LE SOMMET DE L’ÉTAT SE DÉSAGRÈGE AUX USA : VERS LA CHUTE DU TYRAN
Après le limogeage du chef de l’ICE, puis de la ministre de l’Intérieur, Kristi Noem, c’est maintenant au tour de Pam Bondi, la ministre de la Justice d’être virée. Tous des fidèles de Trump qui lui servent de fusibles et boucs émissaires face à la pression populaire qui s’accroit pour sa destitution immédiate.
La marche « No Kings » du 28 mars pour destituer Trump, a réuni entre 8 et 9 millions de manifestants et es organisateurs annoncent pour la suite, le franchissement d’une marche qualitative supérieure du mouvement « No Kings » avec un appel à la grève générale le 1er mai, qui n’est ni férié ni chômé aux USA. Une marche d’autant plus importante que l’appel a été rejoint pour la première fois par la confédération syndicale américaine AFL-CIO, un tournant exceptionnel dans l’histoire : une direction syndicale qui sort du terrain des luttes économiques émiettées pour appeler à une grève générale politique pour renverser un président en titre. C’est du jamais vu qui aura des répercussions mondiales sur le mouvement syndical. Il sonne comme un avertissement si d’aventure Trump voulait liquider ou saboter les élections de mi-mandat en novembre 2026 où il est annoncé un effondrement électoral historique des Républicains. Un avertissement là aussi au monde et à l’extrême-droite en particulier si elle voulait, comme trump, tenter de renverser la démocratie représentative.
Cette montée populaire qui ne cesse de progresser et se traduit par un mouvement de masse quotidien tous azimuts, a des répercussions sur la société civile, la presse, la justice, les élus, qui à la fois la représentent et en même temps tentent de la canaliser dans les cadres de l’ancien système, pour l’empêcher de devenir trop explosive et dangereuse pour tout le système capitaliste. Ainsi, si le chef de l’ICE a été limogé directement suite à un mouvement de grève générale à Minneapolis en janvier 2026 contre la violence de ses policiers, Kristi Noem a été virée début mars 2026 indirectement sous cette pression, suite à une commission d’enquête du Congrès contre elle, où elle a fini par accuser Trump. Pam Bondi, est elle virée début avril 2026 juste avant une commission d’enquête du même type de la Chambre des représentants qui menaçait de la destituer pour avoir caché et continuer à cacher les documents de l’affaire Epstein qui incriminent Trump. Et ce n’est pas fini, le chef du FBI et le ministre de la Défense sont aussi sur la sellette. Mais la rue en ébullition exige, elle, bien plus : la destitution de Trump et de tous ses complices, tout autant que la saisie de leurs biens, leur arrestation et leur traduction en justice, mais aussi, bien plus que cela, la fin du pouvoir des milliardaires, le retour du pouvoir au peuple, une marche qui, à terme, pourrait s’orienter vers la révolution.
Toute cette agitation au sommet, limogeages et action de justice parlementaire, est le reflet déformé des étapes en cours dans le mouvement populaire, des étapes dans la prise de conscience de sa force et des étapes de prises de conscience politiques en son sein, contre le système tout entier.
Le journal Daily Mail a rapporté que Pam Bondi avait « supplié comme un chien » Donald Trump de ne pas la licencier, car une fois licenciée, comme Kris Noem, elle sera livrée en pâture à la justice et à la presse, au point disent des humoristes qu’il l’a ensuite obligée à se rouler par terre, à s’asseoir et à lui donner la patte, avant de lui faire vider son bureau et quitter les lieux.
Cette fin de régime et ce qui attend ses membres a aussitôt été révélé par le député républicain – il faut souligner – Thomas Massie, qui depuis quelque temps s’aligne sur les Démocrates, en lançant une bombe dans l’affaire Epstein contre Todd Blanche, avocat personnel de Trump et le nouveau procureur général par intérim nommé par Trump, l’avertissant qu’il n’avait qu’un mois pour publier l’intégralité des dossiers conformément à la loi !
Sous la pression populaire, le scandale ne connaîtra aucun répit…
« Félicitations, procureur général Blanche, a-t-il dit. Vous avez maintenant 30 jours pour publier le reste des dossiers avant d’être pénalement responsable de non-respect de la loi sur la transparence des dossiers Epstein », a écrit Massie sur X en réponse à un tweet du procureur général par intérim Todd Blanche concernant sa nouvelle fonction.
La procureure générale Pam Bondi a été limogée plus tôt dans la journée par Trump, prouvant une fois de plus que la loyauté ne vaut rien lorsqu’il décide de vous sacrifier. Dans le cas de Bondi, elle a tout fait pour entraver et dissimuler le rôle de Trump dans les crimes d’Epstein, mais cela n’a pas suffi. Au final, elle lui a été plus utile comme bouc émissaire.
Todd Blanche se retrouve désormais dans la position peu enviable d’être le visage de ce ministère de la Justice totalement politisé et corrompu. La base MAGA, et en réalité toute l’Amérique, réclame toujours la publication intégrale des dossiers. Mais Blanche sait que Trump veut les enterrer définitivement. S’il les publie, il est limogé. S’il refuse, il deviendra le prochain bouc émissaire et, comme l’a souligné Massie, il sera pénalement responsable. Il est pris au piège…. tout comme tout l’appareil d’Etat Trumpiste au sommet
Contre cela, dans un réflexe de protection, le secrétaire à la Défense, Hegseth, l’alccolique notoire qui discutait des plans de guerre sur Whatsapp avec sa femme et ses amis, a démis hier – en pleine guerre ! -de ses fonctions le général Randy George, chef d’état-major de l’armée de terre, le contraignant à une retraite immédiate plus de deux ans avant la fin de son mandat.
Le général George est au moins le treizième officier supérieur que Hegseth a limogé ou contraint à la démission, après le général C.Q. Brown, chef d’état-major des armées, l’amiral Lisa Franchetti, chef des opérations navales, le général James Slife, chef d’état-major adjoint de l’armée de l’air, le lieutenant-général Jeffrey Kruse, directeur de la Defense Intelligence Agency, et bien d’autres. L’armée américaine est systématiquement dépouillée de ses officiers les plus expérimentés et remplacée par des fidèles – non pas parce que l’ancienne garde a failli, mais parce qu’elle pourrait refuser de continuer la guerre en Iran.
Ce limogeage pourrait aussi être dû aux échecs de Trump en Iran et à des désaccords sur la conduite de la guerre. Et comme Trump est en train de la perdre, il veut empêcher toute voix dissidente et ne s’entoure que de fidèles de plus en plus abrutis et corrompus… comme dans toutes les chutes de régimes dictatoriaux ou autoritaires. C’est ainsi que commencent toujours les chutes des tyrans…
( caricature de Pam bondi suppliant Trump, par Tom Adelsbach)