Découvrez l’ouvrage « L’anticomplotisme officiel » de Laurent Dauré, aux Éditions Critiques

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Chers amis, chers Blasters,

Blast est partenaire de la sortie de l’ouvrage de notre collaborateur, le journaliste et essayiste Laurent Dauré, et la soutient vivement.

Une soirée de lancement de ce livre, en présence de Laurent Dauré et de Denis Robert, est prévue ce vendredi 3 avril, à partir de 19h, à la librairie Les Nouveautés, dans le 10e arrondissement de Paris.

Dans le cadre de cette collaboration, 25 exemplaires du livre seront envoyés à nos abonné·e·s ! Un tirage au sort désignera les gagnant·e·s, qui recevront cet ouvrage racontant comment la lutte contre le complotisme est devenu un outil de pouvoir et de complotisme.

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Participez au tirage au sort pour tenter de remporter l’un des 25 exemplaires mis en jeu, en remplissant le formulaire ci-dessous.

Une partie de ce livre polémique, qui paraîtra dans quelques jours, a été publiée sur Blast et Denis Robert en a signé la préface, dont nous publions ici de larges extraits.

Bonne lecture à toutes et à tous et à bientôt en librairie !

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Pour moi, Conspiracy Watch fait partie d’un paysage informationnel dévasté. Il occupe une petite place en bas à droite. On les distingue à peine. On pourrait croire que le site se cache. Les audiences de leurs émissions ou podcasts sont si faibles qu’il est délicat de leur donner trop d’importance. Pourtant, politiquement et médiatiquement, Conspiracy Watch est devenu puissant, un acteur primordial de la dévastation ambiante. C’est un symptôme, il est représentatif de « l’anticomplotisme officiel » et domine le secteur en France. Ses animateurs trustent journaux, plateaux télé et commissions. L’association qui édite le site, amplement financée par de l’argent public et une fondation privée, sert de nombreux intérêts qui n’ont pas grand-chose à voir avec le journalisme ou la vérité, mais tout à voir avec l’influence et la manipulation. Disons que Conspiracy Watch fait illusion. Et qu’ils sont la caution confortable à tout ce qui tape sur la gauche de transformation sociale, l’anti-impérialisme, « l’islamo-gauchisme », la France insoumise, le « wokisme », les Palestiniens…

Gaza a été le révélateur ultime de leurs turpitudes et de cette façon d’inverser le réel, allant jusqu’à utiliser le génie de Georges Orwell pour légitimer leur propagande pro-israélienne. Ainsi est-il utile de revenir sur le jugement de la CPI, sur le rapport multi argumenté d’Amnesty International qui prouvent au minimum la volonté génocidaire du gouvernement israélien. Le directeur de Conspiracy Watch balaie ces chiffres, ces morts, ces mots dans un texte datant du 8 octobre 2025. J’insiste sur la date car tout esprit éclairé et non partisan ne pouvait pas ne pas savoir à cette date que l’armée israélienne massacrait des journalistes, des civils et des enfants à Gaza d’une manière quasi industrielle. Et mettait en œuvre un génocide.
Pour le fondateur de Conspiracy Watch, l’utilisation du terme reste « fallacieuce ».
« Parler de « génocide » ne relève pas d’une description objective soucieuse du réel mais d’une accusation hyperbolique qui a tout à voir avec la corruption qu’impose au langage cette ère orwellienne de la “post-vérité” » écrit-il [1].

(…)

En appeler à la novlangue d’Orwell alors qu’on est soi-même un adepte de la désinformation relève du grand art. Je ne sais plus qui de Laurent Dauré ou de moi a eu l’idée d’enquêter et d’informer le public sur les agissements de cette petite coterie de donneurs de leçons qui essaiment à tout va leur parole quasi biblique. Dans les médias, mais surtout dans les collèges et lycées, lors de colloques où on prétend traquer le complot et l’antisémite.

La petite équipe qui pilote Conspiracy Watch et en vit, depuis une dizaine d’années, se pose en adepte du fast-checking et s’érige en arbitre du vrai. Ce n’est pas rien. Ils sont invités partout dans les médias dominants, des antennes du service public aux chaînes info. Marlène Schiappa les aime. Aurore Bergé les admire. Caroline Yadan les utilise. Emmanuel Macron les valorise. Delphine Ernotte les encourage. La Fondation pour la mémoire de la Shoah les chouchoute. Daniel Kretinsky les rémunère. Le Crif les vénère. La Licra les adule. Le Printemps républicain les adore. Bernard-Henri Lévy, Philippe Val, Richard Malka, Caroline Fourest, Raphaël Enthoven, Manuel Valls les promeuvent. Et ils le leur rendent bien.

Conspiracy Watch, c’est un business florissant qui ne souffre pas la contestation. Gilets jaunes, ingérences étrangères, Covid, Daech, guerre en Ukraine, affaire Assange, suicide d’un ministre, mort de Coluche, Trump, les extraterrestres, Gaza, Epstein : dès qu’un sujet est susceptible de créer du buzz et de la discorde, on fait appel à eux pour tuer dans l’œuf le débat. Au fil du temps, ils sont devenus à l’instar des chasseurs mythomanes de SOS Fantômes, les héros intrépides de la lutte contre la désinformation. En même temps, vous le comprendrez en lisant le livre, elle a bon dos la désinformation. Les fast-checker de Conspiracy Watch sont les champions de France de l’info à géométrie variable. Lutter contre les complots leur permet surtout de tuer les vérités qui dérangent, d’occulter certains faits importants. On fait appel à eux. Ils foncent et sortent leur lance à certitudes. Ils assènent leurs vérités, confortablement installés dans leur studio où le doute n’est jamais un sujet. Eux, ils savent et ils jettent l’opprobre sur tout ce qui n’entre pas dans leur schéma de pensée extrême-centriste.
Souvent, en lisant leurs sentences ou en les voyant pérorer à la télévision, je me demande leur niveau de conscience et de recul. Ont-ils parfois le sentiment de tricher un peu avec la vérité ? Je n’en suis pas sûr. À force de raconter leurs salades, ils ont dû finir par croire à leurs histoires. Ils se sont auto-intoxiqués en meute, en groupe. De mes cours de Philo, je me souviens de cette sentence socratique : il y a ceux qui questionnent sans cesse pour dominer et ceux qui questionnent pour comprendre. Disons qu’ils sont de la première école et Laurent et moi de la seconde.

À Blast, nous acceptons le doute, nous ne sommes sûrs de rien. Nous préférons l’exactitude au confort, la solitude à la grégarité, la rigueur à l’opinion, l’exigence à la posture, l’honnêteté à la complaisance. Nous sommes tout le contraire de Conspiracy Watch et de ce que ce « site de référence » représente.
Je ne détiens pas la vérité, je la cherche. Elle n’est pas une arme, mais une investigation et une introspection qui demandent indépendance, flegme et discipline.
Disons pour conclure que je suis journaliste et véritologue plus par choix éthique que par profession ou par idéologie.
Suivez mon regard et lisez L’Anticomplotisme officiel : une idéologie au service de l’ordre établi.

Notre boulot, nous qui sommes ballotés entre des informations souvent contradictoires, est de nous évertuer à chercher. Inlassablement. Je pense à Blast et au livre de Laurent Dauré en écrivant ces lignes. Je suis très heureux d’avoir publié son enquête au long cours sur notre site (lien). On nous avait promis la foudre, on n’a rien vu venir. Nous verrons bien ce qu’il adviendra de ce livre.

« Un mensonge peut faire le tour de la terre le temps que la vérité mette ses chaussures » disait Mark Twain qui ajoutait : « L’homme qui ne lit pas n’a aucun avantage sur l’homme qui ne sait pas lire. »

Allez salut et bonne lecture.

Rudy Reichstadt, « Gaza : pourquoi le mot « génocide » pose problème », Conspiracy Watch, 8 octobre 2025.

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