Mandat d’arrêt contre Netanyahou

 La CPI a tranché. Mandat d’arrêt contre Netanyahou. Crimes de guerre. Crimes contre l’humanité. La CPI c’est la plus haute juridiction pénale internationale de la planète.
Il circule librement. Personne ne l’arrête.
Pendant ce temps, le Liban meurt.
254 morts en une seule journée. Des immeubles résidentiels soufflés sans avertissement. Un million deux cent mille personnes jetées sur les routes. 350 000 enfants. Cinquante hôpitaux hors service. Un pays déjà à genoux depuis trente ans de crise, achevé méthodiquement par une armée qui reçoit ses munitions de Washington, ses financements de Berlin, et sa couverture diplomatique de Paris.
Ce gouvernement, le plus extrémiste de l’histoire d’Israël, selon ses propres diplomates qui ont démissionné par honte, ne se cache plus. Smotrich a promis que Beyrouth ressemblerait à Khan Younès, la ville de Gaza rasée jusqu’aux fondations. Katz a annoncé la démolition systématique de tous les villages frontaliers libanais et l’interdiction permanente de retour pour les déplacés. Des déclarations publiques, assumées, diffusées en conférence de presse.
En droit pénal international, cela s’appelle la preuve d’intention. L’élément qui transforme un massacre en crime de guerre qualifié.
Alors regardons en face ceux qui rendent tout cela possible.
Les dirigeants européens savent. Ils ont les rapports de Human Rights Watch. Ils ont les conclusions de l’ONU. Ils ont le mandat d’arrêt de la CPI. Et ils continuent, livraisons d’armes, importation de produits des colonies illégales, vetos avalisés, communiqués vides soigneusement calibrés pour ne rien changer.
Ce n’est pas de la naïveté. C’est de la lâcheté organisée.
Macron téléphone à Netanyahou pour « l’exhorter à la retenue », puis raccroche et signe. Von der Leyen parle de « droit international » dans ses discours sur l’Ukraine, et se mure dans le silence quand ce même droit est piétiné à Beyrouth. Les gouvernements européens invoquent leurs « valeurs » à géométrie variable, selon la couleur du sang versé et la nationalité des victimes.
C’est de l’hypocrisie pure. C’est de l’immoralité assumée. C’est du mépris structurel pour la vie humaine quand elle est arabe, musulmane, libanaise, palestinienne.
Et c’est de la complicité. Juridique. Morale. Historique.
Ces dirigeants ont peur de Trump. Ils ont peur du lobby pro-israélien. Ils ont peur de leurs opinions publiques, de leurs marchés financiers, de leurs équilibres électoraux. Ils préfèrent la tranquillité de leur carrière à la dignité de leur fonction. Ils regardent un criminel de guerre bombarder des civils avec leurs armes, et ils baissent les yeux.
Des pleutres. Voilà ce qu’ils sont.
Netanyahou et Trump savent exactement ce qu’ils font. Ils comptent sur cette lâcheté. Ils la cultivent. Ils l’achètent. Et ils obtiennent, jour après jour, le silence de ceux qui auraient le pouvoir d’arrêter le massacre, et qui choisissent de ne pas le faire.
Il n’y a pas de mot neutre pour désigner ça.
Il y a un mot juste : HONTE
Ibne Muna