A Londres, des dizaines de milliers de manifestants d’extrême droite ont défilé…

A Londres, des dizaines de milliers de manifestants d’extrême droite ont défilé à l’appel du militant Tommy Robinson

Plus de 4 000 policiers ont été déployés pour la marche organisée par l’activiste islamophobe et anti-immigration, qui s’est déroulée sans incident majeur. Les forces de l’ordre ont toutefois procédé à 31 arrestations.

Le Monde avec AFP

Plusieurs dizaines de milliers de sympathisants de l’activiste islamophobe et anti-immigration Tommy Robinson ont défilé, samedi 16 mai, dans les rues de Londres sous une marée de drapeaux britanniques, sans incident majeur, tandis qu’une marche propalestinienne et antiraciste avait lieu en parallèle.

Un dispositif de maintien de l’ordre d’une envergure exceptionnelle, avec près de 4 000 agents mobilisés, avait été mis en place, alors que se déroulait également la finale de la Coupe d’Angleterre, remportée par Manchester City contre Chelsea au stade de Wembley devant 90 000 spectateurs.

Selon les forces de l’ordre, qui ont procédé à 31 arrestations, la plupart des manifestants avaient quitté les lieux en fin d’après-midi.

Peu auparavant, les sympathisants de Tommy Robinson, de son vrai nom Stephen Yaxley-Lennon, étaient massés sur l’esplanade à côté du Parlement britannique, écoutant militants d’extrême droite, musiciens et prédicateurs chrétiens se succéder à la tribune. Sont aussi montées sur scène des militantes du collectif identitaire français Némésis, dont sa présidente Alice Cordier, vêtues de niqabs pour dénoncer « l’islamisme en Europe ».

Avec cette manifestation baptisée « Unite The Kingdom » (« Unir le royaume »), ce militant très populaire sur X, qui a fait plusieurs séjours en prison, avait pour ambition d’obtenir le même succès que lors de sa marche du mois de septembre, qui avait vu jusqu’à 150 000 personnes affluer à Londres pour défendre la « liberté d’expression ».

Des images aériennes ont montré une foule de dizaines de milliers de personnes. La police, qui n’a pas encore communiqué d’évaluation de l’affluence, disait s’attendre à ce qu’elle dépasse les 50 000 personnes.

Appel au calme

Pour l’occasion avaient été prévus des véhicules blindés, des drones et des hélicoptères, ainsi que des caméras de reconnaissance faciale en direct – une première dans le cadre d’une manifestation.

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Cette marche n’était pas affiliée au parti anti-immigration Reform UK, mais elle intervient une semaine après le succès électoral de la formation d’extrême droite de Nigel Farage lors de scrutins locaux.

A Londres, le 16 mai 2026, lors d’une manifestation organisée par Tommy Robinson, activiste anti-islam et anti-immigration.

A l’arrivée de la marche, à Parliament Square, devant une marée de drapeaux de l’Angleterre et du Royaume-Uni, M. Robinson s’en est pris au gouvernement travailliste, tout en dénonçant l’immigration.

Alors que des affrontements entre manifestants et policiers avaient éclaté lors de la marche de septembre, Tommy Robinson avait à plusieurs reprises appelé les participants au calme avant le rassemblement. « Ne portez pas de masques, abstenez-vous de boire de l’alcool en excès et soyez paisibles », avait-il lancé vendredi.

Des « agitateurs étrangers » interdits d’entrée au Royaume-Uni

Downing Street a annoncé en début de journée samedi que 11 « agitateurs étrangers d’extrême droite » s’étaient vus interdire l’entrée au Royaume-Uni. Figure parmi eux l’Américano-Colombienne Valentina Gomez, « connue pour tenir des propos incendiaires et déshumanisants à l’égard des musulmans ». L’eurodéputé nationaliste polonais Dominik Tarczynski et le député régional flamand du Vlaams Belang (parti d’extrême droite belge) Filip Dewinter ont aussi affirmé ne pas y avoir été autorisés.

Les organisateurs sont des « voyous et des racistes condamnés par la justice, qui colportent la haine et la division », avait dénoncé avant le début du rassemblement le chef du gouvernement travailliste, Keir Starmer, dans une vidéo diffusée sur X, ajoutant que toute personne qui recourra à la violence fera face à « toute la force de la loi ». « La haine fait du bruit. L’amour encore plus », a, pour sa part, fait valoir le maire travailliste de Londres, Sadiq Khan, sur le même réseau, ajoutant que « les 9 millions (…) de Londoniens » ne seraient « jamais divisés ».

A Londres, le 16 mai 2026, lors d’une manifestation organisée par Tommy Robinson, activiste anti-islam et anti-immigration.

La marche coïncidant avec la finale de la Coupe d’Angleterre, les forces de l’ordre redoutaient de voir des hooligans se joindre à ce rassemblement. Certains participants à Unite the Kingdom pouvant, selon la police, représenter « une menace pour la sécurité publique », des caméras de reconnaissance faciale, qui permettent d’identifier des suspects recherchés, ont été installées aux abords de la manifestation.

Les mesures policières se justifient, selon le commissaire adjoint de la police, James Harman, plus largement par « un contexte d’instabilité mondiale », qui peut « attiser les tensions et se répercuter » dans les rues.

« Racistes hors de nos rues, réfugiés bienvenus »

Le Royaume-Uni a rehaussé, début mai, son niveau de vigilance terroriste d’un cran, à « sévère », après une attaque au couteau contre deux hommes juifs et une série d’incendies ou de tentatives d’incendies à caractère antisémite. L’inquiétude s’est également accrue « au sein des communautés musulmanes », selon James Harman.

Des restrictions ont été imposées pour encadrer le parcours et tenir à distance les sympathisants de l’activiste d’extrême droite et les participants à la manifestation propalestinienne, qui étaient plusieurs milliers, selon une journaliste de l’Agence France-Presse (AFP). Cette dernière est organisée pour commémorer la Nakba (« catastrophe », en arabe), la fuite et l’expulsion d’environ 760 000 Palestiniens lors de la création de l’Etat d’Israël, et s’opposer à l’extrême droite. « Racistes hors de nos rues, réfugiés bienvenus ! », ont scandé des manifestants, dont beaucoup portaient des keffiehs et tiennent des drapeaux palestiniens.

La police londonienne avait promis d’arrêter toute personne qui scanderait « mondialisons l’intifada », en référence aux soulèvements palestiniens contre l’armée israélienne. Peu après l’attaque au couteau survenue, fin avril, dans le quartier londonien de Golders Green, où vit une importante communauté juive, Keir Starmer avait jugé ce slogan « totalement inacceptable », et suggéré qu’une interdiction des marches propalestiniennes pourrait se justifier dans certains cas.

Le Monde avec AFP