Publication : 16/03/2026
L’heure est grave. Dimanche 22 mars, des villes pourraient basculer à l’extrême droite si les listes de gauche refusent de fusionner (ou dans certains cas, de se retirer). De Marseille à Douai et Carpentras, leur sort est désormais suspendu à la tenue ou non d’un front républicain.
Malgré la gravité des enjeux, l’impératif des alliances fait débat à gauche. La France Insoumise plaide pour des “fusions techniques” avec les autres partis de la gauche (ce qui impliquerait qu’en cas de victoire, les listes fusionnées ne soient pas obligées de diriger la ville ensemble). Le Parti socialiste et Place publique n’ont en revanche eu de cesse de marquer leurs distances avec LFI en fustigeant son “antisémitisme” (ici et ici). Quitte, donc, à risquer la défaite face à la droite ou à l’extrême droite. Autrement dit, la défaite de l’écologie.
Alors que les listes qualifiées ont jusqu’au mardi 17 mars à 18h pour déposer leur candidature en vue du second tour (en annonçant d’éventuelles alliances ou désistements), Bon Pote passe au crible les communes où l’irresponsabilité de certains élus de gauche risque de lui coûter cher.
Qui sont les tenants et les opposants des alliances à gauche ?
Face à la menace d’une victoire locale de l’extrême droite ou de la droite, il y a ceux qui préféreraient voir les forces de gauche unies (comme au temps, pas si lointain, des élections législatives qui avaient vu le succès inattendu du Nouveau front populaire à l’été 2024).
“Au premier tour, on choisit. Et au deuxième tour, on élimine. Je sais qui éliminer au deuxième tour : la droite et l’extrême droite”, a par exemple déclaré sans détour la présidente des Écologistes, Marine Tondelier, sur le plateau de TF1.
Une position également défendue par une pétition lancée par le mouvement citoyen Victoire populaire, qui appelle au rassemblement des listes de gauche dans les communes menaçant de virer à droite et à l’extrême droite (elle a déjà réuni plus de 8500 signatures.)
Et puis il y a les autres, que la constitution d’un “front antifasciste” au second tour (tel que proposé par le coordinateur de LFI Manuel Bompard) plonge dans l’embarras. Le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, a ainsi exclu tout accord national avec LFI visant à constituer un “front antifasciste” au second tour tout en “[demandant] aux socialistes de rassembler dans la clarté et de veiller au respect de [leurs] principes et de [leurs] valeurs.” Ses troupes sont donc contraintes de faire du “cas par cas”.
Et enfin, ceux qui refusent fermement et par principe toute alliance avec la France insoumise, à l’image de Raphaël Glucksmann qui a martelé sur TFI qu’“il n’y [aurait] aucun candidat de Place Publique sur des listes de gauche fusionnées avec LFI”. Ou encore de François Hollande (“Là où nous ne sommes pas en capacité de l’emporter, là où La France insoumise est en tête, la meilleure des solutions, c’est soit le retrait, soit le maintien”) et de Jérôme Guedj qui expliquait sur BFMTV le 25 février “[préférer] perdre une élection que perdre [son] âme” en s’alliant à LFI. Rappelant en écho la consigne donnée par le président des Républicains Bruno Retailleau pour le second tour : “Pas une voix pour LFI”.
64 communes supplémentaires menacées au second tour
À l’issue du premier tour, le RN revendique déjà la victoire dans 24 communes, dont Beaucaire (Gard), Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), Hayange (Moselle), Fréjus (Var) et Perpignan (Pyrénées-Orientales). Et ce n’est qu’un début puisque les listes d’extrême droite (tous partis confondus) arrivent en tête pour le second tour dans 64 communes (contre 11 seulement en 2020 pour le RN).
Pour s’imposer face à la gauche, le président du RN Jordan Bardella a tendu dès dimanche “la main aux listes de droite”, comme à Marseille, Nîmes, Toulon, Carcassonne ou encore Douai. Une possibilité qui renforce encore la nécessité d’une gauche unie face à la vague brune.