Le point sur la guerre avec l’Iran

Le conflit dans la région entre dans son cinquième jour, alors que les attaques se sont poursuivies au Liban, en Iran ainsi que dans plusieurs pays du Golfe.

Premiers Français évacués, situation au détroit d’Ormuz… Le point sur le Moyen-Orient. (photo d’illustration d’hélicoptères américains au-dessus de Bagdad en décembre 2024)

ANDREW CABALLERO-REYNOLDS / AFP
Premiers Français évacués, situation au détroit d’Ormuz… Le point sur le Moyen-Orient. (photo d’illustration d’hélicoptères américains au-dessus de Bagdad en décembre 2024)

La guerre au Moyen-Orient entre dans son cinquième jour. Alors que les attaques se sont poursuivies dans plusieurs pays du Golfe et en Iran, les premiers ressortissants français de la région ont été évacués vers Paris, comme l’avait annoncé Emmanuel Macron lors de son allocution télévisée le mardi 3 mars depuis l’Élysée.

• Les premiers Français évacués

Un premier vol rapatriant des ressortissants français du Moyen-Orient est arrivé tôt ce mercredi matin à l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle en provenance d’Oman, a constaté l’AFP. L’avion affrété par Air France a quitté Mascate, capitale du sultanat, en début de soirée et a atterri peu avant 3 heures du matin mercredi au nord de Paris.

Une centaine de places ont été réservées par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères pour les personnes les plus « vulnérables », dont des familles avec des enfants en bas âge et des personnes avec une « situation médicale » (grossesse, besoin de traitement médical ou d’hospitalisation…), a indiqué à l’AFP une source ayant connaissance du dossier.

Les passagers du vol arrivé mercredi avant l’aube à Paris ont achevé un parcours laborieux, devant « aller de Dubaï à Mascate en bus : c’est un trajet qui a été très long et éprouvant » a indiqué Éléonore Caroit, la ministre chargée de la Francophonie, des partenariats internationaux et des Français de l’étranger, aux médias rassemblés dans le terminal avant l’atterrissage.

Elle a insisté sur la nécessité pour les personnes en difficulté de se signaler aux autorités françaises, alors que quelque 400 000 ressortissants sont présents dans la douzaine de pays concernés par le conflit. Aux côtés de Philippe Tabarot, ministre des Transports, elle a mentionné sur un contexte « très volatil », avec « des espaces aériens qui peuvent ouvrir et refermer, des corridors qui se mettent en place qui peuvent être suspendus. »

• L’Iran revendique le « contrôle total » du détroit d’Ormuz

Les Gardiens de la Révolution ont le « contrôle total » du détroit d’Ormuz, point de passage clé pour le commerce mondial de pétrole à l’entrée du golfe Persique, ont-ils affirmé dans un communiqué publié mercredi. Pas moins de 20 % de la consommation mondiale de pétrole transite par ce couloir maritime, dont le blocage fait craindre une flambée du prix du baril.

« Actuellement, le détroit d’Ormuz est sous le contrôle total de la marine de la République islamique », a déclaré Mohammad Akbarzadeh, un haut responsable des forces navales des Gardiens, cité par l’agence Fars. Le président américain Donald Trump a déclaré mardi que la marine américaine pourrait escorter des pétroliers « si nécessaire » à travers le détroit.

• Trump menace l’Espagne de représailles commerciales

Donald Trump a reproché mardi à l’Espagne son refus de laisser les États-Unis utiliser des bases militaires situées en Andalousie pour leur guerre contre l’Iran et ses dépenses militaires qu’il juge insuffisantes. « Nous allons cesser tout commerce avec l’Espagne. Nous ne voulons pas entendre parler de l’Espagne », a déclaré le président américain depuis la Maison Blanche, où il reçoit le dirigeant d’un autre pays européen, le chancelier allemand Friedrich Merz.

« L’Espagne a été terrible » et « très, très peu coopérative », a martelé le milliardaire républicain. Le Premier ministre espagnol a répliqué par un communiqué assurant que Madrid était « un partenaire commercial fiable pour 195 pays dans le monde », dont les États-Unis. Dans son texte, Pedro Sanchez rappelle qu’une révision de la relation commerciale entre les deux pays devra se faire « dans le respect de l’autonomie des entreprises privées » et « de la légalité internationale ».

Madrid n’est pas le seul allié que Donald Trump a accusé de ne pas suffisamment s’impliquer dans la guerre au Moyen-Orient. « Ce n’est pas à Winston Churchill que nous avons affaire », a-t-il lancé mardi à propos du Premier ministre britannique, Keir Starmer, que le président américain accuse d’avoir tardé à autoriser l’usage d’une base clé contre l’Iran.

• Nouvelles frappes en Iran et au Liban

Des frappes israéliennes ont tué au moins 11 personnes au Liban ce mercredi, au sud de Beyrouth et à Baalbek, ont rapporté le ministère de la Santé et un média d’État. L’armée israélienne, qui a demandé l’évacuation de plusieurs localités du sud du Liban mercredi, avait indiqué plus tôt qu’elle frapperait le groupe pro-iranien Hezbollah jusqu’à son désarmement.

En Iran, les forces israéliennes ont dit avoir lancé une nouvelle « large vague de frappes » sur l’Iran visant « des sites de lancement [de projectiles], des systèmes de défense aérienne et d’autres infrastructures » du pays. Des « dizaines » de cibles ont été visées ce mercredi à Téhéran, où d’importantes explosions avaient déjà retenti la veille.

Les États-Unis ont « presque tout détruit » en Iran, a revendiqué Donald Trump mardi, arguant que « compte tenu de la tournure des négociations » avec les Iraniens, Téhéran aurait « attaqué en premier » si les armées israéliennes et américaines n’avaient pas lancé leur opération samedi. « J’ai peut-être forcé la main d’Israël », a ajouté le président américain, contredisant son chef de la diplomatie, Marco Rubio.

Interrogé pour savoir qui pourrait diriger l’Iran après la guerre, Donald Trump a affirmé que « la plupart » des responsables iraniens auxquels Washington avait pensé « sont morts »« Et maintenant, nous avons un autre groupe [de dirigeants]. Ils sont peut-être décédés aussi […] Bientôt, nous ne connaîtrons plus personne », a poursuivi le président américain, entretenant le flou sur l’avenir qu’il imagine pour le pays