Le 28 février 2026, un missile Tomahawk frappe une école primaire de filles à Minab,

Le 28 février 2026, un missile Tomahawk frappe une école primaire de filles à Minab, dans le sud de l’Iran. L’école est touchée trois fois. Le toit s’effondre sur les élèves. Au moins 175 tués. Le Pentagone enquête. Un responsable américain confie à PBS News que la frappe était vraisemblablement américaine. Pendant ce temps, le secrétaire à la Défense Pete Hegseth déclare qu’aucune nation au monde ne prend davantage soin d’éviter les victimes civiles que les États-Unis.
La phrase a été prononcée le jour même du massacre.
Ce n’est pas un accident. C’est un système. C’est précisément ce que Noam Chomsky et Andre Vltchek ont documenté dans L’Occident terroriste, D’Hiroshima à la guerre des drones. Chomsky n’est pas un agitateur. C’est l’un des intellectuels les plus cités au monde. Ce qu’il établit dans ce livre, ce ne sont pas des opinions. Ce sont des faits comptés, datés, sourcés. Sa conclusion est sans appel : depuis 1945, la violence occidentale n’est pas une série d’erreurs regrettables. C’est une logique cohérente, au service d’intérêts qui ne varient pas.
Les chiffres sont connus. Ils sont rarement cités ensemble. Plus de 432 000 civils ont été tués par la violence directe des guerres américaines post 11 septembre en Irak, Afghanistan, Syrie, Yemen et Pakistan. En comptant les morts indirectes, destruction des économies, des systèmes de santé, des infrastructures, le bilan total dépasse 4,5 millions de personnes. Plus de 38 millions de personnes ont été déplacées.
Au nom de la démocratie.
L’Irak, 2003. On allait libérer un peuple. Résultat : un État détruit, une guerre civile, et dans les décombres, la naissance de l’État islamique. L’Afghanistan, vingt ans d’occupation. Les Taliban ont repris Kaboul en trois semaines. La Libye, bombardée pour protéger les civils. Aujourd’hui : des milices, des charniers, des êtres humains vendus en esclavage.
À chaque fois, le même discours. À chaque fois, le même désastre. À chaque fois, personne ne demande pardon.
Et l’Iran ne commence pas en 2026. En 1953, la CIA et le MI6 britannique renversent Mohammad Mossadegh, premier ministre démocratiquement élu, coupable d’avoir voulu nationaliser le pétrole de son pays. On lui substitue le Shah, dont la police secrète torture et assassine pendant vingt-six ans avec l’appui discret de Washington. La République islamique naît de cette trahison. L’Occident a fabriqué les conditions exactes de ce qu’il dénonce aujourd’hui. Il ne le dit pas. Il ne le dit jamais.
Ce qui frappe, ce n’est pas l’échec. C’est l’absence totale de remise en question.
Après chaque catastrophe, le discours repart intact. Jamais la question fondamentale : avait-on le droit de décider à la place des autres de la forme que devait prendre leur société ?
Le même Occident a soutenu et armé certaines des pires dictatures du XXe siècle. Pinochet au Chili, Mobutu au Congo, les généraux argentins, les régimes du Golfe, du moment qu’ils n’étaient pas communistes. La démocratie comme valeur universelle ? Oui. Quand ça arrange.
Quand un dirigeant africain ou asiatique entend l’Europe lui faire la leçon sur les droits de l’homme, il entend l’histoire. Les frontières tracées au couteau à Berlin en 1884, sans qu’un seul Africain ne soit dans la salle. Les ressources pillées. Les dettes qui ont étranglé des systèmes de santé entiers. Hiroshima. Le Viêtnam. Guantánamo. Gaza. Minab…
Cela ne signifie pas que les régimes autoritaires ont raison. La répression et la censure ne deviennent pas acceptables parce que l’Occident a mal agi. Mais la crédibilité se mérite. On ne distribue pas des leçons de morale avec un tel casier sans provoquer, légitimement, la colère de ceux à qui on les adresse.
Il reste une question, la plus inconfortable.
La démocratie libérale telle qu’elle fonctionne aujourd’hui en Europe et aux États-Unis est-ce vraiment le modèle qu’on prétend exporter ? Des millions de citoyens qui ne votent plus. Des inégalités qui creusent depuis quarante ans. Des parlements capturés par les lobbies. Des médias aux mains de quelques milliardaires. Des extrêmes droites qui progressent partout, portées par une désillusion profonde envers des institutions qui ont cessé de protéger ceux d’en bas.
Exporter un modèle en crise, c’est de la propagande. Pas de la diplomatie.
L’Occident n’a pas à renoncer à ses valeurs. Il a à commencer par les pratiquer lui-même. Cesser de vendre des armes aux régimes qu’il condamne en public. Fermer les banques qui blanchissent l’argent des dictateurs. Reconnaître ce qu’il a semé, en Iran, en Irak, en Libye, partout, avant de se présenter en sauveur.
À Minab, les rangées de petites tombes sont alignées côte à côte. Des camarades de classe en vie le matin. Des numéros de bilan le soir.
L’Occident terroriste ? Plus de la moitié de l’humanité a tranché, non par adhésion aux autocraties, mais par rejet d’un modèle qui bombarde au nom de la liberté, pille au nom du développement, et donne des leçons de démocratie les mains tachées de sang.
Ibne Muna
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