Lundimatin #514 | 30 mars

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#514 | 30 mars
Tempus
Un lundisoir musical avec Laura Perrudin

Dans lundimatin, on écrit et on parle trop. Parfois il y a un peu de dessin ou de peinture voir des bribes de cinéma, de la musique par contre, il n’y en a jamais assez (quelques exceptions notables, dont ces trois concerts au bureau précédents avec oXniFrédéric D. Oberland et Katchakine). Alors quand nous avons croisé Laura Perrudin et sa harpe, nous l’avons immédiatement invitée et ça a donné cet entretien musical qui dit certainement plus, en tous cas largement tout autant, que beaucoup de nos mots. Et sans doute que certaines vibrations et mélodies déploient des dimensions de l’existence heureusement plus épaisses que ce que l’on appelle platement politique. Un petit extrait est disponible en attendant et en cliquant sur la vignette.

Reportage : Cuba, année zéro
« Un moment post-apocalyptique où l’apocalypse n’a jamais vraiment eu lieu »

Après l’enlèvement du président vénézuélien Nicolas Maduro, un camarade a parlé dans lundimatin de la fin du régime chaviste comme d’un « nouveau mur de Berlin pour la gauche latino-américaine. » [1] Ce qui est particulièrement vrai pour Cuba, île communiste en bras de fer avec son puissant voisin impérialiste depuis 1959 et très dépendante du pétrole vénézuélien. Nous avons passé un mois à la Havane, les yeux et les oreilles ouvertes à l’ambiance politique de ce petit bout des caraïbes.

Un onzième sport pour trouver l’ouverture
Nage libre

Il y a quelques mois, nous publiions Dix sports pour trouver l’ouverture du philosophe et pongiste Fred Bozzi. Si cet essai magistral a vocation à révolutionner la manière dont les sportifs appréhendent leurs gestes et ce qu’ils contiennent d’éminemment politique, force est de constater que Trump ne s’est pas encore résolu à annuler la prochaine coupe du monde de football et que quelques métropoles continuent de se disputer l’organisation des JO 2039. En attendant, le livre fait néanmoins des émules, cette semaine Jean-François Le Borgne qui propose un onzième exercice et une onzième discipline : la natation.

Le visible et l’invisible
« Le rêve devient médiocre… déjà »
Natanaële Chatelain
Sous le ciel étoilé, une nuit d’été
Réflexions sur l’anarchie et la révolution
Maria Kagogianni
En librairie le 20 mars
[Éditions lundimatin]Un nouveau livre des éditions lundimatin paraît ce vendredi 20 mars : Sous le ciel étoilé, une nuit d’été – Réflexions sur l’anarchie et la révolution de Maria Kakogianni. En vente dans toutes les bonnes librairies ou directement sur notre « boutique » en ligne.
« Pour que les choses empirent ! »
Manifeste empiriste

Nous recevons et transmettons ce manifeste d’un genre nouveau mais d’une sincérité qui force le respect. Déjà signé par trente-deux personnalités, il pourrait annoncer le début d’un mouvement…

Tunnels, une nouvelle chaîne YouTube
Une présentation, un trailer et un premier épisode
(Turquie 1979 : la commune de Fatsa, antifascisme et autogestion)Cette semaine, nous présentons Tunnels, une nouvelle chaîne YouTube d’histoire des luttes par le bas. Une présentation, un trailer et un premier épisode : abonnez-vous !
Les fournitures
Quatre petits contes d’horreur capitaliste
Frédéric BissonVeuillez trouver ci-dessous quatre petits contes d’horreur capitaliste.
Déposition : destitution
Les derniers mots de Francis Bacon par Laurent Jarfer

Prenons le risque d’ouvrir « Déposition », le nouvel opus de Laurent Jarfer, poète et fondateur de la revue Gruppen, en usant du double sens de son titre comme d’une chance dialectique.
On croise à l’intérieur de ce livre un carnaval de personnages qui n’en sont en vérité qu’à moitié acteurs, ayant tous existé ; or les voilà réunis dans une vertigineuse sarabande, convoqués plutôt, autour du corps alité de Francis Bacon, (« B. » dans le texte). Ce grand peintre de la viande, du cri, du silence de la carne qui crie. Viande, c’est ce que deviennent les corps passés au hasard nécessaire de son pinceau.

Résister au fascisme
À propos de Résistances surréalistes. Claude Cahun et la Main à plume

En 1940, la France est défaite, le nazisme règne sur la quasi-totalité de l’Europe. Comment résister ? Léa Nicolas-Teboul y répond en croisant deux expériences originales qui puisent dans le surréalisme moins un corpus qu’une « tradition émancipatrice » (page 62).

« Oui » de Nadav Lapid, ou la pornographie du désastre
Sylvain George

En 2025, Oui de Nadav Lapid s’est imposé comme l’un des films les plus célébrés de l’année. Présenté à la Quinzaine des Cinéastes, largement salué par la presse française et internationale, relayé par les instances ordinaires de consécration du cinéma d’auteur, il a aussitôt été installé dans la catégorie des œuvres que l’on dit « nécessaires ».

Chaud, chaud, le printemps sera chaud !
Hélas !

« Tout le monde savait que quelque chose menaçait, mais personne ne pouvait croire que cela fût possible. »
Stefan Zweig

« Il faut entendre le grondement de la bataille sous la paix. »
Michel Foucault

« La guerre, c’est la paix. La liberté, c’est l’esclavage. L’ignorance, c’est la force. »
Georges Orwell

« Les gens dorment paisiblement dans leur lit parce que des hommes violents sont prêts à exercer la violence en leur nom. »
Georges Orwell

« …c’est donc pleins d’eux-mêmes à ras bord, parmi le grand chahut printanier, avec dans leur chair une minuscule étincelle de doute, qu’ils s’enivraient. »
Eric Vuillard

« Le contemporain est celui qui fixe le regard sur son temps pour en percevoir non les lumières, mais l’obscurité. Tous les temps sont obscurs pour ceux qui en éprouvent la contemporanéité. Le contemporain est donc celui qui sait voir cette obscurité, qui est en mesure d’écrire en trempant la plume dans les ténèbres du présent »
Giorgio Agamben

Mille milliards d’éléphants
Sur Overshoot. Résister à l’idéologie du dépassement de Wim Carton & Andreas Malm

La lecture de ce livre fait froid dans le dos, ce qui est quelque peu paradoxal si l’on songe qu’il traite du réchauffement de la planète. Elle est tout de même vivement recommandée par ces temps de « nouveau choc pétrolier » – dixit (mardi 24 mars, je crois) Roland Lescure, ministre français de l’Économie et des Finances, lequel déclarait pourtant il y a trois semaines, au début de l’agression israélo-américaine contre l’Iran, « on comprend que face à une hausse du prix du baril, on puisse avoir une hausse de quelques centimes du prix à la pompe ; mais à ce stade, c’est tout ». Ouiche. On en est à quelque cinquante centimes de plus par litre… Ça valait bien un « choc », s’pas ?