Sprint final : voter, mais voter pour qui ?

Bon Pote <thomas@bonpote.com>

La lettre hebdomadaire du 20 Mars
Bonjour à toutes et à tous,
Nous y sommes : le second tour des municipales aura lieu ce Dimanche. Nous allons enfin pouvoir reprendre un rythme plus normal et publier deux enquêtes sur des acteurs majeurs…

En l’espace de deux semaines, nous avons reçu 10 menaces de plainte, dont 2 d’ores et déjà déposées contre notre travail de couverture des municipales (les fameuses procédures bâillon). Nous avons donc lancé cette semaine une nouvelle campagne de dons.

L’objectif est clair : atteindre 1000 donateurs mensuels de plus d’ici Mai 2026. Ainsi, nous pourrons consolider nos finances en cas de procès, mais aussi recruter un(e) journaliste vidéo pour élargir notre couverture et préparer le terrain pour la Présidentielle. Pour rappel, les dons sont défiscalisables à hauteur de -66%, et même 1€ par mois, multiplié par des milliers de lectrices et lecteurs, ça change tout !
Au programme cette semaine :
📺 Municipales 2026 : un “effondrement historique” de la couverture médiatique de l’écologie
🐑 Viols sur mineurs, revenge porn, proxénétisme aggravé : succès municipal pour onze candidats mis en cause
🚧 Inversion du front républicain : du rempart contre le fascisme à la diabolisation de la gauche
🚨 Sans alliance à gauche, ces villes pourraient basculer à l’extrême droite
🚮 Municipales 2026 : comment la droite et l’extrême droite instrumentalisent les déchets
💚 La reco de la semaine

À LA UNE 📢

► Municipales 2026 : un “effondrement historique” de la couverture médiatique de l’écologie
Où est passée l’écologie aux élections municipales ? C’est la question qu’on était en droit de se poser devant le débat du second tour opposant les candidats à la mairie de Paris – Emmanuel Grégoire (union de la gauche), Rachida Dati (union du centre et de la droite) et Sophia Chikirou (LFI) – sur le plateau de BFMTV, ce mercredi 18 mars. Il aura fallu attendre deux heures de débat pour entendre parler d’écologie… pendant quelques minutes. À peine le temps de débattre de la place de la voiture et d’aborder la question majeure de l’adaptation au dérèglement climatique ou encore de la végétalisation.
Même schéma, comme nous le verrons dans cet article, lors des débats à Marseille ou encore à Lyon. Durant toute cette période électorale, l’écologie est régulièrement passée à la trappe, ou tout du moins reléguée au rang de sujet secondaire. Ce vide pose un problème démocratique majeur : comment les électeurs peuvent-ils choisir leur prochain maire si l’une de leurs principales préoccupations est négligée ?

INFOGRAPHIE DE LA SEMAINE 📊

► Un récapitulatif graphique de notre article paru la semaine passée sur les affaires de Rachida Dati. Pour en savoir plus, retrouvez notre article ici

LES IMMANQUABLES 🗞️

🐑 Viols sur mineurs, revenge porn, proxénétisme aggravé : succès municipal pour onze candidats mis en cause
Au premier tour des municipales 2026, onze candidats au cœur d’affaires de violences sexistes et sexuelles (VSS) ont été réélus ou portés en tête des suffrages. Choquant, et pourtant, rien de surprenant.
D’abord, les auteurs de VSS se trouvent dans tous les pans de la société et dans tous les milieux sociaux. Ce sont nos pères, nos frères et donc… nos maires. Ensuite, le viol est intrinsèquement une affaire de pouvoir et de domination.
Cette série de victoires électorales rappelle l’ancrage au cœur même de nos institutions de ce qu’on appelle la “culture du viol”, un terme qui désigne à la fois la prévalence des violences sexuelles mais aussi l’impunité, le déni voire la tolérance à leur égard ou encore la tendance collective à minimiser la culpabilité des agresseurs.
C’est, entre mille autres choses, un drame démocratique et écologique. Car, comme le souligne le Groupe 3 du GIEC, l’efficacité des mesures de transition dépend directement de la confiance des citoyens et citoyennes envers leurs institutions et de l’exemplarité de leurs représentants. Comment espérer qu’un élu qui a bafoué l’intégrité physique d’autrui puisse conserver l’immense légitimité nécessaire aux transitions rendues indispensables par les crises écologiques ?
Voici donc une liste de candidats suspectés et/ou condamnés dans le cadre d’affaires de violences sexistes et sexuelles et qui ont obtenu un succès au premier tour des municipales ce dimanche 14 mars :
🚧 Inversion du front républicain : du rempart contre le fascisme à la diabolisation de la gauche
Le « barrage républicain » a changé de camp. L’arsenal rhétorique et politique bâti contre l’extrême droite cible désormais la gauche française.
Marine Tondelier (EELV) ? « Extrême» pour Jean-Michel Aulas. La France insoumise (LFI) ? Hors du « champ républicain » pour Elisabeth Borne (Renaissance). Dans le sillage des appels au « barrage » contre LFI aux législatives de 2024, Jordan Bardella (RN) a appelé au « cordon sanitaire » contre LFI. L’expression a été reprise ensuite par de nombreux irresponsables, de Bruno Retailleau (président des Républicains) à la ministre (Renaissance) chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes Aurore Bergé. Cette dernière a même suggéré à Jordan Bardella de retirer ses candidats dès le premier tour pour empêcher LFI de l’emporter lors des élections municipales 2026. Un retournement complet.
Ces stratégies tendent à faire oublier le racisme et l’antisémitisme débridés toujours bien vivant au sein du RN. Un seul exemple : après la mort du militant Quentin Deranque à Lyon, déjà connu comme néonazi, le vice-président du RN Sébastien Chenu a estimé que ce dernier « était des nôtres ».
Comment une telle inversion est-elle possible ? La France insoumise s’éloigne-t-elle plus des valeurs républicaines que d’autres partis, comme le Rassemblement National ? Menace-t-il la République et ses valeurs ? Quelles sont les conséquences de ces débats pour la démocratie française ? On répond à ces questions dans notre article.
🚨 Sans alliance à gauche, ces villes pourraient basculer à l’extrême droite
L’heure est grave. Dimanche 22 mars, des villes pourraient basculer à l’extrême droite si les listes de gauche refusent de fusionner (ou dans certains cas, de se retirer). De Marseille à Douai et Carpentras, leur sort est désormais suspendu à la tenue ou non d’un front républicain.
Malgré la gravité des enjeux, l’impératif des alliances fait débat à gauche. La France Insoumise plaide pour des “fusions techniques” avec les autres partis de la gauche (ce qui impliquerait qu’en cas de victoire, les listes fusionnées ne soient pas obligées de diriger la ville ensemble). Le Parti socialiste et Place publique n’ont en revanche eu de cesse de marquer leurs distances avec LFI en fustigeant son “antisémitisme” (ici et ici). Certains candidats rechigent aussi au “désistement républicain” au prix d’une gauche désunie au second tour. Quitte, donc, à risquer la défaite face à la droite ou à l’extrême droite. Autrement dit, la défaite de l’écologie.
Alors que les listes qualifiées ont jusqu’au mardi 17 mars à 18h pour déposer leur candidature en vue du second tour (en annonçant d’éventuelles alliances ou désistements), Bon Pote passe au crible les communes où l’irresponsabilité de certains élus de gauche risque de lui coûter cher.
🚮 Municipales 2026 : comment la droite et l’extrême droite instrumentalisent les déchets
Attention, sujet hautement inflammable. La gestion des déchets crispe et, à l’approche des municipales, des candidat(e)s n’hésitent pas à l’instrumentaliser pour gagner quelques voix. En cause : des tarifs qui augmentent et un service bouleversé par de nouvelles obligations pour les collectivités. Alors, cette colère est-elle justifiée ? Et surtout : qui est responsable des changements structurels à l’œuvre ?
Depuis la loi NOTRe de 2015, la gestion des déchets est une compétence des intercommunalités (métropoles, agglomérations, EPCI…), une strate administrative qui sera renouvelée aux élections de mars prochain. Les déchets peuvent aussi être gérés par des entreprises privées ou des syndicats publics départementaux. Mais dans ces deux cas, ce sont les élu(e)s qui fixent les objectifs et rédigent le cahier des charges.

Pour la Présidentielle, donnez-nous les moyens de viser plus haut.

Bon Pote pour les municipales c’est :
► 32 articles en accès libre. Sur l’écologie, sur l’extrême droite, nous avons tenté de couvrir les angles morts
► Des enquêtes exclusives. Qui ont touché des millions de personnes sur les réseaux sociaux
 Un outil interactif utilisé par plus de 200 000 personnes ces derniers jours. Nous étions les premiers à avoir une liste de candidats, avant celles des ministères grâce à la mobilisation de notre communauté
Pour rappel, nous sommes 4 chez Bon Pote, et nous sommes très fiers de l’impact que nous avons eu avec une équipe aussi réduite.
Pour la Présidentielle, donnez-nous les moyens de viser plus haut. Nous souhaitons embaucher un journaliste vidéo afin de sortir de la bulle sur les réseaux sociaux, et transmettre nos messages à tous les indécis, les déçus de la politique et ceux qui sont perdus dans ce flot de fake news permanent.
Vous l’avez vu dans notre rétrospective, chaque euro que nous recevons est utilisé à bon escient afin de recruter, payer des expert(e)s externes, et maximiser notre impact sur tous les fronts. Les dons sont défiscalisables à hauteur de -66%

 LA RECO DE LA SEMAINE

📚 LIVRE
Finance Insoutenable par Julien Lefournier
Le premier livre de Julien Lefournier ‘l’illusion de la finance verte’ est le seul livre qui a réussi à décrire le monde de la finance tel qu’il est vraiment et à le rendre accessible. Ce format BD est l’étape qui manquait pour toucher un large public et s’atteler ensemble à changer les banques. C’est bien fait, c’est bien expliqué, une vraie réussite !

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