Lundimatin #518 | 4 mai

#518 | 4 mai
Encore un peu de retard dans l’édition de cette semaine. Les articles seront tous en ligne mardi. Bonne lecture et bonne semaine.
Contrer le rire fasciste
Un lundisoir avec Denis Saint-Amand

A quoi rient les fascistes ? Comment rigolent-ils ? C’est ce que propose de documenter Denis Saint-Amand dans un petit livre Contrer le rire fasciste, trolling et résistance.

Taf, à la recherche du prolétariat perdu – Paul Martel
En librairie le 7 mai
[Éditions lundimatin]Ce jeudi paraît un nouveau livre aux éditions lundimatin, il est (comme tous les autres) indispensable et exceptionnel à sa manière. Imaginez la littérature prolétarienne d’un Joseph Ponthus mélangée à l’humour caustique de Fabcaro ou bien le travail d’enquête de L’établi de Linhart rebooté en roman d’aventure autobiographique dans le monde des prestataires du béton ou des défilés de mode absurdes. Taf c’est donc à la fois une enquête, un pamphlet, un roman, un manifeste et un manuel de survie dans l’univers impitoyable du BTP. Un livre qu’aurait pu écrire Debord s’il n’avait pas été rentier.
Reconnaître le génocide nazi des Roms et disculper la France de sa propre responsabilité
Lise Foisneau

Le 8 avril 2026, la commission des affaires européennes de l’Assemblée nationale a adopté une proposition de résolution relative à « la reconnaissance et à la commémoration du génocide des Roms, Sinti, Manouches, Yéniches et Voyageurs ». La chercheuse et anthropologue Lise Foisneau [1], y voit un exploit : nier un génocide tout en prétendant le reconnaître.

Contretemps de Ghassan Salhab
La longue margeontretemps est d’un autre temps, l’événement de la Thaoura et le contre-événement des désastres qui l’ont recouvert. La vidéo de la longue marche est le film de la longue marge, au bord étroit du monde comme la margelle l’est pour le puits sombre. On tient la marge pour ne lâcher ni le plan ni la page de l’atlas. Qu’est-ce qu’on peut faire, on ne sait rien faire d’autre que différer la mort, qui rêve et nous attend. Qu’est-ce que cela peut faire ? Un rien est grâce.
USA, 1901 – L’assassinat du président McKinley par l’anarchiste Leon Czolgosz
Un nouvel épisode de Tunnels

Le 6 septembre 1901, le président états-unien William McKinley est assassiné par un ouvrier au chômage, Leon Czolgosz. Cet acte politique s’inscrit dans la stratégie de la « propagande par le fait », promue par l’Internationale anarchiste, qui aura coûté la vie à une demi-douzaine de chefs d’État en moins d’une décennie. C’est à ce pan de l’histoire que s’intéresse cette semaine Tunnels, la nouvelle chaîne Youtube sur l’histoire des luttes.

Mark Fisher, la techno et la virtualité du futur
« Rien n’est présent, tout est fantomatique »

Le week-end dernier, plusieurs dizaines de milliers de teuffeurs se retrouvaient pour une free party sur un ancien terrain militaire du Cher. L’évènement a défrayé la chronique et déchaîné le ministère de l’intérieur, des centaines de CRS et gendarmes mobiles ont tenu le siège de l’évènement afin de verbaliser les participants. « 19 636 contrôles ont été opérés à la date de lundi 4 mai, 6h du matin », a précisé la préfecture qui évoque 3 578 procès-verbaux. Heureux hasard de calendrier, le chercheur québécois Samuel Lamoureux nous a transmis cet article qui propose de penser les évolutions du mouvement « techno » à partir des travaux du théoricien de la culture Mark Fisher.

Cinq rêves et demi
Frédéric Bisson
Premier manifeste haha
Une invitation au carton
[Pontcerq]Nous relayons ci-dessous l’invitation, avec carton, transmise par Pontcerq pour cette proclamation d’un « Premier manifeste haha », qui aura lieu à Rennes ce mercredi 6 mai. Ce n’est pas tous les jours qu’un manifeste « à gueule effrontée » (politico-littéraire ?) est ainsi lancé en ville… Celui-ci proclame la naissance du hahaïsme. Il s’appuie sur une Théorie immédiate du jeu de lettres. « … et examiner s’il n’y a point dans la forme des lettres mauvaises, dérangées, hautes ou basses, tombées… » (Encyclopédie de Diderot et d’Al., art. « Imprimerie »)
26 avril 1986, Tchernobyl, 40 ans après (I)
Jean-Marc Royer

Rédigé après la catastrophe de Fukushima-Daiichi en 2011, l’appel qui suit – traduit en huit langues dont le chinois et le japonais – fit le tour de la planète, connut plusieurs versions et porte les marques de son moment d’écriture [2] : il fallait prendre connaissance de la complexité du domaine, de ses spécificités et de son actualité cataclysmique [3], tout en tâchant de s’extraire des questions uniquement scientifiques ou techniques. C’est pourquoi ce texte s’est essentiellement appuyé sur les seules leçons disponibles à ce moment-là [4], celles tirées du désastre de Tchernobyl survenu en 1986. Il commençait également à examiner ses possibles filiations avec l’invention et l’usage du nucléaire durant la seconde guerre mondiale. Il apparut alors que les réacteurs nippons furent construits sur « les failles de la mémoire » [5] et ceux de Tchernobyl dans une perspective militaire [6]. En outre, à la suite d’un colloque de juin 2012 à Genève sur les accidents nucléaires, il devint absolument évident qu’élaborer une nouvelle approche des débuts du nucléaire aux États-unis, devenait une nécessité pour en saisir toute l’importance historique, politique et philosophique. Ce fut un travail de quatre longues années