Spéculations sur le pétrole : y a-t-il eu délit d’initié à Washington ?

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Article rédigé parFrance 2 – F. Genauzeau, A. Filippi, S. de Misouard, A. Tribouart – Édité par l’agence 6Medias
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Y a-t-il eu manipulation des marchés financiers avant un message de Donald Trump ? Lundi 23 mars, quelques minutes avant l’annonce par le président américain de pourparlers de paix avec l’Iran, des mouvements financiers anormaux ont été détectés sur les marchés du pétrole.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.


Dans les salles de marché(Nouvelle fenêtre), partout dans le monde, c’est une anomalie qui a sauté aux yeux des spécialistes lundi 23 mars dans la matinée. « Quelqu’un a vendu à un excellent prix du pétrole sur le marché quelques minutes avant que les cours ne s’affaissent de plus de 10 %. Donc c’est une très belle opération financière », indique Alexandre Baradez, responsable des analyses de marché pour le courtier IG.

Ces ordres de vente ont été passés à un moment de calme plat sur le marché, quinze minutes à peine avant un message de Donald Trump. Rassurant, il a fait baisser immédiatement les cours du pétrole de 14 %. Le coup parfait pour le ou les courtiers concernés. « Ça soulève des questions. Soit c’est quelqu’un qui a une très belle intuition ou un coup de chance. Ça peut arriver. Soit c’est quelqu’un qui a été informé. Il n’y a pas d’autre possibilité », poursuit Alexandre Baradez.

Selon l’agence Bloomberg, jusqu’à 2 milliards de dollars de contrats sur le pétrole auraient été échangés, de quoi générer des centaines de millions de bénéfices pour des courtiers dont l’identité n’a pas été révélée. Ont-ils bénéficié d’un tuyau très fructueux ?

La Maison Blanche se défend

Dans les émissions de télévision consacrées à la Bourse, on s’interroge à haute voix. « C’est peut-être des gens bien informés au Moyen-Orient, plutôt qu’au sein de l’administration américaine. Je me garderai bien d’accuser qui que ce soit, mais je dois avouer que c’est très suspect », suppose Aaron Kennon, directeur d’une entreprise de gestion boursière. La Maison Blanche se défend de toute intervention et rappelle qu’elle met en place des règles strictes contre le délit d’initié. Mais certains élus d’opposition réclament des comptes au président.

Depuis le début de l’année, les polémiques se multiplient, notamment sur les sites qui proposent de parier sur l’actualité. De façon surprenante, certains utilisateurs ont anticipé la capture de Nicolas Maduro ou la mort de l’ayatollah Khamenei, avec des comptes parfois créés quelques minutes avant l’effet. Flair ou délit d’initié, pour certains, miser sur les décisions de Donald Trump est en tout cas devenu un business extrêmement rentable.