| Jean-Marc Royer
Rédigé après la catastrophe de Fukushima-Daiichi en 2011, l’appel qui suit – traduit en huit langues dont le chinois et le japonais – fit le tour de la planète, connut plusieurs versions et porte les marques de son moment d’écriture [2] : il fallait prendre connaissance de la complexité du domaine, de ses spécificités et de son actualité cataclysmique [3], tout en tâchant de s’extraire des questions uniquement scientifiques ou techniques. C’est pourquoi ce texte s’est essentiellement appuyé sur les seules leçons disponibles à ce moment-là [4], celles tirées du désastre de Tchernobyl survenu en 1986. Il commençait également à examiner ses possibles filiations avec l’invention et l’usage du nucléaire durant la seconde guerre mondiale. Il apparut alors que les réacteurs nippons furent construits sur « les failles de la mémoire » [5] et ceux de Tchernobyl dans une perspective militaire [6]. En outre, à la suite d’un colloque de juin 2012 à Genève sur les accidents nucléaires, il devint absolument évident qu’élaborer une nouvelle approche des débuts du nucléaire aux États-unis, devenait une nécessité pour en saisir toute l’importance historique, politique et philosophique. Ce fut un travail de quatre longues années |