Diatribes racistes, scandales politiques… Qui est Pierre-Jean Chalençon, collectionneur de polémiques ?
Le député Thomas Portes a saisi la justice, vendredi 8 mai après la diffusion d’une vidéo de Pierre-Jean Chalençon sur X dans laquelle l’ex figure star d' »Affaire conclue » y multiplie les injures racistes et homophobes. Comment ce passionné de Napoléon en est-il arrivé là ? Portrait.
Un déferlement de haine raciste et homophobe. Après la qualification du Paris-Saint-Germain pour la finale de la Ligue des champions, Pierre-Jean Chalençon a publié sur X jeudi matin une vidéo dans laquelle insultes, propos racistes et homophobes fusent au sujet des incidents survenus à Paris en marge du match.
Dans plusieurs quartiers de la capitale des effusions de joie ont éclaté, parsemées de « quelques débordements » selon la préfecture de police. Des scènes de liesse qui n’étaient pas au goût du collectionneur. Sur X, ce dernier a publié une violente diatribe : « Tout est bon pour détruire, pour abîmer. Ces gens-là ne travaillent pas : ils sont assistés par les aides sociales et par le chômage« , crache l’homme de 55 ans. Avant de venir préciser le fond de sa pensée :« On n’en peut plus de tous ces islamistes […] de cette religion de merde ».
Révélé dans l’émission « Affaire conclue »
Comment l’ancienne figure de France 2 en est-elle arrivée là ? Si Pierre-Jean Chalençon n’en est pas à sa première controverse, c’est pour une tout autre raison qu’il apparaît sur les écrans des Français. « Attaché presse de Napoléon » autoproclamé, ce natif de Seine-Saint-Denis est passionné par l’Empereur depuis son plus jeune âge. Une fascination qui l’amène, juste avant sa majorité, à acheter une lettre de son idole, comme il le confiait au journal Le Parisien en 2020. Année après année, achat après achat, sa collection s’étoffe pour devenir l’une des plus importantes au monde dédiée à ce personnage.
Une réputation qui attire l’attention des médias, au milieu des années 2010. Ni une, ni deux, le voilà propulsé sur les plateaux de télé. D’abord dans l’émission hebdomadaire Vos objets ont une histoire, présentée par Charlotte de Turckheim, entre 2014 et 2015 sur France 2. Puis en tant « qu’acheteur » dans Affaire conclue, à partir de 2017, diffusé chaque après-midi sur la même chaîne.
Un « franc-parler » qui fait grincer des dents
Mais après l’ascension, vient la dure dégringolade. Criblé de dettes, celui qui se décrivait comme le « représentant de Napoléon 1er sur terre » doit se séparer d’une partie de sa collection en 2022. Trois ans plus tard, c’est le palais Vivienne, son hôtel particulier du XVIIIe siècle acheté en 2015, qui est vendu aux enchères.
À l’été 2020 déjà, son « franc-parler » commence à faire grincer des dents. Lorsqu’en juin, Line Renaud poste sur Twitter un hommage à Johnny Hallyday, Pierre-Jean Chalençon choque en lui répondant : « Tu le rejoins quand ? ». Quelques jours plus tard, coup de grâce : une photo de lui prise avec l’humoriste multicondamné Dieudonné lors de l’anniversaire de Jean-Marie Le Pen, resurgit.
C’est sur le plateau de Jean-Marc Morandini, sur CNews, qu’il vient s’expliquer, en larmes : « Depuis 24 h, on ne dit que des saloperies. En plus je suis gay, je suis homosexuel, je lutte contre l’homophobie », argumente celui à qui on prête une relation avec le chanteur Charles Trenet. Dans la foulée, il quitte Affaire conclue.
Porte-étendard de l’extrême droite
Ce retrait ne signe pas la fin des ennuis, au contraire. En avril 2021, en pleine pandémie de Covid 19, Arrêt sur images révèle l’organisation de dîners privés au palais Vivienne, propriété du collectionneur. Dans le cadre de cette affaire, Pierre-Jean Chalençon sera placé en garde à vue. Puis, en juin 2024, une plainte est déposée contre le collectionneur pour injure raciste par une journaliste. Il lui aurait, entre autres, crié : « Ta gueule sale bougnoule, rentre chez toi ! », après l’avoir plaquée au sol pour lui arracher son téléphone des mains.
Ses sorties racistes et son soutien affiché au RN le propulsent comme une figure de l’extrême droite sur les réseaux sociaux. En 2024, il assiste d’ailleurs à la seconde investiture de Donald Trump en compagnie de Marion Maréchal ou encore d’Éric Zemmour, dont il a été le fervent soutien lors de l’élection présidentielle de 2022.
En juin 2024, une plainte est déposée contre le collectionneur pour injure raciste par une journaliste. Il lui aurait, entre autres, crié : « Ta gueule sale bougnoule, rentre chez toi ! »
Habitué des plateaux, le collectionneur multiplie les prises de position islamophobes. Invité fin 2025 dans l’émission Géopolitique Profonde de la chaîne pro russe GPTV, il affirme avec aplomb que la population maghrébine « est en train de nous assassiner ». Quelques jours plus tard, rebelote. Sur W9, dans une émission présentée par Cyril Hanouna, il qualifie Rachida Dati de « reine du couscous ».
Mais la justice pourrait bien le rattraper. Au lendemain de sa vidéo publiée après la victoire du PSG, le député insoumis de Seine-Saint-Denis, Thomas Portes, a annoncé porter plainte contre le célèbre collectionneur.
L’injure publique à caractère religieux est punie d’un an d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende, tout comme la provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence envers un groupe de personnes en raison de leur religion.
