et menace son économie. Cet effacement est d’autant plus spectaculaire que Washington avait précédemment rompu un traité avec Téhéran négocié par l’ensemble des Européens.
  • « Frappes ciblées », avions de chasse guidés par satellites, missiles bourrés de technologie… La guerre par bombardements aériens, de prime abord aussi simple et contrôlée qu’un jeu vidéo, permettrait d’atteindre efficacement des objectifs stratégiques en préservant la vie des troupes. Pourtant, l’histoire montre les impasses de ce type de méthode.
  • « No a la guerra ». Dans le concert des nations, l’Espagne a fait entendre une voix singulière. Une nouvelle fois, après l’agression américaine contre le Venezuela, après le génocide à Gaza. Le président du gouvernement explique dans nos colonnes les raisons pour lesquelles son pays refuse le règne de la force.
  • Anne-Cécile Robert
    Pourquoi s’embarrasser du droit quand on a la morale pour soi ? Selon certains responsables politiques ou juristes complaisants, l’attaque illégale de l’Iran par les États-Unis et Israël devait être approuvée parce qu’elle aurait été « juste ». Se voulant novateur, ce discours dangereux fait l’impasse sur cent ans de progrès juridiques et politiques.
  • Le pétrole au cœur de la guerre

    Cécile Marin

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  • Comment comprendre la montée en puissance et le rôle de l’industrie technologique américaine ? Dans la presse et les revues, les notions de « technoféodalisme », de « Lumières sombres », de « technofascisme » se disputent le podium de la percée conceptuelle à la mode. Une perspective historique incite à s’appuyer sur une idée plus ancienne, mais aussi plus solide : l’impérialisme.
  • Six ans après l’épidémie de Covid-19, où en est la société chinoise ? En particulier les jeunes, nés une fois tournée la page du XXe siècle ? Pour répondre à la question, on peut se plonger dans les indicateurs macroéconomiques, les séries statistiques ou la littérature gouvernementale. On peut aussi parcourir les rues du pays et chercher les enseignements des scènes qui s’y jouent.
  • À peine sorti d’une crise économique aiguë, le Sri Lanka a été ravagé par un cyclone à la fin du mois de novembre 2025. Plus de six cents personnes ont péri, cependant que 10 % de la population était touchée. De quoi compliquer la tâche du président « marxiste » élu en 2024, auquel la population reproche déjà d’avoir beaucoup promis, mais peu réalisé.
    • Frileuse en économie, la gauche de gouvernement sri-lankaise reste fidèle à la tradition d’émancipation léguée par ses aînés. Colonisés pendant environ quatre siècles et demi par des puissances européennes, les Sri-lankais se gouvernent depuis moins de quatre-vingts ans. C’est pourquoi ils apprécient les dirigeants capables de tenir tête aux grandes puissances occidentales.
    • « Cinghalais » et « tamoul » : ces vocables désignent à la fois les deux principales communautés du Sri Lanka et leurs langues, les plus usitées sur l’île. Contrairement à l’Inde, minée par un séparatisme ethnico-religieux entretenu par la puissance coloniale, les élites cinghalaises et tamoules s’unissent contre la tutelle britannique. Mais, une fois l’indépendance obtenue, les représentants de la communauté majoritaire décident d’évincer du pouvoir leurs homologues tamouls.
  • Les « monovilles », ces cités industrielles aux réserves géologiques exceptionnelles, produisent l’essentiel des exportations kazakhes. Érigées au temps de l’Union soviétique autour de grandes usines pourvoyeuses de services à la population, elles dépérissent, pillées par des investisseurs rapaces, tandis que les conditions de travail des sidérurgistes et des mineurs se détériorent.
  • Au Royaume-Uni aussi, le pouvoir semble promis à la droite radicale. Le parti Reform UK de M. Nigel Farage a le vent en poupe. Quinze années d’austérité et de scandales ont discrédité les conservateurs. Dix-huit mois de gouvernement travailliste ont dégoûté les électeurs. Mais un certain engouement pour les Verts, désormais menés par l’« écopopuliste » Zack Polanski, suggère que tout n’est pas encore joué.
    • Dans un premier temps, il s’agirait d’atteindre l’objectif affiché à la conférence du parti en septembre 2025 : élargir l’électorat. À Birmingham, M. Farage a enjoint à ses cadres de « prendre modèle sur les libéraux-démocrates, qui ont établi des antennes territoriales. Cette force leur a permis de mettre le paquet dans des circonscriptions ciblées.
  • Léa Kalaora
    À la frontière avec la Zambie, le barrage a produit un lac ; le lac a fabriqué un paysage ; le paysage a contribué à enraciner une communauté, persuadée d’avoir façonné la nature et d’avoir acquis sur elle un droit durable. Mais les Blancs du Zimbabwe forment désormais une minorité qui négocie sa place dans un ordre qu’elle ne domine plus.
  • La mort récente de l’activiste néonazi Quentin Deranque a rappelé que la politique se fait aussi dans la rue et prend parfois des formes violentes. Conscients de cette réalité, partis et syndicats se sont dotés, dès la fin du XIXe siècle, de services d’ordre. Contestées ou exaltées, affaiblies ou réinventées, ces forces organisées restent une composante indispensable de la vie militante.
  • Ces dernières semaines, les grands médias se sont plu à présenter la gauche radicale comme un nouveau fascisme, intolérant, factieux et meurtrier. Ce tour de passe-passe symbolique fait oublier l’existence d’une ultradroite identitaire et haineuse, qui s’épanche sur les réseaux sociaux, consolide ses bastions et cultive un idéal de reconquête brutale.
  • Mi-février, le gouvernement français renonçait à défendre devant le Parlement un projet de loi attendu sur la protection de l’enfance. Le secteur traverse pourtant une profonde crise. Placements en hausse, professionnels précarisés, difficultés de recrutement, cloisonnement des prises en charge sociale et médicale : un cercle vicieux qu’il serait urgent d’enrayer, pour protéger vraiment.
  • Félix Jourdan & Jocelyne Porcher
    « Faut qu’ça saigne, faut qu’les gens ayent à bouffer », chantait Boris Vian dans son tango des bouchers de la Villette. À Paris comme ailleurs, l’abattage des animaux a longtemps relevé d’établissements publics. Si désormais la logique industrielle du secteur marchand tend à dominer, des éleveurs paysans cherchent à inventer un autre modèle qui pourrait, entre autres, atténuer la souffrance animale.
  • Antoine Pecqueur
    Quand les vestiges d’une cité antique — merveilleux témoins des empires dont elle fut l’un des grands carrefours — subissent les ravages de la guerre, on pense que, la paix retrouvée, la reconstruction s’imposera. Mais faut-il effacer l’histoire ? Qui se chargera de la restauration ? Quelle sera la place accordée aux vivants de la ville moderne qui jouxte l’ancienne Palmyre ?
  • « Depuis 6 heures ce matin, M. Donald Trump a mis ses menaces à exécution. Son administration a coupé tous les services numériques américains pour l’ensemble de l’Union européenne. Les liaisons ne seront rétablies que si la Commission annule l’amende record infligée à Amazon et Tesla pour non-respect des lois sur la protection des données personnelles… »
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