La croissance européenne à bout de souffle

La croissance européenne à bout de souffle : l’État remplace l’économie réelle
Depuis la pandémie, on observe une tendance en Europe : la croissance du PIB repose de plus en plus sur le secteur public, tandis que le secteur privé productif (industrie et services marchands) stagne ou recule. Ce glissement, très visible au Royaume-Uni, touche désormais l’Allemagne, ancienne puissance industrielle, et la France, en position intermédiaire. Ce modèle n’est pas soutenable à long terme.
Le Royaume-Uni : un cas d’école
Selon les données de l’ONS (base Q3 2019 = 100), le secteur gouvernemental (santé, éducation, administration) a atteint 117,4 fin 2025, en hausse de plus de 17 %. Le secteur non gouvernemental (économie privée) stagne à 101,8.
Résultat : presque toute la croissance du PIB britannique depuis 2019 provient du public. En 2025, le PIB a progressé de 1,4 %, largement soutenu par la consommation publique.
L’Allemagne : l’ancien géant industriel en déclin
Après deux années de récession (2023-2024), l’Allemagne n’a enregistré qu’une croissance de 0,2 % en 2025. La production industrielle reste durablement en dessous de son niveau pré-pandémie. Des centaines de milliers d’emplois ont été détruits dans l’industrie et la construction, tandis que les créations nettes se concentrent dans les services publics, la santé et l’administration. La croissance timide repose surtout sur la consommation publique et privée, au détriment de l’« économie réelle ».
La France : sur la même pente
La France affiche une croissance de 0,9 % en 2025. La demande intérieure publique (consommation et investissement des administrations) contribue fortement, tandis que la productivité dans les secteurs marchands reste inférieure à son niveau de 2019. L’emploi progresse surtout dans la fonction publique et les services non marchands ; l’industrie et l’investissement privé restent atones. La France n’a pas connu le choc allemand, mais elle suit la même trajectoire.
Causes communes
Ce phénomène résulte d’un cocktail structurel :
• Vieillissement démographique et besoins croissants en santé et dépendance ;
• Chocs successifs (Covid, énergie post-Ukraine, inflation) ;
• Coûts élevés de la transition écologique et normes réglementaires ;
• Fiscalité et charges lourdes qui freinent l’investissement privé ;
• Retard dans la diffusion des technologies numériques.
Le secteur public mesure souvent sa « production » par les dépenses plutôt que par une valeur ajoutée réelle, ce qui gonfle artificiellement le PIB.
À court terme, la dépense publique stabilise l’emploi et le pouvoir d’achat. À long terme, elle provoque :
• Stagnation de la productivité globale ;
• Explosion de la dette publique (déjà >110 % en France) ;
• Perte de compétitivité face aux États-Unis et à la Chine ;
• Effet d’éviction du secteur privé innovant.
Sans relance de l’économie réelle, réindustrialisation sélective, allègement des charges, simplification réglementaire et investissements productifs, l’Europe risque une croissance molle durable, un niveau de vie stagnant et une dépendance accrue à l’État.
Le graphique britannique n’est pas une exception : il annonce ce qui attend l’Allemagne et la France si rien ne change. Rééquilibrer en faveur du privé productif est devenu urgent.
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