Ces actes ne relèvent ni de la liberté individuelle ni de l’autodétermination sexuelle, mais constituent au contraire des pratiques discriminatoires et misogynes portant gravement atteinte à la dignité humaine des femmes.
Et pourtant, le 9 février, dans une décision scandaleuse, le juge des référés a suspendu cet arrêté préfectoral, permettant ainsi la réouverture du lieu, arguant qu’il n’y a ni trouble à l’ordre public, ni plainte permettant de supposer des infractions pénales.
Sur la question de l’absence d’infractions pénales, la société requérante a exhibé des « attestations ambiguës » émanant de femmes se déclarant « consentantes » à subir ces actes violents. Cela ne saurait constituer la preuve d’un consentement libre et éclairé. Au contraire. Comme l’a rappelé la Cour européenne des droits de l’homme, par sa décision du 4 septembre 2025 AE et AVFT France, de tels « contrats » de « consentement » ne sauraient rapporter la preuve d’un consentement sexuel et au contraire doivent s’analyser comme « un des instruments du contrôle coercitif » de l’agresseur, pouvant traduire des situations de contrainte, de soumission sexuelle ou de pressions économiques et sociales.
Le 4 mars 2026, un article du Parisien nous apprend que le préfet a signalé au procureur viol et abus de faiblesse présumés à l’encontre d’une femme au cours d’un gang bang dans ce même local, finissant de ruiner tout l’argumentaire bancal et scandaleux du Tribunal Administratif qui a suspendu la fermeture en février.
Ces pratiques de type « gang bang », où des hommes font la queue pour pénétrer successivement une femme, ne peuvent en aucun cas être qualifiées de relations sexuelles respectueuses et mutuellement désirées. Elles constituent une forme de réification de l’être humain et le prolongement de rapports de domination incompatibles avec les principes fondamentaux de dignité, d’égalité et de protection contre les violences sexuelles.
Nous, associations féministes, avons décidé de présenter un mémoire en intervention lors du pourvoi devant le Conseil d’État suivant la décision du Tribunal administratif. Nous appelons la justice à prendre pleinement la mesure de la gravité de ces faits et à garantir une protection effective des femmes contre toutes les formes de violences sexuelles.