| Le peuple iranien est aujourd’hui confronté à un faux « choix » familier : bombardements extérieurs ou répression intérieure.
Il ne s’agit pas d’un véritable choix, mais d’une construction politique qui exclut la société, les travailleurs, les étudiants, les minorités ethniques et sexuelles, et les femmes, en tant que troisième force, incarnée par Yanar.
Les bombes ne démantèlent pas l’oppression. Elles la réorganisent dans de nouvelles conditions. L’autoritarisme intérieur se maintient de la manière la plus visible et la plus fondamentale par le contrôle des femmes, utilisé comme instrument de contrôle de la société.
Les deux reposent sur la même condition : l’élimination des forces sociales et politiques en tant qu’acteurs. L’État prétend qu’il n’existe aucune alternative à son pouvoir. Trump et Netanyahou affirment que le changement est impossible sans eux.
La vie et le combat de Yanar Mohammed, à l’instar du mouvement « Femme, Vie, Liberté », ancré dans la lutte kurde, ouvrent une troisième voie. Ils mettent en lumière le lieu où le pouvoir se reproduit quotidiennement : par le contrôle du corps des femmes, utilisé comme moyen d’organiser la société.
Les femmes sont au cœur du système car celui-ci repose sur leur régulation. Par conséquent, la libération des femmes est une condition de la libération de nos sociétés.
La regrettée communiste et féministe Yanar Mohammed a été assassinée car c’est sur le terrain même de la lutte que les systèmes oppressifs se révèlent le plus clairement.
Son œuvre était matérielle, délibérée et révolutionnaire. C’est sur elle que se construit un monde meilleur.
Nous commémorons sa vie et son combat.
Le monde entier a perdu une camarade farouche et aimée. Le monde était meilleur avec elle ; il est plus pauvre sans elle.
Mais son combat continue.
Vive Yanar Mohammed ! |