La fascisation avance pour faire tomber Rima Hassan

La fascisation avance. Le traquenard dans lequel on voulait faire tomber Rima Hassan, autour d’une supposée possession de drogue, a fait pschitt…
Mais les chasseurs de sorcières, qu’ils soient médiatiques – avec, en vedette phare, une Caroline Fourest se lâchant à charge, comme rarement, dans un sidérant article du décidément si peu f(F)ranc (du collier) Tireur – ou qu’ils soient judiciaires et policiers la jouant Règlements de comptes à O.K. Corral – ont été pris la main dans le sac d’avoir mené une charge politique d’envergure, contre l’euro-députée et LFI, faisant exploser les codes de déontologie ou la garantie de présomption d’innocence.
Mais ce pschitt, qui, au demeurant, n’a été suivi d’aucun mea culpa des susdit.e.s, est trompeur, car nous avons là la réplique de l’incrimination hallucinante de LFI, comme seul fascisme existant en France, lors de la mort du néonazi, pour le coup … défascisé par la mystification, Quentin Deranque. Réplique par la conjonction des mêmes, des médias s’alignant sur les plus fascisants et des droites « républicaines » cédant, toutes vannes ouvertes, aux tropismes fascistes, mais, cette fois, avec l’inédit d’une implication ouverte, inter/suractive, d’un pan de la Justice et d’un secteur de la police. Preuve que la fascisation avance à grands pas, selon le schéma de la bascule progressive vers l’extrême droite de tout ce qui jusque là modélisait le bouillon de culture du centre prétendant, via l’outsider, aujourd’hui dévalué, Macron, sur fond d’équilibres institutionnels pseudo-républicains, se tenir à égale distance des extrêmes de gauche comme de droite.
Ce qu’il faut appeler désormais l’extrême-centre, grâce auquel historiquement est parvenu au pouvoir le fascisme en Allemagne, est désormais en train d’émerger et à prendre place en France, ce qui a pour effet de faire progresser la dynamique néofasciste cap sur la présidentielle de 2027. Autrement dit la dynamique d’un fascisme à la française, qui, électoraliste, ne colle certes pas strictement au modèle violemment disruptif des années 30, mais dont rien ne dit que, sous l’égide de ses trois modèles internationaux, militaristes et liberticides débridés, revendiqués, Trump, Poutine et Netanyahou, et de leurs sous-fifres Orban, Fico ou Meloni, etc., il ne se prépare pas, une fois au pouvoir, à faire un autodafé en règle de nos droits démocratiques et sociaux !
Et, comme si cela ne suffisait pas, ajoutez à ce sinistre scénario, qui se dessine toujours plus brunissant, le dîner qui vient de réunir Marine Le Pen et le gratin du patronat français (https://www.leparisien.fr/…/diners-et-rendez-vous…) dans un remake, jamais total, je le répète, mais néanmoins toujours extrêmement dangereux, de ce qui avait déverrouillé les portes du pouvoir au fascisme allemand (1).
Faut-il ajouter enfin l’autre facteur qui a été probablement le plus décisif pour que s’impose le fascisme allemand et que l’on voit à nouveau à l’oeuvre : la division des gauches dans l’aveuglement que, hier, comme aujourd’hui, face à la menace fasciste ou néofasciste, les irresponsables ne sont pas seulement ceux, des droites libérales autoritaires allemandes et de leurs homologues françaises aujourd’hui, que cible l’historien Johann Chapoutot (voir la note de fin de post) mais aussi ces gauches du SPD et du KDP (communiste) allemand et leurs héritiers français actuels, acharnés à faire bégayer l’histoire en dynamitant la possibilité d’un front uni antifasciste ? De ce point de vue le soutien qu’il nous faut apporter, dans l’unité la plus large, mais oui, à Rima Hassan et à LFI devant les assauts qu’elles subissent des meutes de droites se fascisant et de fascistes, car elles visent en fait toutes les gauches et les organisations populaires, ne saurait les exonérer des fautes politiques qu’elles commettent, dont celle de diviser et donc d’affaiblir le soutien internationaliste dû au peuple ukrainien ou aux Ouighours de Chine, ou encore au peuple iranien, n’est pas la moindre.
Ci-après la note, l’article de ce jour que Mediapart consacre à la curé qui s’est abattue sur Rima Hassan.
(1) « La répartition des rôles est bien élaborée : au Führer la tournée des patrons, les discours au Club de l’Industrie, les dîners discrets et les conciliabules secrets, à Goebbels l’agit-prop vouée à grappiller ce que l’on peut du côté de ceux qui ne sont rien. C’est, après tout, la mission historique du NSDAP [le parti nazi], qui a été fondé pour cela entre 1919 et 192: capter un électorat tenté par l’internationalisme marxiste, le rabattre vers le nationalisme le plus strict, moyennant quelques slogans et promesses qui n’engagent que ceux qui y croient, le tout financé par la bourgeoisie qui a immédiatement saisi tout l’intérêt de cet attrape-nigaud d’anthologie. Le leurre national-socialiste est réactivé le temps d’une campagne, pendant que les émissaires de la direction du NSDAP se chargent de rassurer leurs contacts au RDI [la Fédération des industries
allemandes du Reich (Reichsverband der Deutschen Industrie] et dans les associations patronales de la Ruhr. »
« Le patronat, après avoir soutenu l’hypothèse Hitler et grassement financé le NSDAP ainsi que le DNVP [parti national-conservateur, antisémite, proche de l’extrême-droite], offre aux nazis l’argent qui permet au parti de mener sa campagne électorale pour les élections législatives du 5 mars 1933, campagne décisive, à un moment où, fébriles, Hitler, Goering et Goebbels savent eux-mêmes fort bien que rien n’est joué. »
Analogies, et non identités, des temps et des situations, mais des analogies peuvent pointer des catastrophes politiques à venir !
Mediapart.
Médias
Rima Hassan, la drogue et les médias : autopsie d’un fiasco
Du « Parisien » à BFMTV en passant par les journaux télévisés, la plupart des médias ont affirmé à tort et sans aucune prudence que de la 3-MMC avait été découverte dans le sac de l’eurodéputée LFI lors de sa garde à vue. Malgré le démenti judiciaire et scientifique, aucun n’a exprimé le moindre « mea culpa ».
David Perrotin
10 avril 2026 à 16h17
« De la drogue de synthèse saisie sur Rima Hassan. » À peine placée en garde à vue pour apologie du terrorisme, ce matin du 2 avril 2026, une « affaire dans l’affaire » fait la une de la presse. L’eurodéputée insoumise se serait présentée au commissariat avec de la drogue dans son sac et fait donc l’objet de poursuites pour cette nouvelle infraction. Six jours plus tard, finalement, le parquet de Paris a annoncé qu’elle était simplement en possession de CBD, une substance parfaitement légale, et a classé l’enquête.
Pendant toute la durée de cette garde à vue du 2 avril, pourtant, la presse était catégorique, abandonnant le conditionnel pour certifier, « source proche de l’enquête » à l’appui, que de la drogue avait bien été retrouvée. Près de 2 grammes de 3-MMC, affirmaient certains, une boulette de cannabis en plus, ajoutaient d’autres.
Ces intox ont été massivement relayées par les médias, amplifiées par les politiques et entretenues des heures durant par le parquet de Paris. Derrière cette affaire, il y a un fiasco, que les rédactions journalistiques semblent bien en peine de reconnaître.
Il est 12 h 30 ce jeudi 2 avril lorsque Le Parisien révèle le placement en garde à vue de la députée européenne, poursuivie pour apologie du terrorisme après avoir publié un post sur X, supprimé depuis, relayant des propos du terroriste japonais Kōzō Okamoto.
Vers 13 heures, le quotidien francilien va plus loin et révèle, sans aucune prudence, que l’élue est mise en cause pour « usage, transport et détention de drogue ». « Quelques grammes de drogue de synthèse ont été retrouvés ce jeudi matin dans le baise-en-ville apporté par la députée européenne lors de son placement en garde à vue pour apologie du terrorisme », peut-on lire dans un article modifié depuis. « La députée européenne Rima Hassan est dans de sales draps », ajoutent les trois auteurs du papier.
Du « Parisien » aux JT de 20 heures
Quelques heures plus tard, puis dans son édition papier du vendredi, le journal va plus loin, en évoquant explicitement le nom d’une supposée drogue de synthèse. « La fouille des effets de Rima Hassan a révélé la présence de matière s’apparentant d’une part à du CBD et d’autre part à de la 3-MMC, utilisée notamment dans le cadre du chemsex », écrivent les journalistes, qui affirment aussi à tort que l’élue LFI « aurait refusé » de faire un test urinaire.
À aucun moment le quotidien n’a contacté l’eurodéputée ou son avocat pour tenter de recueillir leur parole ou relayer leur démenti. Seul un expert interrogé explique qu’il est tout de même « difficile d’être catégorique aussi rapidement », tout en précisant que la 3-MMC est une substance qui favorise « le rapprochement physique ».
Dans la foulée, la plupart des médias et l’ensemble des chaînes d’information en continu embrayent (les séquences sont recensées par le site Acrimed) jusqu’à ce que l’AFP confirme le tout vers 16 heures. « Quelques grammes de drogue de synthèse ont été trouvés dans le sac de l’eurodéputée franco-palestinienne Rima Hassan », peut-on lire dans une dépêche de l’agence (reprise automatiquement par Mediapart), qui s’appuie sur « une source proche du dossier ».
« Il se trouve que ce matin, au moment de sa garde à vue, il a été découvert en sa possession quelques grammes de drogue de synthèse », confirme BFMTV à 16 h 50 grâce à des « sources proches de l’enquête ». Si la journaliste Alexandra Gonzalez précise qu’elle n’a pas encore la version ni de Rima Hassan ni de son avocat, la chaîne ne s’embarrasse d’aucun conditionnel. Dans plus d’une dizaine de bandeaux, BFMTV évoque avec certitude qu’il s’agit bien de drogue de synthèse. « C’est une info police-justice de BFM, insiste le journaliste Marc Fauvelle à 19 h 05. 1,9 gramme de drogue de synthèse retrouvée, cette fameuse cathinone. De la 3-MMC, donc, retrouvée aujourd’hui sur Rima Hassan. »
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C’est un véritable crash qui fait penser au raté dans l’affaire Dupont de Ligonnès.
Un journaliste de BFMTV
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Le soir, à 20 heures, les journaux télévisés relaient également l’information. « Les policiers ont découvert dans son sac plus de 1 gramme d’une drogue de synthèse », annonce Gilles Bouleau sur TF1. « De la drogue de synthèse a par ailleurs été retrouvée dans son sac », annonce Léa Salamé sur France 2, pour lancer un sujet pourtant plus prudent avec, pour la première fois, le démenti de la députée.
D’autres médias, à l’instar d’Europe 1, affirment également à tort que de la résine de cannabis a également été saisie, et tous inviteront les politiques à réagir. Le maire (ex-LR) de Cannes, David Lisnard, traite Rima Hassan de « camée », le compte officiel du parti Les Républicains s’amuse à poster sur X « From the river to the shit » (parodie du slogan propalestinien « From the river to the sea » : « du fleuve à la mer »), et le maire d’extrême droite de Béziers, Robert Ménard, estime qu’il y a quand même « beaucoup de drogués chez LFI ».
Sur CNews, enfin, on compare La France insoumise à un « parti de drogués », on rappelle opportunément que la 3-MMC est « utilisée dans les soirées chemsex », ou qu’elle a « été utilisée dans la triste affaire Palmade », et on estime que cette affaire est liée « à un problème d’immigration ». Sur BFMTV comme sur CNews, certains s’attardent aussi sur « le plus sidérant », ce « sentiment d’impunité absolue » lorsqu’une élue ose se rendre dans un commissariat avec « de la drogue dans son sac ».
Pas de « mea culpa »
Si le démenti scientifique et judiciaire, relayé par le parquet de Paris et l’avocat de Rima Hassan, est indiscutable, pas un média n’a exprimé le moindre mea culpa. Auprès de Mediapart, le journaliste du Parisien Jean-Michel Décugis défend son travail et se défausse sur le parquet de Paris. « C’est lui qui fait état le 2 avril en fin de matinée de la présence dans la fouille des effets de Rima Hassan de matières s’apparentant à du CBD et à de la 3-MMC », justifie-t-il. « C’est le parquet qui emploie le premier le mot 3-MMC », dit-il.
Bien avant la communication officielle du parquet, Le Parisien était pourtant le premier média à citer nommément cette drogue. « Nous avons eu l’info de source concordante, nous l’avons sortie et nous n’avons pas inventé l’ouverture de cette enquête », insiste-t-il.
Interrogés par Libération, l’AFP comme BFMTV estiment eux aussi n’avoir rien à se reprocher. À France 2 enfin, un cadre précise que le démenti de Rima Hassan avait été indiqué dans le sujet du « 20 heures » et refuse de commenter le lancement sans distance de Léa Salamé.
En interne, pourtant, tous ne partagent pas cette position. « Comme souvent, l’article du Parisien a donné le la. Le problème c’est que l’article initial était très peu prudent, sans aucun conditionnel. On pouvait aussi y lire du commentaire et des mots tels que “baise-en ville”, “chemsex”, “sale drap”, qui étaient totalement inappropriés », déplore un journaliste du service public.
« C’est un véritable crash qui fait penser au raté dans l’affaire Dupont de Ligonnès, enchaîne un journaliste de BFMTV, qui ne comprend pas comment sa chaîne a pu afficher des bandeaux aussi accusateurs. On sait que Truchot et Marshall sont connus pour être moins prudents, mais cela pose vraiment question sur notre rapport aux sources et la distance nécessaire à avoir avec des sources policières qui peuvent avoir intérêt à taper sur LFI. »
Confronté par Manuel Bompard le 3 avril, le journaliste de BFMTV Julien Arnaud a défendu son travail. « Nous, on cite ce que dit le parquet », a rétorqué l’animateur pour justifier les douze bandeaux affirmant que de la drogue de synthèse avait bien été retrouvée. Problème : selon nos informations, BFMTV n’a jamais eu la moindre confirmation du parquet avant de publier ces bandeaux. À partir de 15 h 30, plusieurs journalistes du service police-justice avaient seulement la confirmation de « plusieurs sources proches de l’enquête » et précisaient dans des boucles internes n’avoir pas de retour du parquet.
Jean-Michel Décugis, l’auteur du fameux raté autour de l’interpellation de Dupont de Ligonnès pour Le Parisien, concède tout juste « une prudence insuffisante », mais rien qui exigerait une profonde remise en question. Pourquoi n’avoir jamais utilisé le conditionnel ? « On peut toujours refaire le match après. Sur l’affaire de Ligonnès, on peut aussi dire qu’on a été imprudents, ça nous a coûté cher, mais si on avait mis du conditionnel en écrivant que “Xavier Dupont de Ligonnès aurait été retrouvé”, les conséquences auraient été les mêmes », balaye-t-il. « Nous, la faute qu’on fait, s’il y a faute, c’est qu’on se contente du retour de nos sources avec ce premier test positif. Mais si on publie, c’est que le parquet a ouvert une enquête pour détention de drogue », maintient-il.
Au fur et à mesure de la semaine, l’accusation se dégonfle petit à petit et les démentis de LFI sont catégoriques. Mercredi 8 avril pourtant, LCI, par le biais de l’éditorialiste Caroline Fourest, persiste à relayer ces accusations. Dans l’hebdomadaire Franc-Tireur qu’elle dirige, un article accuse Rima Hassan d’avoir consommé de la drogue lorsqu’elle était étudiante il y a dix ans, et maintient l’intox relayée par Le Parisien.
« Contrairement aux dénégations de LFI, une petite quantité de drogue de synthèse (3-MMC) a bien été trouvée par les forces de l’ordre dans son sac lors de sa garde à vue », écrit Nora Bussigny, chroniqueuse à Franc-Tireur. Sollicitée par Mediapart, elle ne renie rien. « Dans mon court papier, j’ai fait référence à la dépêche AFP du 3 avril à 7 h 31 », balaye-t-elle. Cette dépêche, pourtant, relayait justement le démenti catégorique de Rima Hassan et de LFI.
Le démenti de Rima Hassan passé sous silence
Outre ce fiasco médiatique, l’attitude des policiers et du parquet de Paris interroge aussi. Devant les enquêteurs, en garde à vue, Rima Hassan a en effet immédiatement contesté détenir de la drogue de synthèse, ce que ni les sources policières ni les médias n’ont jamais mentionné.
« Elle savait que ses affaires seraient inventoriées puisque sa convocation reçue le 31 mars précisait qu’elle serait placée en garde à vue, confirme son avocat Vincent Brengarth. Elle a tout de suite indiqué que ses récipients contenaient du CBD pour des raisons médicales et qu’elle avait la preuve de leur achat. »
Les policiers tiquent alors sur l’un des deux récipients contenant du CBD ressemblant à des cristaux et décident de procéder à un test. « Ce récipient ressort positif à la cathinone. Très rapidement, les enquêteurs indiquent sur le PV que cela s’apparente à de la 3-MMC, sur la base d’un test qui n’est donc ni approfondi ni précis, raconte Vincent Brengarth. Des frictions interviennent alors, car on conteste la manière dont les policiers le rapportent sur PV puisqu’ils ne mentionnent pas le fait qu’elle déclare avoir acheté du CBD », poursuit-il.
Raison pour laquelle Rima Hassan refusera de signer le procès-verbal. « C’est comme si les fonctionnaires voulaient absolument faire circuler cette information, sans aucune prudence », dénonce son conseil.
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Répandre de telles accusations sans aucune distance peut détruire des vies.
Rima Hassan à « Mediapart »
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Selon nos informations, le récipient de CBD douteux, qui sent pourtant l’odeur typique du CBD, est alors placé sous scellé et envoyé au laboratoire sous l’intitulé « scellé 3-MMC ». « Dans n’importe quelle procédure, jamais on n’indique ce que l’on cherche comme drogue, pointe Vincent Brengarth. C’est très problématique d’induire cela et de ne pas avoir un intitulé plus neutre. »
D’autant que dans le compte rendu du laboratoire rendu public le 9 avril, les conclusions sont catégoriques. Les « cristaux » du premier scellé, intitulé 3-MMC donc, sont bien du CBD et « ne peuvent pas être caractérisés comme produits stupéfiants ».
La communication parcellaire du parquet
Entre 14 heures et 23 heures, lorsque les médias se sont emballés, le parquet de Paris est aussi resté totalement muet. Ce n’est qu’à 23 h 13 qu’il s’est exprimé pour la première fois en confortant l’intox médiatique. « La fouille des effets de Rima Hassan a révélé la présence de matières s’apparentant d’une part à du CBD et d’autre part à de la 3-MMC, sur lesquelles elle a été interrogée. Ces éléments sont disjoints et feront l’objet d’une procédure distincte », précisait alors la procureure de Paris.
Ce n’est que le lendemain après-midi, après des sollicitations de la défense, que le parquet nuance enfin et révèle que Rima Hassan avait « indiqué spontanément avoir acheté légalement du CBD dans un magasin qu’elle a désigné », et qu’elle contestait détenir toute substance illégale. L’affaire sera finalement classée sans suite jeudi 9 avril.
« Le problème, c’est l’imbrication de communications problématiques », dénonce Vincent Brengarth, qui distingue « les médias qui ont propagé sciemment cette fausse information parce que c’est Rima Hassan et La France insoumise » et « ceux qui se sont laissés emporter par la conviction que leurs sources étaient crédibles » ; « Mais la communication du parquet de Paris interroge aussi ».
À plusieurs reprises pendant le temps de cette garde à vue, l’avocat de l’eurodéputée avait contesté la présence de drogue et exprimé des réserves auprès du parquet quant au déroulé de la garde à vue ou l’attitude de certains enquêteurs. Le parquet n’a pourtant pas cru bon de le préciser à la presse. « L’article 11 leur permet, en cas de trouble à l’ordre public ou d’atteinte portée au droit de la défense, de rendre public un élément objectif tiré du dossier », rappelle Vincent Brengarth. Pourtant, le parquet n’a rien dit. Même lorsqu’il a été informé des résultats négatifs du laboratoire le 8 avril, il a encore attendu vingt-quatre heures pour les communiquer.
Auprès de Mediapart, Rima Hassan annonce avoir mandaté son avocat pour déposer plusieurs plaintes. « Pas pour moi, mais pour le symbole, explique-t-elle. Répandre de telles accusations sans aucune distance peut détruire des vies. Il faut que les médias soient plus sérieux pour que cela n’arrive plus, ni contre des élus LFI ni contre n’importe quel responsable politique. »
David Perrotin