Orban battu, bon débarras…

Antoine Montpellier

Orban battu, bon débarras… Mais l’erreur serait de croire qu’avec Peter Magyar, un tournant radical vient de s’opérer. Certes, avec Orban, ce sont Trump et Poutine qui viennent d’être battus, ce qui n’est pas rien… Une brèche vient de s’ouvrir mais, si on n’y prend pas garde, elle pourrait se refermer, si, par exemple, on laisse que se maintienne en place un des pans, parmi quelques autres de l’orbanisme : le refus d’aider l’Ukraine à résister à Poutine. Tout comme le maintien d’une politique anti-immigrés… où, là, à la différence du clash possible sur l’Ukraine, le nouvel « homme fort » de la Hongrie pourrait être en phase avec l’accentuation européenne de la chasse aux migrant.e.s. Ne parlons pas de ce qu’il en sera des LGBT+. Et j’en passe.

Tout ceci montre que le travail du négatif a été fait : mettre hors jeu le néofasciste hongrois, si tant est qu’avec l’appui de Trump et de Poutine, il ne tente pas une épreuve de force post-électorale… Mais il reste à construire, et le travail n’est pas mince, une alternative de gauche, à l’heure qu’il est inexistante, sans laquelle ce travail du négatif ne débouchera pas sur la nécessaire rupture, radicale, avec le système Orban. Un système dont est issu Peter Magyar et dont il ne s’écarte que sur la question de la corruption et sur la volonté de récupérer les fonds européens bloqués suite aux obstructions posées par son prédécesseur par ses choix dits illibéraux.
A suivre donc. Sans suivisme vis-à-vis du vainqueur du soir.