BASCULEMENT DE L’HISTOIRE ?
AU PLUS GRAND MOUVEMENT POLITIQUE ET SOCIAL DE L’HISTOIRE DES USA, S’AJOUTE UNE VAGUE DE GREVES QUI DEFERLE DEPUIS LE DEBUT DE LA GUERRE AVEC L’IRAN
La 3e journée de manifestation « No King » (pas de roi) contre Trump, pour « redonner le pouvoir au peuple » comme le disent ses organisateurs, a connu ce 28 mars 2026 un énorme succès. Avec entre 8 et 9 millions de participants, c’est la plus grande manifestation politique et sociale de l’histoire des USA s’inscrivant elle-même dans le plus grand mouvement politique et social de l’histoire du pays qui dure depuis plus de dix mois. Parallèlement, des grèves importantes et victorieuses ont marqué janvier et février 2026, en même temps que le succès de la grève générale contre la police/milice fascisante de l’immigration de Trump, ICE, à Minneapolis, faisait naître dans les esprits la possibilité concrète de la grève générale pour renverser Trump. Enfin, peut-être encore plus prometteur, depuis le début de la guerre contre l’Iran, en mars 2026, une vague de grèves se lève dans tous les USA contre l’inflation et les pertes d’emplois générées par la guerre et la hausse des taxes douanières, touchant parfois des entreprises de matériel militaire, ou avec la participation de nombreux migrants faisant grève aussi contre l’ICE, un mouvement apparaissant globalement capable de stopper la machine de guerre et d’affaiblir l’ICE avec un premier succès dans ce sens qui vient d’avoir lieu ce 27 mars dans les aéroports où Trump a reculé face à une grève nationale, haut lieu symbolique, puisque c’étaient justement dans les aéroports que Reagan avait amorcé une vague de réaction en y brisant une grève.
Il n’est donné à voir en France de ce vaste mouvement que les mobilisations spectaculaires « No king » qui recouvrent pourtant des évolutions diversifiées beaucoup plus larges et plus profondes qui par exemple, avec de très nombreuses manifestations quotidiennes tous azimuts, entrainent la résistance d’une grande partie de l’appareil judiciaire et législatif, comme du monde universitaire et culturel, aux pressions autoritaires de l’exécutif trumpien. C’est la majeure partie de l’appareil législatif qui, sous la pression populaire, est entré en résistance à l’exécutif, une vielle tradition américaine qui remonte à ses origines révolutionnaires. C’est toute la société américaine qui est en mouvement.
Un géant s’est réveillé.
Les manifestants du 28 mars « No King » considèrent pour leur part que leur mobilisation de rue a pour objectif principal la destitution de Trump. Elle est pour eux le complément du même mouvement de destitution qu’ils cherchent à obtenir dans les urnes en votant systématiquement Démocrate depuis le 4 novembre 2025 et même démonstrativement pour sa gauche quand la possibilité leur en est offerte com me on l’a vu à New York, afin de mettre en minorité les Républicains à la Chambre et au Sénat aux élections de mi-mandat en novembre 2026, dans le but d’engager un processus de destitution de Trump et de toute son équipe, articulant donc pour cela mobilisations de rue et processus institutionnel par les élections. Un processus qui pourrait bien lui-même s’articuler avec la vague de grèves qui s’amorce à l’heure actuelle et la perspective de la grève générale telle qu’elle est apparue comme une perspective concrète à beaucoup le 23 janvier à Minneapolis puis les 30 et 31 janvier dans tous les USA.
C’est que si les américains ne veulent plus de Trump et des Républicains, ils se méfient aussi des Démocrates et de leurs solutions purement électorales d’autant qu’ils mesurent combien Trump est prêt à saboter le processus électoral lui-même. C’est pourquoi ces solutions par la rue et la grève grandissent tant aux USA et que la manifestation du 28 mars n’est pas qu’une manifestation sans suite ni accompagnants. Elle fait partie d’un mouvement général, d’une mise en mouvement du peuple américain dans son entier et sous toutes ses formes.
Essayons de faire le point sur le processus en cours, dont la portée est planétaire vu la position centrale des USA dans le monde.
LE MOUVEMENT SOCIAL ACTUEL AUX USA DANS LE CONTEXTE GENERAL MONDIAL ET LES PARTICULARITES AMERICAINES
CONTEXTE GENERAL
La situation actuelle particulière aux USA s’inscrit en premier lieu dans celle plus générale d’un capitalisme en faillite sur toute la planète, avec en conséquence l’offensive partout contre les travailleurs pour réduire leurs salaires directs ou indirects et les protections contre la maladie, l’âge ou le chômage. La démolition de cette démocratie sociale qui nécessite celle de la démocratie politique par des méthodes autoritaires, s’accompagne pour ce faire de la décomposition politique et morale de la classe dominante des vieilles puissances coloniales et impérialistes en même temps que de la montée du militarisme et de la guerre sous la menace d’un krach financier généralisé.
Cette situation s’inscrit en second lieu, dans le déclin de la suprématie des vieilles puissances impérialistes occidentales menacées par le développement du capitalisme à l’échelle mondiale du fait de l’intégration des anciens pays coloniaux au marché et à la concurrence capitaliste, avec en conséquence la montée en puissance d’autres pays et notamment la première place économique prise par la Chine dans le monde contre les USA. Ce déplacement de la domination mondiale des USA remplacé par un antagonisme nord-sud s’inscrit dans la volonté d’un repartage du monde suivant ces nouvelles lignes de force mais aussi par ce qui est souvent négligé alors que cela a une place centrale, le renouveau et l’expansion des luttes de classes au niveau mondial, au nord comme au sud, l’affrontement prolétariat/bourgeoisie avec un prolétariat plus puissant que jamais à l’échelle de la planète, cherchant en tâtonnant un peu partout à monter sur la scène politique sous différentes formes suivant les particularités locales, nationales et régionales.
PARTICULARITES DU SYSTEME AMERICAIN
Trump aux USA, avec toutes ses particularités, ses soupçons de pédocriminalité et sa sénilité avancée, répond aux besoins généraux d’une classe dirigeante elle-même sénile, elle-même en décomposition morale, qui, à chaque pas, s’enfonce davantage dans la crise économique, la violence autoritaire et la guerre. Le programme commun des classes dominantes dans le monde entier est un plan d’austérité draconien pour les classes exploitées, des licenciements massifs, la baisse des salaires, la destruction des restes de l’Etat social et de la démocratie représentative pour marcher vers des régimes de plus en plus autoritaires et la dictature, en même temps qu’elles s’affrontent entre eux, avec une période multipliant les conflits et les guerres.
La variante locale de ce plan général dans laquelle les USA et Trump s’inscrivent est d’autant plus intense et instable que les USA font face en même temps au double déclin général du capitalisme et tout à la fois à la remise en cause de leur place de première puissance mondiale, tout en s’inscrivant dans les traditions d’un système politique ultra présidentiel avec un exécutif centralisé fort mais tempéré par un système fédéraliste tout aussi fort ainsi que contradictoirement, comme l’ont voulu les pères fondateurs, un système législatif et judiciaire influents avec un Sénat et un Congrès aux pouvoirs substantiels assurant une vie démocratique autrement plus importante qu’en France. Ainsi le système tout à la fois « présidentiel » ultra centralisé et peu démocratique où, par exemple, le président n’est pas élu au suffrage universel mais par un système de grands électeurs favorisant les Etats et les électeurs les plus réactionnaires, est tempéré de manière complexe par un système également ultra fédéral et ultra législatif qui donne par exemple au Sénat le droit de ratifier – ou non- les traités ou les nominations présidentielles fussent-elles de ministres voire même le président lui-même, donnant à l’ensemble du système un mouvement de balance entre le législatif et l’exécutif, dans une opposition permanente. Aussi, la démolition de l’alternance droite-gauche en Europe qui a assuré la domination de l’ordre bourgeois pendant des décennies mais qui ne suffit plus à la bourgeoisie pour accompagner l’ampleur ses destructions sociales pas plus qu’à canaliser en réponse la profondeur du mécontentement et des révoltes populaires, n’est pas aussi simple aux USA. Elle ne peut se limiter à la fin de l’alternance Républicains-Démocrates, deux partis, certes bourgeois, n’ayant jamais laissé une représentation politique même déformée au prolétariat du fait de la puissance potentielle de celui-ci, parce qu’elle recouvre bien plus que cette simple alternance. Sa destruction signifie la démolition d’un système fédéral lié à la plus ancienne constitution encore en vigueur, celle de 1787– où par exemple la Californie avec ses propres lois, ses instances indépendantes, son Sénat et sa Chambre des représentants, sa cour suprême (très loin de ce que sont nos départements) représenterait la 5e puissance mondiale si c’était un Etat indépendant – et d’un système démocratique où, (avec des variations par Etat) on élit non seulement des députés et sénateurs au niveau de l’Etat comme au niveau fédéral, des maires et des conseillers municipaux, mais aussi des juges, des procureurs, des shérifs, des gouverneurs, des lieutenants gouverneurs, des secrétaires d’Etat, des commissaires à l’agriculture, des conseils d’administration des écoles (comme on vote parfois sur le programme scolaire), des administrateurs des bibliothèques, des préposés au ramassage de chiens errants, et où on vote même au suffrage direct sur les questions des budgets de fonctionnement. Ne laisser aucune place politique, même déformée au prolétariat, a suscité une plus grande place accordée à la société civiles et aux contre-pouvoirs. C’est pourquoi la suppression de l’alternance, même de deux partis bourgeois, comme les Républicains et les Démocrates, n’est pas simple car elle veut dire s’attaquer à de nombreux contre-pouvoirs démocratiques, et par là risque de réveiller le prolétariat, pouvant faire de ce combat démocratique son propre combat et Trump est visiblement en train de s’y casser les dents. Cela recouvre la démolition d’un système démocratique profondément ancré depuis 150 ans, ancre dans les habitudes quotidiennes depuis la révolution américaine bien plus qu’en France, parce que le mouvement ouvrier a été gommé de l’histoire. Dans ce pays, sans institutionnalisation du mouvement ouvrier réformiste, la résistance actuelle est en lien direct avec les valeurs toujours vivantes de la révolution américaine, un pays où il n’y a jamais eu de roi et de dictateur, entraînant une résistance et une lutte démocratique plus vivante qu’ailleurs. Cela ouvre partout – mais surtout aux USA – un état d’instabilité et avec lui une multitude de tensions sociales et politiques de toutes natures, de nombreux conflits et affrontements démocratiques au travers desquels, les classes populaires et la classe ouvrière peuvent prendre leur place et, ce faisant s’éveiller à la politique, prendre conscience de leur force et de leur rôle particulier en allant au-delà de la simple question démocratique, mais en posant la question de l’ordre social, à savoir quelle classe sociale dirige, a le pouvoir, et cela commence à se poser avec la contestation non seulement de Trump mais du pouvoir des milliardaires.
REVEIL DE LA CLASSE OUVRIERE AMERICAINE AVANT LE SECOND MANDAT DE TRUMP
La classe ouvrière américaine est un géant dangereux pour l’ordre établi – avec une population active de 170 millions de personnes, ce qui en fait la classe ouvrière la plus importante des pays occidentaux – et cela d’autant plus dans la capitale mondiale du capitalisme. Elle a déjà montré par le passé sa puissance, sa détermination et sa radicalité malgré toutes les entraves et les répressions souvent très violentes mises par l’ordre bourgeois contre son expression, avec la destruction de toute émergence un tant soit peu durable d’un parti ouvrier, d’un syndicalisme de classe. Depuis 1947 par exemple, avec la loi Taft-Hartley la grève générale est interdite tout comme le droit de grève individuel, sauf au moment du renouvellement des contrats collectifs d’entreprises et encore la grève n’est possible que très encadrée et uniquement à l’appel des syndicats.
Mais après une longue période de calme relatif depuis la fin des années 1940 qui a été surtout marquée par les mouvements pour les Droits civiques et contre la guerre au Vietnam, on a assisté lors du 1er gouvernement Trump au plus grand mouvement social de l’histoire des USA, Black Lives Mater BLM (la vie des noirs compte) dans les manifestations et émeutes de l’été 2020 aux États-Unis puis dans le monde, après le meurtre de George Floyd, qui sont ensuite ravivées par la mort d’autres hommes noirs lors de leur arrestation par des policiers blancs. Les manifestations contre le racisme et les violences policières – qui font plus de 1 000 morts par an en moyenne aux USA- se sont étendues rapidement dans les 50 États des États-Unis touchant plus de 2 500 villes et villages avec parfois des émeutes, des affrontements avec les forces de l’ordre, faisant 32 morts. A partir du 31 mai 2020, ce mouvement s’est étendu dans une partie du monde – illustrant la capacité d’extension au monde des mouvements américains – avant de se transformer en un mouvement de destruction des symboles ou statues de racistes et colonialistes puis par la défaite électorale de Trump, qui maniait à ce moment la répression, non pas tant parce que les électeurs ont voté pour Biden mais parce qu’ils votaient contre Trump, contre sa répression, contre le racisme et pour le mouvement social BLM. Le mouvement syndical en particulier par ses nombreux ouvriers noirs et structures de base, a affirmé sa solidarité, affichant sur la fin la menace d’une entrée en grève aux côtés de BLM et de construire une grève générale politique.
Par ailleurs, de nombreux jeunes ouvriers entrés dans cette lutte allaient continuer le combat par leur investissement dans la lutte syndicale, après des décennies de recul de la syndicalisation, entraînant le renouvellement d’un certain nombre de ses instances ainsi que par de nombreuses luttes ouvrières dans les années qui allaient suivre sous la présidence de Biden. Cela fut particulièrement visible en 2023, une année charnière pour le syndicalisme états-unien. Entre janvier et août 2023, plus de 200 grèves mobilisant plus de 320 000 salariés ont eu lieu, ce qui en soi représentait déjà une impressionnante montée en puissance si l’on compare ces chiffres à ceux de l’année 2021 tout entière, avec ses 27 000 salariés engagés dans 116 grèves. Elles ont touché de nombreux secteurs comme l’automobile mais aussi les infirmières, l’éducation ou le cinéma, entre autres… animées souvent par des cadres issus de courants socialistes formés dans les années 1970 pour les plus anciens et des Socialistes démocrates d’Amérique (DSA) pour les plus jeunes, regroupés autour du réseau de débat et formation Labor Notes. Ainsi, si on pense à ce qui se passe aujourd’hui, il ne faut pas oublier que plus de dix fois plus de travailleurs ont fait grève en 2023 par rapport à 2021. Avec un véritable tournant dans les consciences, qui s’est opéré à partir du milieu du mois de septembre 2023, avec la grève des salariés des trois géants de l’automobile américains qui emploient 150 000 personnes : Ford, General Motors et Stellantis avec une grève, malgré toutes les limites de la tactique syndicale qui ne cherchait pas à construire la grève la plus large, qui a marqué le monde du travail en obtenant l’augmentation de tous les salaires d’au moins 25 % sur la période de 4 ans et demi couverte par le nouveau contrat passé entre le syndicat et les patrons, une prime de 5 000 dollars par gréviste et l’indexation des salaires sur le coût de la vie, une mesure d’ajustement salarial qui avait été supprimée il y a longtemps et pas seulement dans l’automobile mais bien ailleurs dans la période récente. La grève a également gagné l’application de la règle du salaire égal à travail égal à l’entrée dans le métier, mettant ainsi fin à un système extrêmement inégalitaire et diviseur de rémunération suivant trois statuts différents de salariés, en dehors de toute considération d’ancienneté, qui s’était aussi étendu largement dans les décennies de recul ouvrier précédentes. Cette grève a été suive par de nombreuses autres, avec une extension y compris au Canada, et le plus souvent victorieuses et des augmentations des salaires de 40 ou 50% sur 5 ans. Pour beaucoup, le rapport de force changeait avec une confiance retrouvée et comme nouvel objectif affiché, l’idée d’une grève générale le 1er mai 2028 (qui bien que né aux USA n’est pas un jour férié (le 1er mai en Europe a lieu en septembre aux USA), en regroupant à cette date-là le renouvellement d’un maximum de contrats afin d’en faire une grève générale légale. Une date trop lointaine mais qui avait le mérite de traduire un état d’esprit montant, remettre à l’ordre du jour la grève générale qui paraissait totalement impossible les décennies précédentes aux USA.
Ainsi après 80 années environ sans grand mouvement ouvrier où l’impérialisme américain était arrivé à obtenir un relatif calme social par un mélange de répression et de redistribution au monde du travail de miettes gagnées dans sa domination mondiale, la relégation par la Chine des USA à la seconde place économique, le gouvernement de Trump mis en place pour tenter d’inverser cette situation, voit renaître le mouvement ouvrier américain.
LE MOUVEMENT POPULAIRE AUJOURD’HUI, 2025-2026 : VERS LE PLUS GRAND MOUVEMENT POLITICO/SOCIAL DE L’HISTOIRE DES USA
C’est dans ce contexte qu’est né le nouveau mouvement de mobilisation contre Trump depuis sa prise du pouvoir le 21 janvier 2025 et ses attaques tous azimuts contre les droits ouvriers, les acquis sociaux et démocratiques, un mouvement qui avait déjà atteint en décembre 2025 le niveau de celui de BLM, donc le plus grand et le plus long de l’histoire des USA et qui l’a dépassé depuis janvier 2026 en même temps qu’il a remis à l’ordre du jour dans l’esprit de beaucoup, l’objectif de la grève générale mais d’une grève générale politique cette fois.
Cette situation et cet objectif ne sont pas venus bien sûr de l’opposition de la direction du parti Démocrate, qui est totalement passive face aux violentes attaques de Trump voire accompagne quasi ouvertement Trump quand il est trop en difficulté, ni non plus des directions de la centrale syndicale AFL-CIO ou des fédérations syndicales, qui soutiennent même parfois la politique douanière protectionniste de Trump en racontant que les pertes d’emploi à l’étranger, par exemple au Mexique ou au Canada, seraient bénéfiques pour l’emploi aux USA. Ce mouvement et cet objectif sont sortis de l’effort inouï de mobilisation des classes populaires elles-mêmes contre la tentative autoritaire de Trump avec le mouvement « No King » mais aussi avec une radicalisation et prolétarisation notables à partir de la grève générale réussie de Minneapolis en janvier 2026, ville où Trump s’est cassé les dents en échouant à en faire un exemple pour y imposer la dictature violente de sa police/milice raciste ICE, tandis que « prolétariat » y faisait sa première réapparition politique à incidence nationale, avec ses méthodes et ses objectifs, repopularisant que la « grève générale » politiques est un objectif atteignable dans la période..
Globalement, on a dénombré plus de 10 700 manifestations en 2025, soit une augmentation de 133 % pour la première année du second mandat de Trump avec au moins 12,8 millions d’Américains (selon les données officielles mais peut-être 15 millions en réalité selon « Strength in Numbers ») – environ 3,7% de la population – qui ont manifesté contre le président depuis janvier 2025, selon des estimations par rapport aux 4 588 manifestations recensées en 2017, première année du premier mandat de Trump, le double donc, alors qu’il y en avait déjà plus que d’habitude.
Selon les données, une très large majorité des comtés américains – dont 42 % ayant voté pour Trump – ont connu au moins une manifestation depuis sa ré-investiture l’année dernière. Des chiffres qui sont au niveau de ceux de 2020 lors du mouvement BLM (Black Lives Matter) et qui ont été dépassés à partir de janvier, même s’il n’y a pas encore de statistiques depuis là, et probablement encore plus dans les semaines et les mois à venir avec les manifestations contre la guerre avec l’Iran qui s’ajoutent aux autres et, par exemple, la troisième manifestation « No King » du 28 mars 2026, qui a donc été la plus grande de l’histoire des USA, avec plus de 3 300 manifestations dans le pays et de 8 à 9 millions de participants, un chiffre qui par lui-même, au-delà de son importance quantitative, à une symbolique politique.
En effet, Erica Chenoweth, politologue à la Harvard Kennedy School et codirectrice du Crowd Counting Consortium, qui établit ces statistiques de mobilisations depuis un certain temps et qui fait autorité dans le domaine aux USA, et qui à partir d’un recensement mondial des mouvements sociaux et révolutionnaires pense que 3,5% de la population en mouvement, 12 millions aux USA, le chiffre objectif que se sont fixés nombre d’organisateurs, témoignant de ce qu’ils ont en tête, on passe dans une situation révolutionnaire, a déclaré alors que la manifestation du 28 mars a vu 8 à 9 millions d’américains manifester, après 5 et 7 millions aux deux premières manifestations « No King » des 14 juin et 18 octobre 2026 : « Nous vivons une période historique, dans le sens où les gens se mobilisent là où ils vivent d’une manière que je n’ai jamais vue de mon vivant ». Il y a en effet des mobilisations tous les jours, avec une accélération plus on avance dans le temps, qui vont d’une personne seule dans son village ou son quartier, ce qui dénote une détermination importante avec des gens qui s’installent en bas de leur maisons avec un pliant et une pancarte, ou à un carrefour ou sur un pont avec quelques amis ou voisins, jusqu’à des manifestations de plusieurs millions de personnes, avec les manifestations « Hands off » ou « No king », initiées par les réseaux sociaux et le mouvement « 50501 » proche de DSA qui en est né, et un conglomérat de toutes sortes d’organisations, féministes, associatives, écologistes, socialistes mais aussi syndicales avec les fédérations des enseignants ou dans le domaine de la culture et un bon nombre de structures syndicales locales… Ce sont des manifestations pour destituer Trump mais aussi contre les milliardaires et leur contrôle de la politique, pour l’accès aux soins de santé, pour les jeunes transgenres, contre le soutien américain à Israël à Gaza, son intervention au Venezuela, sa guerre en Iran et aux actions de désinformation contre les tentatives d’Elon Musk de démanteler le gouvernement fédéral au printemps, en passant par des boycotts efficaces contre les entreprises soutenant Trump et les manifestations anti-ICE lors des raids menés par les agents fédéraux dans les villes américaines durant l’été, l’ automne et l’ hiver. Les Américains sont descendus massivement dans la rue pour exprimer leur opposition à tous les aspects de la politique de l’administration Trump.
Cela se répercute sur les votes dans les élections partielles avec une mobilisation infiniment plus forte de l’électorat Démocrate qui avait déserté les élections de 2020, permettant la victoire de Trump (31,78% pour Trump, 30,84 Kamala Harris, 1,06% 3eme parti, 36,33% abstention), et donc maintenant depuis novembre 2025, un vote Républicain qui s’effondre littéralement, où les démocrates ont gagné les 30 élections partielles depuis cette date, dans des districts aussi bien Démocrates que Républicains, en obtenant en moyenne 13% de mieux que Kamala Harris lors des élections présidentielles, un écart qui va en augmentant avec le temps depuis novembre 2025. Cet écart est tel que par exemple au Texas, un Etat Républicain depuis longtemps, il devient envisageable que les Démocrates puissent tout gagner, chambre des représentants, sénat, gouverneurs, procureurs, mairies. Et puis, plus important encore, les candidats de la gauche du Parti démocrate (DSA de Bernie Sanders ou d’autres), l’emportent souvent majoritairement partout dans les primaires quand ils s’opposent à ceux de la direction du Parti démocrate ou de sa droite puis contre les Républicains. Cela s’est vu par exemple de manière spectaculaire avec l’élection d’un maire DSA à New York passé de 1% des intentions de vote en début 2025 à son élection en novembre 2025, en même temps que DSA passait de 6 000 membres en 2006 à plus de 100 000 aujourd’hui. C’est que le fond politique général est que si les électeurs démocrates détestent Trump, ils n’ont guère confiance non plus dans le parti Démocrate : un sondage disant que 63 % des américains ne voulaient ni de l’un ni de l’autre et que l’opinion générale se déplace vers la gauche.
Ces mobilisations populaires qui se répercutent sur les élections se répercutent aussi sur les décisions des juges qui défont systématiquement ce que l’administration Trump essaie de mettre en place jusqu’à la Cour suprême, pourtant à majorité trumpiste, qui s’oppose aux droits de douane de Trump et lui impose de rembourser ce que ça a coûté aux petites entreprises et aux consommateurs, en passant par les votes à la Chambre des représentants ou au Sénat, où depuis octobre, l’administration Trump n’a pas pu passer ou appliquer une seule loi, ne trouvant pas de majorité pour cela (alors que les Républicains ont la majorité au Sénat et au Parlement) sauf pour le vote du budget parce que le Parti démocrate est venu au secours de Trump en détresse. Tous ces succès générés par la pression populaire, ont en retour un effet d’encouragement sur ces mêmes mobilisations populaires.
D’ordinaire, les foyers de protestation se limitent aux grandes villes ou à une marche sur Washington. Ce n’est plus le cas aujourd’hui où la mobilisation est très diffuse à travers tout le pays avec une diversité des lieux, notamment dans des régions rurales et conservatrices comme Cut Bank (Montana) et Sparta (Caroline du Nord), qui montre que ces mouvements démentent les stéréotypes sur les lieux de protestation, ce qui contredit clairement l’idée reçue selon laquelle la protestation se limite aux grandes villes, aux côtes et aux zones majoritairement démocrates où elle ne fait changer d’avis personne
Cette tendance à des manifestations largement dispersées a duré tout 2025 et s’est encore amplifiée en 2026, avec les mobilisations citoyennes anti ICE spontanées puis organisées, par groupes d’amis, de voisins, par quartier, par école, par commune, contre la politique raciste d’immigration de Trump, se poursuivant toujours aujourd’hui dans de très nombreuses villes américaines. Comme l’a déclaré Hunter Dunn, un des animateurs du mouvement « 50501 » acteur important des mobilisations « No King » : « Il s’agit d’une alternance entre de grandes mobilisations de masse et l’organisation locale, l’action directe, la défense des élections, l’inscription des électeurs, mais aussi l’entraide entre voisins, la surveillance des agents de l’ICE et l’organisation juridique pour la défense des victimes.»
Cela rejoint le point le plus frappant dans les sondages tous défavorables à Trump et aux Républicains, qui est que les électeurs à faible intérêt ou connaissance politique et à faible engagement – environ 27% de l’électorat – ont basculé d’un soutien à Trump de 11% en 2024 pour le désapprouver de 13% aujourd’hui. Cela signifie, puisque ces personnes à faible information ne consomment pas directement les nouvelles politiques des médias, que hier, moins ils en savaient plus ils aimaient Trump mais qu’aujourd’hui, c’est l’inverse. Leur changement d’attitude ne vient pas des médias puisqu’ils ne les écoutent pas, mais provient des conversations avec les gens normaux, des amis, de la famille, des voisins plus informés et qu’ils sont donc plus influencés par les points de vue de gauche. L’opinion générale est en train de basculer largement et profondément contre Trump et plus généralement avec la poussée visible dans les milieux populaires pas seulement Démocrate mais vers la gauche et que ça ne s’arrêtera donc pas de sitôt.
Et ce mouvement, qui a certes encore bien des limites, malgré son caractère massif évolue au fil des grands évènements.
Ainsi, jusque-là, le seul débouché politique à tous les mouvements, restait électoral sous l’influence du parti Démocrate, et donc aujourd’hui autour de la perspective de gagner les élections de mi-mandat en novembre 2026 (où toute la chambre des représentants est renouvelée, un tiers du sénat et des procureurs, gouverneurs, mairies, etc.) présentées par le Parti démocrate tout comme par DSA, qui bien que se réclamant de l’anticapitalisme est électoraliste et réformiste, comme le seul moyen de destituer Trump, un objectif qui est devenu le leitmotiv actuel de la majorité des manifestations et de l’opinion. Mais Trump voyant qu’il va perdre à ces élections de mi-mandat, essaie systématiquement de les saboter voire les supprimer. Et cela se voit largement. Aussi, les gens mobilisés se préparent à cette éventualité, contrairement aux dirigeants Démocrates.
Cela fait que la grève générale politique pour destituer Trump auquel se rajoute de plus en plus liquider la domination des milliardaires, est revenue à nouveau dans de nombreux esprits comme une solution. Cela a été tout particulièrement amplifié par le succès massif de la « grève générale » du 23 janvier 2026 à Minneapolis avec la participation des syndicats locaux. Ce mouvement d’opinion est aujourd’hui tellement important, que pour tenter de détourner ce courant et en prendre le contrôle, plusieurs dirigeants démocrates reprennent maintenant à leur compte cet outil de la grève générale. C’est le cas par exemple du maire Démocrate de Chicago, du gouverneur Démocrate de l’Ohio, d’un des principaux candidats démocrates à la course à la présidence de 2028, qui dit que pour le moment il faut viser à gagner les élections mais qui dit aussi que si Trump les sabote, il restera alors la grève générale.
Il faut dire que la « grève générale » de Minneapolis du 23 janvier a fait reculer Trump -alors que tout son régime est basé sur la peur, sur le fait que rien ne le fait reculer – en obtenant de lui, après qu’il ait viré Greg Bovino le chef de l’ICE, qu’il limoge, Kristi Noem, sa fidèle secrétaire à la Sécurité intérieure (ministre de l’Intérieur). Il a accepté de la virer pour éviter qu’elle ne soit destituée par le Congrès, ce qui aurait pu ainsi ouvrir l’engrenage d’une série d’autres destitutions, les ministres de la Justice, de la santé, de la Défense et le chef du FBI auraient pu suivre. Au global, ça aurait été une preuve flagrante de l’affaiblissement de Trump face à la contestation populaire, ce qui est mortel pour lui. La grande presse, Démocrate en particulier, attribue tous ces reculs à la mobilisation du Parti Démocrate. Mais ça ne trompe personne son hors des USA, le Parti Démocrate, ne fait rien, il est juste aussi sous la pression populaire. C’est cette pression qui fait tout.
Dans la foulée, l’appel des étudiants de Minneapolis à la grève générale nationale les 30 et 31 janvier 2026, a été aussi un succès. Il a été suivi dans tout le pays, certes sous forme de manifestations plus que de grève, mais popularisant un peu plus l’idée de grève générale contre les multiples manœuvres anti-électorales de Trump. Et puis cet appel des étudiants donne encore lieu depuis là jusqu’à aujourd’hui, à un véritable mouvement de grèves, sporadiques mais ininterrompues, des lycéens dans tout le pays contre l’ICE et Trump. C’est-à-dire la première fois depuis les années 1960/1970 que les jeunes entrent ainsi dans l’action au niveau national et se politisent. Le succès de cette « grève générale » s’est encore étendu au fait que pour imiter son succès, beaucoup ont repris partout ce qui est apparu comme l’outil de construction de la grève générale à Minneapolis, c’est-à-dire, selon ses organisateurs, un corps de 30 000 « observateurs juridiques » sur la ville (3,5 millions d’habitants) qui, de fait, ont mis sous contrôle permanent les 3 000 flics de l’ICE ; les suivant, bloquant leurs déplacements, leurs logements, leurs restaurants, les sièges de l’ICE, leurs courses, avertissant de leur arrivée, surveillant les quartiers à risque, se postant à tous les carrefours, protégeant les migrants et les écoles, filmant toutes les violences de l’ICE et les publiant, donnant les noms des agents fautifs (et la Justice a suivi, puisque maintenant elle les poursuit dans certains Etats Démocrates malgré l’immunité donnée par Trump), mais aussi organisant le boycott des entreprises qui collaborent avec l’ICE ou Trump, ou au contraire, organisant les achats collectifs dans les entreprises qui s’y opposent, organisant la solidarité, l’aide aux migrants coincés chez eux avec l’apport de nourriture, des cours de professeurs à domicile, l’accompagnement des parents au travail, des enfants à l’école, ce qui a donné par imitation l’apparition en seulement 48 h de 200 000 de ces « observateurs » au niveau national (combien aujourd’hui ?), une adaptation d’auto-organisation, un contrôle démocratique populaire, te que le permet la législation américaine. Les syndicats de Minneapolis n’ont pas « appelé » formellement à la grève, n’en ayant pas le droit, mais l’ont fait comprendre, en même temps que les salariés ne se sont pas mis en grève, n’en ayant pas non plus le droit, mais n’ont pas été au travail ce jour-là, ou étaient malades, additionné au fait que plus de 1 000 petites entreprises n’ont pas ouvert leurs portes. Les grandes entreprises n’ont guère été touchées par la « grève » mais l’ensemble de « grévistes » politiques était tel que la ville en était paralysée.
C’est cette mobilisation populaire, sa profondeur, sa durée, sa croissance, ses embryons d’auto-organisation, les prises de conscience en cours, qui directement comme à Minneapolis ou indirectement par sa pression sur les instances démocratiques, législatives ou judiciaires, poussent Trump à la fuite en avant dans la guerre, après avoir échoué jusque-là à truquer ou saboter les élections de mi-mandat et où la défaite signifie pour lui et ses proches, la prison, vu le degré de haine et de crimes qu’il a semés dans le pays. Mais la guerre avec l’Iran a déjà battu tous les records historiques de désapprobation aux USA avec entre seulement 21% et 29% de soutien suivant les sondages, y compris chez les Républicains où 60% des moins de 40 ans désapprouvent la guerre, accélérant et aggravant encore la désagrégation des supporters MAGA de Trump, qui hurlent à la trahison sur les réseaux sociaux puisque Trump leur avait promis « America first », qu’il ne ferait plus de guerres et qu’il consacrerait l’argent économisé aux américains eux-mêmes. Or, les licenciements sont massifs, l’inflation continue et la guerre reprend et continue de plus belle. Trump face à une résistance importante de l’Iran et risquant de couler l’économie mondiale avec la hausse des prix de l’énergie, ne sait plus comment y mettre fin.
En d’autres termes, la guerre une fois terminée, pourrait plus que jamais laisser la place aux peuples en colère, aux USA comme ailleurs, avec par exemple 500 000 manifestants à Londres ce 28 mars 2026 contre l’extrême-droite et en solidarité avec le « No King » des USA et 300 000 à Rome avec de nombreuses autres manifestations dans plusieurs pays, tous unis au niveau planétaire dans leur commune détestation des dirigeants de globe et les milliardaires qu’ils servent pour – comme ça s’entend déjà dans les manifestations actuelles en Amérique – chasser l’argent de la politique, taxer les plus grandes richesses, utiliser ces recettes pour financer des services de garde d’enfants, des soins aux personnes âgées pas chers ainsi qu’un système de santé universel, des logements abordables avec des salaires décents.
Tout n’est bien sûr pas fait, Trump dispose toujours de l’appareil d’Etat et la classe ouvrière n’a pas encore d’expression politique directe un tant soit peu importante ce qui peut poser un problème majeur dans les moments critiques qui se poseront demain. Mais tout est en pleine maturation.
LES VICTOIRES SIGNIFICATIVES DE LA CLASSE OUVRIERE EN TEMPS QUE TELLE SOUS LE SECOND TRUMP AVANT LA GUERRE AVEC L’IRAN
Si les directions syndicales sont totalement passives voire complices de Trump et que la classe ouvrière dans son ensemble, par peur de la répression et de l’inconnu, a hésité à se mettre en mouvement en tant que telle la première année du gouvernement Trump, n’intervenant qu’en tant qu’individus dans le mouvement « No King », cela semble changer depuis ce début d’année 2026.
Ainsi, cet hiver a été marqué par des grèves historiques aux États-Unis, sur les deux côtes.
À New York, 15 000 infirmières de trois des plus grands réseaux hospitaliers privés de la ville se sont mises en grève le 12 janvier et ont maintenu le piquet de grève pendant environ un mois, avec une victoire au bout de la lutte, ce qui en fait la plus grande et la plus longue grève d’infirmières de l’histoire de la ville. Parallèlement, en Californie et à Hawaï, 31 000 professionnels de santé employés par Kaiser Permanente dans les deux États se sont mis en grève du 26 janvier au 23 février, dans ce que leur syndicat qualifie de plus grande grève illimitée du secteur de la santé de l’histoire des États-Unis avec le succès au bout.
Ces actions syndicales historiques ne se sont pas limitées au secteur de la santé.
ENSEIGNANTS DE SAN FRANCISCO
À San Francisco, plus de 6 000 enseignants et assistants d’éducation du primaire et du secondaire du district scolaire unifié de San Francisco (SFUSD) se sont mis en grève le 9 février. Il s’agit de la première grève du district en près de cinquante ans ; elle s’est conclue par un accord entre le district et le syndicat des enseignants, United Educators of San Francisco (UESF), le 13 février avec des avancées majeures pour les employés en matière de santé. Ainsi, le salaire minimum a été relevé de 17 $ à 30 $ de l’heure, presqu’un doublement, avec augmentations salariales progressives liées au coût de la vie. Certains ont bénéficié, lors d’une de ces négociations, d’une augmentation de 80 %. Désormais, les enseignants gagnent environ 70 000 $ dès leur entrée en fonction, au lieu de 50 000 $ à 60 000 $ auparavant. Et puis surtout le district prend en charge intégralement la hausse rapide des coûts d’assurance santé, ce qui représentait un salaire entier chaque mois consacré aux soins de santé pour les personnes ayant une ou deux personnes à charge, avec donc des augmentations de salaire quasi inexistantes, car ces trois dernières années, elles passaient dans la hausse des coûts de santé et en janvier, avec les mesures Trump sur la santé, le salaire baissait. Et puis, il y eu un jour de congé mobile supplémentaire, équivalent à une augmentation d’environ 1 %, une réduction de la charge de travail des enseignants spécialisés et le maintien et le développement du programme scolaire de soutien aux élèves sans domicile fixe et à leurs familles et l’établissement du statut d’écoles sanctuaires contre l’ICE et un logement pour les parents SDF ainsi que la retraite pour des assistants d’éducation –alors qu’ils ne bénéficient actuellement d’aucune prestation de retraite et enfin ils ont obtenu des protections contre l’intelligence artificielle et la sous-traitance. Cette victoire formidable a eu un retentissement national d’autant plus que les enseignants étaient ostensiblement soutenus par la population et les parents. Ils étaient dans la rue en nombre croissant chaque jour de la grève avec parfois plus de 20 000 personnes pour soutenir les enseignants.
La plus grande victoire, est que les grèves des enseignants sont fondamentalement des grèves politiques contraignant les dirigeants politiques à faire des choix financiers en faveur des intérêts de la population. Tout le monde a soutenu cette grève. Ça été une victoire de tous autour d’un mouvement de grève. Ce qui a changé l’atmosphère de la ville de ce qu’elle était depuis vingt ans.
Cela s’inscrit dans la continuité de ce qui s’est vu à travers le pays, la grève du 30 janvier à Minneapolis – une confrontation avec les intérêts des milliardaires au plus haut niveau – qui s’est reproduite aussi à San Francisco. Le maire, héritier milliardaire de Levi Strauss, qui tient de beaux discours sur l’accessibilité financière, ne savait pas comment réagir. Nous l’avons forcé à reconnaître le pouvoir de l’action collective. Trois conventions collectives arrivent à échéance pour la ville, et la question de l’action collective à San Francisco est désormais sur la table comme elle ne l’a pas été avec cette victoire populaire depuis la grève générale de 1934.
Ce mouvement fait partie de la campagne « Nous ne pouvons pas attendre », une initiative coordonnée de plus de trente sections locales syndicales en Californie. Ainsi, les enseignants unis de Richmond, dans la baie Est de Californie, ont aussi fait grève pour la première fois de leur histoire en décembre 2025 et ont obtenu des améliorations en matière de santé, de protection des enseignants internationaux et d’éducation spécialisée. Et pareil pour les enseignants de San Diego qui ont obtenu gain de cause sans même faire grève vu l’ambiance générale. Toutes les autres sections syndicales locales travaillent maintenant toutes de la même manière. On peut donc dire que ce n’est qu’un début.
INFIRMIERES DE NEW YORK
Et puis, parallèlement il y a eu la grève victorieuse des infirmières de New York qui a peut-être eu encore plus d’écho dans le pays.
Cet hiver a été marqué par la plus grande grève d’infirmières de l’histoire de New York et l’une des plus importantes de l’histoire des États-Unis. Le 12 janvier 2026, 15 000 infirmières, représentées par la New York State Nurses Association (NYSNA), ont fait grève dans les trois plus grands réseaux hospitaliers privés de la ville : Mount Sinai, NewYork-Presbyterian et Montefiore. Pendant plus d’un mois, jusqu’aux 14 et 21 février 2026, les infirmières ont bravé le froid glacial, leurs employeurs et la gouverneure Démocrate de New York, pour protester contre le manque d’effectifs, la protection contre les violences au travail, l’agrandissement du service des urgences et les prestations de santé pour le personnel. Comme les disaient : « On ne demande même pas grand-chose. On demande plus d’infirmières. On demande la sécurité. Et on demande plus d’espace pour nos patients afin qu’ils ne soient plus entassés aux urgences et dans les couloirs. » Les infirmières ont d’abord obtenu des millions de dollars d’indemnisations pour le non-respect de la loi concernant le ratio infirmières/patients, ce qui a permis d’améliorer considérablement les effectifs en obtenant l’embauche de personnel supplémentaire pour assurer les remplacements des infirmières pendant leurs pauses, et à améliorer encore le ratio infirmières/patients dans certains services. Elles ont obtenu des augmentations de salaires de 12% sur trois ans, des augmentations d’effectifs, la garantie et l’amélioration de leur système de santé et de retraite et des mesures de protection contre les effets de l’IA sur l’emploi.
Dans la grève, les infirmières ont mis au point un sorte de comité de grève et de coordination entre les 3 hôpitaux puis bien au-delà, avec une douzaine d’hôpitaux plus petits, organisés autour des trois plus gros, ce qui a été fortement combattu par la direction syndicale. La grève s’est donc faite sans ou même cotre elle. De plus, la gouverneure de New York, Kathy Hochul a soutenu les directions contre les grévistes et a même autorisé d’embaucher des briseurs de grève, avec 100 millions dépensés pour ça. Quant au nouveau maire Démocrate de gauche de New York, Zohran Mamdani, s’il s’est impliqué pour les grévistes, Mamdani a rejoint les infirmières sur les piquets de grève – une initiative inhabituelle pour un maire en exercice, ce qui n’était pas rien -, mais cela n’a pas été plus loin, c’est resté symbolique, le maire se contentant de demander aux directions et au personnel de s’entendre !
Le succès de la grève a donné du courage à de nombreuses infirmières d’autres villes et États dans tout le pays, qui va probablement enclencher d’autres mouvements tout en montrant que New York, la ville des milliardaires est aussi une ville des ouvriers et qu’on peut très bien agir et gagner sans Les Démocrates, fussent-ils de gauche.
UNE VAGUE DE GREVES DEFERLE SUR LES USA DEPUIS LA GUERRE EN IRAN
Depuis le début de la guerre américano-israélienne contre l’Iran, les États-Unis sont secoués par une éruption de la lutte des classes face à une exploitation croissante, des inégalités criantes, une véritable hécatombe d’emplois suite aux taxes douanières, le détournement des ressources de la société vers la guerre avec une demande de 200 milliards supplémentaires pour la guerre et l’inflation qui rogne les salaires avec les hausses des prix de l’énergie qui se répercutent en des hausses de prix dans tous les domaines.
Trump dit aux travailleurs qu’il n’y a « pas d’argent » pour les salaires, le personnel, les écoles, le logement ou les soins de santé, tandis que des sommes illimitées sont dépensées, 1 milliard par jour, pour les bombes, les porte-avions et autres armes de destruction. La classe dirigeante intensifie la guerre à l’étranger tout en procédant à un massacre des emplois et en renforçant la répression à l’intérieur du pays. Dans le même temps, d’importantes grèves et menaces de grève se propagent dans les secteurs de la santé, de l’éducation, des services publics, de l’industrie manufacturière, de l’agroalimentaire et autres, alors même que la guerre alimente des chocs inflationnistes et des bouleversements économiques.
Depuis plusieurs semaines, la conflictualité s’était invitée à l’université Columbia de New York qui est un point chaud politique depuis le début du second mandat de Donald Trump. L’administration Trump a lancé une offensive juridique et financière contre l’université en réponse aux manifestations étudiantes pro-palestiniennes qui y avaient lieu et a entamé des procédures d’expulsion à motivation politique contre des militants étudiants comme Mahmoud Khalil et Mohsen Mahdawi. Ce conflit est dans une nouvelle phase, car le syndicat représentant les étudiants salariés de premier et deuxième cycle et des Travailleurs étudiants de Columbia (SWC), vient de voter en faveur d’une grève après des mois de négociation. Les syndicats veulent la protection des travailleurs étrangers, des restrictions sur l’utilisation de l’intelligence artificielle, la garantie d’une couverture santé adéquate pour tous et des augmentations de salaire proportionnelles au coût de la vie à New York. Le SWC a organisé un vote d’autorisation de grève du 20 février au 6 mars et, le 10 mars, le syndicat a annoncé que 91 % des votants avaient voté en faveur de la grève, avec la participation de 75 % des membres éligibles avec comme premier objectif l’augmentation des salaires. Cette semaine, le corps professoral de l’Université Columbia de New York s’est mis en grève pour exiger de meilleurs salaires, la sécurité de l’emploi et de meilleures conditions de travail malgré le syndicat UAW qui organise un certain nombre d’entre eux prétextant que cette grève est politique !
Dans l’ensemble de l’Education, du primaire à l’enseignement supérieur, après le succès des enseignants de San Francisco, les multiples tensions et grèves locales pourraient se transformer en une offensive nationale.
En Californie du Nord, les grèves d’enseignants à Twin Rivers et Natomas – les premières de l’histoire de leurs districts – ont pris fin grâce à des accords de succès rapides. À Los Angeles, le syndicat United Teachers Los Angeles (UTLA) a annoncé une date butoir au 14 avril pour la grève de 68 000 employés, y compris les personnels administratifs et techniques du SEIU99. La faculté de l’Université de l’Illinois Springfield (UIS) a annoncé le 19 mars qu’elle avait voté à l’unanimité pour accorder l’autorisation de grève. Le 11 mars, les employés du Portland Community College – le plus grand collège communautaire de l’Oregon, accueillant plus de 50 000 étudiants – ont lancé la première grève de l’histoire des collèges communautaires de l’Oregon après avoir approuvé le mouvement à 94 %. La grève entame sa troisième semaine.
Après une grève qui a fini mercredi de cette semaine, les 950 professeurs contractuels grévistes de l’université de New York ont obtenu les salaires minimums les plus élevés de tous les professeurs contractuels à temps plein syndiqués du pays ainsi que la sécurité de l’emploi. Les membres de l’Université et College Union (UCU) de l’Université Sheffield Hallam (SHU) vont voter pour la grève à partir du 31 mars contre les coupes budgétaires.
Et puis, dans le secteur agroalimentaire, la grève la plus significative a lieu à l’usine de transformation de viande JBS de Greeley, dans le Colorado. Le 16 mars, environ 3 800 ouvriers – membres du syndicat United Food and Commercial Workers (UFCW) – de l’une des plus grandes usines de transformation de bœuf du pays, se sont mis en grève, marquant la première grève dans un abattoir américain depuis les années 1980, pouvant provoque rune flambée des prix du bœuf, déjà fortement en hausse. L’immense majorité des travailleurs sont des immigrants, parlant 57 langues, qui ont lancé cette lutte aussi contre la politique de répression plus générale menée par l’administration Trump et l’ICE contre les migrants. Une première, après la grève à la Poste en janvier contre l’ICE à Minneapolis.
Il y aussi la grève des employés d’AMPI Dairy à Paynesville, dans le Minnesota, qui a débuté le 21 mars, et celle des employés de l’usine Welch’s à Grandview, dans l’État de Washington, qui a commencé le 23 mars, après le rejet massif par les travailleurs de la « meilleure offre » de l’entreprise. Et puis encore, les employés de B&G Foods à Stoughton, dans le Wisconsin, membres du syndicat des Teamsters, ont voté cette semaine à 98 % en faveur d’une grève. Le 24 mars, les employés des restaurants universitaires et des services de restauration de l’Université d’État de l’Arizona ont mené une grève d’une journée contre Aramark, réclamant d’importantes augmentations de salaire après avoir voté à 99 % en faveur d’une autorisation de grève à l’expiration de leur convention collective l’année précédente. Les travailleurs d’AT&T et les Communications Workers of America ont voté la grève ce qui leur a valu un recul du patron et une prolongation de contrat pour la quatrième fois le 20 mars couvrant 9.000 travailleurs dans cinq districts syndicaux. Au début du mois de mars, près de 6 000 employés de la multinationale de logistique DHL ont voté à 96 % en faveur d’une grève. La convention collective des membres du syndicat des Teamsters dans 16 États américains avec DHL Express arrive à échéance le 31 mars.
Dans le secteur manufacturier, la lutte la plus significative politiquement est la grève chez General Dynamics Bath Iron Works, dans le Maine. Plus de 620 concepteurs, employés et techniciens de la Bath Marine Draftsmen’s Association, affiliée à la section locale 3999 de l’UAW, ont débrayé cette semaine après avoir rejeté l’offre salariale proposée par le chantier naval. Ce sont ces ouvriers qualifiés sans lesquels les destroyers de la Marine ne pourraient être conçus ni construits. Une grève, de fait, contre la guerre. Ils s’opposent non pas simplement à un « employeur », mais à un important sous-traitant de l’armement dont les profits dépendent de l’expansion des opérations militaires américaines.
Et puis c’est toute l’industrie de l’aviation militaire qui est menacée par une grève, puisque les travailleurs qui fabriquent l’avion F 35 avec un syndicat IAM District 776 ui représente 5.000 travailleurs à Fort Worth – ainsi que d’autres à la station aérienne navale Pax River dans le Maryland et à la base aérienne d’Edwards en Californie – a annoncé le début des pourparlers salariaux avec Lockheed, assortie d’une menace de grève à la clef. Or IAM District 776, la communauté de Fort Worth, peut bloquer par sa grève l’ensemble de l’État du Texas et de l’industrie aérospatiale et toute la chaîne d’approvisionnement du programme F-35 avec plus de 250.000 emplois et près de 2 000 fournisseurs couvrant 48 États et Porto Rico
Le 24 mars, les employés de Freudenberg-NOK à Findlay, dans l’Ohio, membres de la section locale 1327 de l’UAW, ont débrayé, marquant ainsi la première grève de l’histoire de l’usine. Freudenberg-NOK est un fabricant mondial de technologies d’étanchéité essentielles aux chaînes d’approvisionnement des secteurs automobile et industriel, employant des milliers de personnes aux États-Unis.
La contestation s’étend au secteur pétrolier. Suite à une grève et à l’accord de concessions imposé au patron par le syndicat United Steelworkers (USW) en début d’année – visant à garantir la continuité de la production des raffineries alors que Washington préparait son offensive contre l’Iran – BP a répondu par des mesures briseuses de grève, notamment le lock-out en cours d’environ 900 employés en grève de son usine de Whiting, dans l’Indiana, ce qui ne passe pas comme une lettre à la poste.
Suite à la grève des infirmières de New York, le 18 mars, environ 2 400 psychothérapeutes, psychologues et assistants sociaux du groupe géant Kaiser Santé ont mené une grève d’une journée dans le nord de la Californie, rejoints par des milliers d’infirmières en signe de solidarité.
Dans l’Ohio, 140 employés du Département des services sociaux et familiaux du comté de Lorain – travailleurs sociaux, enquêteurs et employés du service social, membres de la section locale 2192 de l’UAW – sont en grève depuis cinq semaines pour obtenir de meilleurs salaires, avantages sociaux et conditions de travail. Ils gèrent des programmes et des protections essentiels, allant des enquêtes sur les cas de maltraitance envers les personnes âgées et des inspections des garderies à domicile à l’aide alimentaire SNAP (bons alimentaires) et à Medicaid.
Et puis, last but not the least, Trump vient de céder ce 28 mars 2026 sous la pression populaire et celle des 60 000 employés TSA (Administration de la sécurité des transports) des contrôles de bagage des aéroports dont des milliers se sont mis en maladie, en forme de protestation, de grève sauvage nationale, d’une grève spontanée et non légale qui défie le gouvernement et la loi puisque les fonctionnaires fédéraux auxquels appartiennent les agents TSA n’ont pas le droit de grève. Mais une grève sauvage terriblement efficace, avec 30 à 40% des effectifs des agents TSA absents, qu’ils appellent la « grippe bleue » sur laquelle Trump s’est cassé les dents, décidant finalement de les payer après 43 jours de shutdown partiel de la Sécurité intérieure DHS dont les agents TSA font partie. Ce que font les agents de la TSA, c’est de l’ordre de la guérilla. C’est une lutte des classes asymétrique menée par les travailleurs contre le gouvernement fédéral. Et ils y parviennent avec un certain succès, car jusqu’à présent, le gouvernement fédéral n’a proféré aucune menace publique de représailles parce que le grand public est largement solidaire des agents de la TSA qui refusent de travailler pour un emploi non rémunéré. De plus, ce blocage du financement des employés de la Sécurité intérieure, les salaires des forces de police, dont l’ICE, TSA et quelques autres, était lui aussi dû au mouvement de grève générale à Minneapolis. Trump avait en effet prévu une hausse fantastique du budget de l’ICE qui devenait ainsi un budget supérieur à celui de la plupart des armées du monde. La chambre des Représentants, avec les Démocrates l’avait voté. Le Sénat devait le faire à la suite, mais c’est à ce moment que s’est déclenché le mouvement de Minneapolis contre l’ICE. Du coup, les Démocrates sous la pression populaire n’ont pas osé le voter. Résultat, les salaires de la police et quelques autres, dont les agents de sécurité des bagages des aéroports de TSA, sont bloqués depuis mi-février. Mais le DHS comme l’ICE ont suffisamment de réserves financières pour tenir longtemps. Restaient les salaires des TSA qui eux sont impayés, ce qui fait qu’entre la grève des agents TSA, l’absentéisme et les démissions d’autres, les aéroports étaient quasi bloqués. Trump pensant qu’il pouvait faire céder les Démocrates comme il l’avait fait l’an passé pour le budget général après un premier shutdown aussi d’une quarantaine de jours, a choisi de durcir le ton en militarisant la situation et en a profité pour envoyer l’ICE puis la Garde nationale dans les aéroports, testant la même possibilité pour les bureaux de vote des Midterms en novembre 2026. Mais les agents de l’ICE comme les soldats de la Garde nationale, incapables de faire le travail des TSA, n’ont fait qu’aggraver les tensions, suscitant encore plus de protestations, les agents de l’ICE, transformés en briseurs de grève, se faisant parfois insulter par les voyageurs. Des sénateurs Républicains se sont même révoltés contre Trump, votant le paiement des agents TSA, un vote démis de justesse par le parlement mais devant le chaos grandissant, Trump a cédé, trouvant finalement de l’argent pour les salaires des TSA. Un nouveau recul de celui qui ne recule jamais ! Un succès de la résistance « illégale » des agents TSA et de la population mais aussi un lointain succès de la grève générale de Minneapolis.
Ces grèves qui viennent tout juste d’éclater ne sont certainement qu’un pâle reflet de la profondeur de la colère sociale qui s’accumule dans la classe ouvrière et qui s’apprête à surgir dans les jours ou semaines à venir, y compris au Canada ou les votes pour la grève se multiplient. Sous la surface se développe un puissant sentiment de confiance en soi, d’unité et d’action collective du fait des manifestations « No King » et des mobilisations contre l’ICE comme à Minneapolis, où le peuple américain montre qu’il n’a plus peur de Trump et qu’il est en train de la faire reculer. Un sentiment qui inclue l’idée grandissante de la grève générale, une idée apparue avec les grèves de 2023, renforcée par son succès à Minneapolis en janvier 2026, renforcée maintenant dans sa possibilité par la montée en puissance des luttes ouvrières actuelles qui montrent qu’elles sont aussi le moyen de mettre fin à la guerre, liant grèves ouvrières au mouvement démocratique anti-Trump, prouvant que le blocage total de l’économie par les travailleurs est le meilleur moyen de défendre la démocratie, que la démocratie sociale est le meilleur moyen de réaliser la démocratie politique pour tous. Avec comme prochaine étape annoncée une journée de grève générale pour faire renaître le 1er mai et l’idée de grève générale mondiale que porte cette date, qui est née à Chicago aux USA, mais qui aujourd’hui, n’y est pas un jour férié comme dans d’autres pays.
Jacques Chastaing, 29 mars 2026
